jeudi 19 juillet 2018
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Présidentielle du 29 juillet : Élection à minima

Les Maliens iront aux urnes le 29 juillet prochain pour renouveler le bail du Président sortant ou le sanctionner en mettant à sa place l’un des 23 autres candidats. Mais les conditions dans lesquelles vont se tenir cette élection laissent à penser qu’elle sera juste pour la forme.

« Vide constitutionnel ». C’est l’argument qui a été avancé par tous ceux-là qui souhaitaient que se tienne cette présidentielle et, ce, malgré la situation de crise que traverse le pays. Logiquement, après cinq ans à broyer du noir à cause d’un Régime qui a fait du pouvoir un patrimoine, il était logique que l’opposition réclame à cor et à cri la tenue de cette élection. Car, avec un Régime mal en point et de plus en plus lâché par les plus de 77% de Maliens qui l’avaient élu, les opposants pensent le coup jouable. Pour sa part, le Régime pense qu’avec la nomination du Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga à la Primature qu’il peut se donner de l’air en rempilant pour un nouveau mandat de cinq ans.

Ainsi, opposition comme majorité, tous les acteurs politiques sont pour la tenue des élections. Et l’Homme de main de Koulouba, Soumeylou Boubèye Maïga, l’a dit à qui veut l’entendre, que cette élection aura lieu même si IBK était le seul candidat.

On y va, donc, mais dans quelles conditions ? 

Dans la situation actuelle, le pouvoir de l’État malien ne s’étend guère au-delà de Pelengana, dans la Région de Ségou. Passer cette frontière, ce sont les Hommes d’Iyad Ag Ghali et de son poulain Amadou Kouffa qui règnent en maître absolu. Le Président de la Haute Cour de Justice pourra bien en témoigner pour avoir échappé de justesse à une tentative d’assassinat. Des jeunes soldats qui ont volé à son secours ont eu moins de chance.  C’est clair, l’élection tant souhaitée par la classe politique pour des raisons qui leur sont propres ne sera pas inclusive. Pour ceux qui en doutent encore, il faudra demander au Ministère de l’Administration Territoriale les dispositions prises, pour faire voter, par exemple, les Réfugiés.

La société civile a quant à elle clairement appelé à ce que cette élection soit reportée afin de mettre plus d’ordre dans la situation sécuritaire du pays. Mais, l’on est tenté de dire que cette société civile intervient en retard. Avec cet appel au report, la société civile tente de se donner bonne conscience, elle qui, selon l’ancien Premier Ministre, Moussa Mara, a été à la base de la coalition autour du candidat Cheick Modibo Diarra. Comment comprendre que la société civile qui doit veiller à la sincérité d’un scrutin présidentiel et traiter tous les candidats avec le même égard se soit érigée en Supporter ?

Drôle de mission 

Si l’on espère que cette élection ne soit pas porteuse de crises, il faut croire que les garanties ne sont pas nombreuses. Car, même si des urnes seront disposées dans des parties du Nord et du Centre, il se pose la question de savoir si des observateurs crédibles y seront déployés. En tout cas, il ne faut pas compter sur la mission d’observation de l’Union Européenne qui n’aura que 80 observateurs pour les 23.000 Bureaux de vote du pays. Et, elle est supposée dire aux Maliens si cette élection a été crédible ou pas ? Drôle de mission!

Et si  les urnes en provenance des zones non couvertes par les observateurs devenaient sources de crises ? Car, il faut le dire, les parties se regardent avec méfiance chacun accusant  l’autre d’avoir l’intention de tenter de « voler » cette élection. On a entendu Soumaïla Cissé dire à ses militants sur le Boulevard de l’Indépendance de ne pas se laisser » voler » leur victoire. Au même moment, Bakary Togola disait en présence d’IBK au Stade du 26 Mars que tous ceux qui s’opposeront à une élection de ce dernier dès le premier tour seront tués.

Cette élection à minima peut être source de crises. Alors attention !

Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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