dimanche 22 avril 2018
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P6 Le Collectif des sortants des IFM : «L’État a tendance à nous oublier », dixit le Président Issa Dembélé

 En substance, c’est en ces termes, teinté de frustration, de désolation et d’indignation que le Président du Collectif des sortants des Instituts de formation des maîtres (IFM), Issa Dembélé,  a  entamé ses propos lors de la conférence de presse organisée  dans la grande salle B10 de l’école normale supérieure (ENsup) de Bamako, le week-end dernier. La demande de la suppression du concours d’entrée à la Fonction publique qui inclut à l’intégration directe des sortants des IFM et les différentes démarches en gestation étaient au centre des échanges.

Le samedi 14 avril 2018, la salle B10 de l’école normale supérieure (ENsup) de Bamako était pleine à craquer par les Représentants des Bureaux  de Coordination et les sortants des instituts de formation des maîtres du Mali. La rencontre avec la presse avait deux objectifs: La demande d’explications formulée à l’adresse du Gouvernement sur la lenteur du lancement du concours d’entrée à la Fonction publique des collectivités territoriales depuis quelques années et de sa suppression, puis d’échanger sur les difficultés auxquelles les sortants des IFM sont confrontés dans les écoles privées.

Faisant allusion à un certain nombre pays de la Sous-région et plusieurs  écoles de formation nationale comme la nouvelle ENA et la Police nationale, les sortants des IFM exigent la suppression de ce concours et l’intégration directe des sortants des IFM qui sont soumis à plusieurs concours annuels durant tout le cycle de leur formation. Selon le Président du Collectif, Issa Dembélé, malgré qu’il y a carence d’enseignants dans le pays profond, les différentes Promotions ne sont toujours pas affectées et n’arrivent pas à intégrer la Fonction publique. Au CAP d’Ansongo, par exemple, le besoin d’enseignants est chiffré à plus de 200 Maîtres dont 107 Généralistes. Dans la Région de Sikasso, le besoin en enseignants est à plus de 800 Maîtres dont 300 Généralistes. Cela, sans compter les autres Régions qui souffrent de manque d’enseignants. Malgré tout, plus de 5000 sortants des instituts de formation des maîtres dont 2000 de Bamako errent dans la nature avec leurs Attestations sans travail: «L’État a tendance à nous oublier. C’est notre avenir qui est en jeu. Nous avons reçu des formations professionnelles et nous exigeons à l’État  l’intégration directe des sortants des instituts de formation dans la Fonction publique », entonna le Président Issa Dembélé. Après l’annulation de leur marche pacifique du 23 mars dernier et leur meeting par Madame la Gouverneur de Bamako et les différentes demandes adressées au Ministre de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne, et celui de l’Education Nationale qui avait annoncé lors de son récent passage à Kayes qu’il y a plus de 5000 enseignants fictifs dans le pays, l’État ne fournit aucun effort pour mettre sur pied une politique valable qui peux aider à éradiquer ce phénomène galopant qui nuit à la carrière de ces milliers de jeunes bien formés et qui sont prêts à entrer dans la vie socioprofessionnelle.

Marginalisation ou oubli ? Étonnant !

Le taux des nouvelles recrues dans les IFM s’accroît chaque année, mais l’État reste inactif quant à l’intégration de ces jeunes Diplômés en chômage. L’IFM devient-il une machine de production de chômeurs ? C’est plus que désolant. Les Responsables du Collectif des IFM dont le secrétaire général Modjou Donigo  ne veulent pas sortir dans les rues pour jeter des pierres pour se faire entendre, mais ils exigent pacifiquement à l’État leur intégration directe à la Fonction publique des collectivités territoriales afin d’éviter toute autre mesure pouvant atteindre à la quiétude sociale du pays.

La situation du chômage au Mali reste de plus en plus inquiétante et les perspectives d’emploi restent insignifiantes, l’indifférence du Gouvernement à la prise en charge de ce dossier des jeunes déjà formés complique la situation et aggrave le taux de chômeurs dans notre pays. Les sortants des IFM demandent l’implication personnelle du Président IBK afin qu’ils puissent servir l’État en enseignant aux jeunes frères et sœurs de ce qu’ils ont appris avec assiduité.

Seydou Konaté : LE COMBAT

Rédaction

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