dimanche 21 juillet 2019
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Pack of cigarettes, close-up, isolated on white background

TABAGISME: Les jeunes bamakois sous l’emprise de la chicha

Les voies de l’autodestruction est généralement le chemin préféré des jeunes maliens. Ainsi, en plus de l’alcool et de certaines drogues dures, ils sont nombreux ces jeunes bamakois à être désormais sous l’emprise de la chicha ou le narguilé. Un produit dont se servent aujourd’hui de nombreux Lounges et bars pour appâter une clientèle plus jeune et moins regardante sur les dépenses.

Ce dimanche, dans un quartier populaire de la capitale malienne, un grin de jeunes est formé autour de la chicha. Ce cercle de camarades d’âges est resté sur place pendant toute la journée. «A cause de l’école, ce sont les dimanches que je retrouve mes amis pour fumer un bon coup de chicha», avoue Issiaka, un grand amateur de la pipe à eau.
La raison qui le pousse à la consommer est toute simple. «Chaque fois que je fume de la chicha, je suis détendu et j’oublie tous mes soucis ou toutes les frustrations. Je la trouve mieux que la cigarette et personne ne dira que je suis en train d’utiliser de la drogue», se défend-t-il.
A l’image de son grin, ils sont nombreux les groupes de jeunes qui se forment les après-midis, les soirs et toute la journée pendant le week-end autour de la chicha. De nos jours, la chicha (ou narguilé) remplace la cigarette pour bon nombre de jeunes à Bamako. Fumer de la chicha étonne encore peu de personnes car elle est fumée au vu et au su de beaucoup de parents.
Elle est aujourd’hui l’élément principal autour duquel les amis se rencontrent dans les quartiers, dans les boites, les grins de jeunes. Et cela généralement sans distinction de classes sociales ou de niveau d’instruction.
Heureusement, que certains jeunes ont encore de la jugeote pour ne pas sombrer dans ce fléau nouveau qui est une menace sérieuse pour le sain épanouissement de la jeunesse du pays. Très vigilants, ils déplorent la consommation de la chicha qui, selon eux, déroute les jeunes de leurs objectifs.
«La chicha contient du tabac, donc nuisible à la santé. Je m’en éloigne alors», déclare I.T, bien conscient du danger de la pipe à eau. Selon lui, tout ce qui est mauvais pour le bien-être de l’Homme est à proscrire. Pour mieux arriver à interdire la consommation, Ibrahim préconise une prise de conscience des jeunes et de la société tout entière, une sensibilisation pour mettre en évidence les conséquences liées à cette pratique. Cela est d’autant souhaitable qu’ils sont nombreux ses camarades qui pensent que la chicha comporte moins de risque que la cigarette.
Appelée la pipe à eau, la chicha est un tube permettant de fumer grâce à un système d’évaporation. La fumée est composée de goudrons, de nicotine, de monoxyde de carbone, d’hydrocarbure et de métaux lourds. Elle constitue 25% de tabac associé à un mélange de mélasse et d’arôme de fruit.
Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le fumeur de pipe à eau et les personnes exposées à sa fumée encourent les mêmes maladies pulmonaires, cardiovasculaires, et cancérogènes que le fumeur de cigarette.
Certains parents déplorent considérablement cette utilisation en prétextant que les enfants échappent à leur contrôle des fois. Et, en conséquence, ils ne peuvent pas faire grand-chose pour qu’ils arrêtent. «Rien n’est plus comme avant, la société est telle que tout le monde ne pense qu’à sa petite personne. Aujourd’hui, si nos enfants ne fument pas la chicha en notre présence, ils peuvent bien le faire quelque part avec leurs copains. C’est toute la communauté qui est interpellée», rappelle un père de famille conscient et inquiet de cette nouvelle menace pour les adolescents et les jeunes du pays, de la capitale notamment. D’autres parents disent ne pas savoir ce que c’est la chicha ou ignorent tout des effets néfastes sur la santé humaine.
En attendant une véritable campagne de sensibilisation des enfants et de leurs parents sur les dangers liés à la consommation de la chicha, elle est en train de devenir un vrai faux refuge des jeunes, filles et garçons ! Hélas !
AïchataFall
Stagiaire

QUESTIONS REPONSES SUR LA CHICHA

Est-ce que la chicha est toxique ?
La chicha contient de quoi faire beaucoup de tort à vos poumons. Fumer une chicha n’est pas moins dangereux pour la santé qu’une cigarette. Au contraire. La douce odeur fruitée est, certes, beaucoup moins rebutante que celle de tabac froid mais le nuage de fumée n’en est pas moins toxique.

Qui y a-t-il dans la chicha ?
Il ne s’agit pas d’une drogue illicite, mais d’un dérivé du tabac, un produit moins inoffensif qu’il en a l’air, puisque sa fumée contient de la nicotine, des goudrons, du monoxyde de carbone et des métaux lourds

Est-ce dangereux de fumer la chicha ?
La chicha est classée dans la même catégorie que les cigarettes. Et ce n’est pas un hasard. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une séance de chicha (ou narguilé) d’une heure correspondrait à l’inhalation de la fumée de 100 à 200 cigarettes.

Quels sont les effets de la chicha ?
Une seule bouffée de chicha contient autant de fumée qu’une cigarette entière. Une séance de chicha revient ainsi à fumer entre 20 et 30 cigarettes ! Et les risques pour la santé sont les mêmes que pour la cigarette : problèmes cardio-vasculaires, respiratoires, digestifs, risques de cancers.

Quel est le plus dangereux entre la cigarette et la chicha ?
Comparée à une cigarette, une chicha apporte au fumeur 125 fois plus de fumée, 25 fois plus de goudron, 2.5 fois plus de nicotine et 10 fois plus de monoxyde de carbone.

Quelle est la proportion de fumeurs qui meurent de leur tabagisme ?
90% de tous les cancers du poumon sont attribuables au tabagisme. Seulement 13 % des personnes chez qui l’on diagnostique aujourd’hui un cancer du poumon seront encore vivantes dans 5 ans. Un fumeur sur 2 meurt d’une maladie attribuable au tabagisme. Et les fumeurs meurent en moyenne 8 ans avant les non-fumeurs.
La Rédaction

Le tabac coûte aux pays plus de1400 milliards de dollars en dépenses de santé
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la consommation de tabac tue plus de 7 millions de personnes chaque année et coûte aux particuliers et aux gouvernements plus de 1400 milliards de dollars en dépenses de santé et en perte de productivité.
«Le tabac est une menace pour nous tous», déclare le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan. «Le tabac aggrave la pauvreté, bride la productivité économique, pousse les ménages à faire de mauvais choix alimentaires et pollue l’air intérieur», ajoute-t-il.
«Néanmoins, s’il prennent des mesures drastiques de lutte antitabac, les gouvernements peuvent préserver l’avenir de leurs pays en protégeant les consommateurs et les non-consommateurs de tabac contre ces produits mortels, en générant des recettes visant à financer les services de santé et les autres services sociaux, et en préservant leur environnement des ravages causés par le tabac», précise Dr Margaret Chan.
Tous les pays se sont engagés vis-à-vis du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Celui-ci vise à renforcer la paix partout dans le monde et à éradiquer la pauvreté. Les éléments clés de ce programme comprennent la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et la réduction d’un tiers d’ici à 2030 des décès prématurés dus à des maladies non transmissibles, notamment les cardiopathies, les maladies respiratoires, le cancer, le diabète… pour lesquelles la consommation de tabac constitue un facteur de risque important.
Le tabac représente une menace multiple pour toutes les catégories de population, ainsi que pour le développement national et régional. En effet, a indiqué un rapport de l’OMS, environ 860 millions de fumeurs adultes vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. De nombreuses études ont montré que, dans les ménages les plus pauvres, les dépenses consacrées aux produits du tabac représentent souvent plus de 10 % des dépenses totales. Ce qui limite le budget alloué à l’alimentation, à l’éducation et aux soins de santé.
Et la culture du tabac empêche les enfants d’aller à l’école. Entre 10 % et 14 % des enfants de familles cultivant du tabac ne vont pas à l’école parce qu’ils travaillent dans les champs de tabac. Quant aux femmes, elles représentent entre 60 % et 70 % des travailleurs engagés dans la culture du tabac. Ce qui les met en contact étroit avec des produits chimiques souvent dangereux…
Le tout premier rapport de l’OMS sur le tabac et son impact environnemental montre également l’empreinte que laisse ce produit sur la nature. Ainsi, les déchets du tabac contiennent plus de 7000 produits chimiques toxiques qui empoisonnent l’environnement, y compris des substances cancérogènes pour l’homme. Et les émissions de la fumée du tabac libèrent des milliers de tonnes de substances cancérogènes pour l’homme, de produits toxiques et de gaz à effet de serre dans l’environnement. En outre, les déchets du tabac sont, en nombre, le type de déchet le plus répandu dans le monde.
Selon l’organisme onusien chargé de la santé, jusqu’à 10 milliards des 15 milliards de cigarettes vendues chaque jour sont jetées dans l’environnement. Et les mégots de cigarettes représentent 30 à 40 % des articles ramassés lors du nettoyage des côtes ou des rues des villes.
«De nombreux gouvernements prennent des mesures antitabac, en interdisant par exemple la publicité et le marketing, en introduisant le conditionnement neutre pour les produits du tabac et en bannissant le tabac des lieux de travail et des lieux publics», explique le Dr Oleg Chestnov, Sous-Directeur général de l’OMS, Maladies non transmissibles et santé mentale.
«Mais l’une des mesures de lutte antitabac les moins utilisées, mais néanmoins les plus efficaces, pour aider les pays à répondre à leurs besoins en matière de développement consiste à accroître le prix du tabac et les taxes sur ces produits», indique-t-il.
Les gouvernements collectent presque 270 milliards de dollars de recettes grâce aux droits d’accise sur le tabac. Mais, ce montant pourrait croître de plus de 50 % et générer 141 milliards supplémentaires en augmentant les taxes sur les cigarettes d’à peine 0,80 dollar, soit un dollar international, par paquet dans tous les pays.
L’augmentation des recettes fiscales sur le tabac renforcera la mobilisation des ressources nationales et créera la marge budgétaire nécessaire pour que les pays atteignent les priorités de développement définies par le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
«Le tabac est un obstacle majeur au développement dans le monde entier… Les décès et les maladies imputables au tabac sont des facteurs de la pauvreté. En effet, les soutiens de famille ne peuvent plus travailler, les maigres ressources sont consacrées à l’achat de produits du tabac plutôt qu’à l’alimentation et aux fournitures scolaires, et les familles sont forcées de payer pour des dépenses médicales», déclare le Dr Douglas Bettcher, Directeur du Département Prévention des maladies non transmissibles de l’OMS.
Toutefois, assure cet expert, «les mesures de lutte antitabac constitueront un outil puissant pour les pays en leur permettant de protéger leur population et de leur offrir un avenir» !
Naby
(Avec l’OMS)

Une législation presque caduque au Mali
Au Mali, la Loi N° 96-041 (promulguée le 7 août 2006 par le président Alpha Oumar Konaré) porte sur «restriction de la publicité et de l’usage du tabac». Ainsi, son premier article stipule que «la publicité en faveur des tabacs, cigarettes et cigares est interdite à la télévision, à la radio, dans les salles de cinéma et sur certains panneaux publicitaires».
Et l’article 2 précise qu’il est interdit de fumer dans les lieux comme salles de réunions, de conférences ou de spectacles ; les salles de cours pratiques et théoriques ; les réfectoires ; les dortoirs ; les transports publics de personnes ; les salles de cinéma ; les stations-services ; les établissements sanitaires publics, privés, communautaires, hôpitaux ; les établissements pharmaceutiques publics et privés, les dépôts de produits pharmaceutiques publics et privés ; les bureaux des services publics ; les jardins d’enfants et lieux de séjour des enfants ; les aéroports et à bord des aéronefs de passagers ; les salles d’attente ou de réception.
Toutefois, des zones réservées aux fumeurs peuvent être aménagées dans certains de ces lieux.
L’article 3 stipule aussi que «les fabricants ou les détenteurs de monopole des produits du tabac sont tenus d’imprimer sur les paquets, étuis, pochettes, boîtes, cartouches ou autres formes d’emballage des mentions» des dangers liés à la consommation du tabac
Selon cette législation, sera puni d’une amende de 20.000 à. 200.000 FCFA quiconque aura enfreint à l’interdiction de publicité prévue à l’article 1er ci-dessus (article 4).
Sera puni de la même peine tout fabricant ou détenteur de monopole des produits du tabac, qui n’aura pas respecté l’obligation d’impression des mentions spéciales prévues à l’article 3 de la présente loi.
Quant à l’article 5, il précise que sera puni d’une amende de 300 à 18. 000 FCFA, quiconque aura fumé dans un des lieux cités à l’article 2 ci-dessus.
Si cette législation est bonne dans la théorie, elle n’est pas l’efficacité requise contre le tabagisme et le commerce du tabac à cause du manque de suivi de son application par les autorités compétentes.
N’ayant pas confiance au système judiciaire, et souvent pour des raisons socioculturelles, les non-fumeurs signalent rarement les violations de ses dispositions. Il n’est pas ainsi rare de voir des clients ou des conducteurs fumer dans les transports en commun (taxis et Sotrama).
Naby LE MATIN

Djibril Coulibaly

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