lundi 22 juillet 2019
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RELIGION : Le Haut conseil islamique déjà orphelin de Mahmoud Dicko

Avant même d’avoir un successeur, le départ de Mahmoud Dicko du Haut conseil islamique du Mali est récent. L’imam wahhabite qui est le président sortant de cette instance de représentation des musulmans du Mali sera remplacé mais pas égalé par les hommes qui entendent lui succéder lors de la rencontre prévue les 20 et 21 avril 2019.

L’imam Dicko est surtout devenu un personnage incontournable de la vie de la nation malienne ces derniers mois en rassemblant les gens de divers bords. Il fera ainsi de l’ombre à son successeur, en poursuivant son engagement politique au moment où il a réussi à fédérer des représentants de partis politiques et de la société civile pour un objectif commun à travers des rassemblements.

La crise malienne étant loin d’être derrière, la plupart des Maliens exprimeront leur soutien aux actions menées par Dicko. Sa chance est de pouvoir surfer sur les frustrations des millions de citoyens qui ne font plus confiance aux hommes politiques dont le travail de pression et de surveillance du pouvoir font partie des causes des exploits activistes de Mahmoud Dicko.

La plupart des candidats au remplacement de Dicko font figure de piètres leaders dont certains sont compromis, ne bénéficiant pas de l’admiration du public. Seul Chérif Ousmane Madani Haïdara qui peut se prévaloir de millions de fidèles est sûr de l’emporter car il est le plus représentatif parmi les trois autres déclarés qui sont: Moussa Bah, Cheick Soufi Bilal et Daha Kounta.

La future élection de Haïdara signera la fin de l’opposition entre deux écoles idéologiques. Pendant les deux mandats de Mahmoud Dicko Dicko qui est sunnite, le fossé entre son courant religieux rigoriste et le courant de Haïdara n’a cessé d’être perceptible. Pourtant, les deux leaders ont su dépasser par moment leur divergence pour faire cause commune.

Les deux étaient côte à côte à la faveur d’une mobilisation importante de la communauté musulmane contre un projet de révision du code de la famille en 2009. Mais l’alliance ne dépassera pas le cap du règne d’ATT qui a pris fin en 2012 par un coup d’Etat. L’imam Dicko s’est impliqué pour l’élection du candidat Ibrahim Boubacar Keïta avec d’autres leaders religieux comme Moussa Bah de Sabati 2012. Puis, il y a eu rupture entre IBK et Dicko, un divorce exacerbé après ces derniers mois ; la marche du 5 avril ayant mobilisé une foule jamais aperçue dans les rues de Bamako pour réclamer un changement de gouvernance en est une conséquence. Au même moment, Haïdara choisissait un style différent en appelant les acteurs politiques et religieux à s’ouvrir davantage au dialogue.

Les derniers rassemblements de Dicko ont permis d’établir une notoriété que le président sortant du Haut conseil islamique n’espérait peut-être pas. Les vagues de frustrés de la gouvernance et les choix politiques souvent hasardeux du pouvoir comme l’interdiction de manifestations pacifiques ont construit un tremplin pour Dicko
A.D LA SIRENE

Djibril Coulibaly

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