samedi 20 janvier 2018
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La CMA reçue par le conseil de sécurité de l’ONU : Un camouflet pour le Gouvernement

Une diplomatie parallèle, voilà comment l’on pourrait nommer les actions de la Coordination des Mouvements de L’Azawad au plan international. Elle vient de se faire recevoir par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour «aider à identifier les causes profondes de la crise malienne ». Le Gouvernement assiste impuissant à cette mascarade qui n’est même pas acceptable dans les Etats fédéraux.

Sous la conduite de Bilal Ag Chérif, une délégation de la Coordination des Mouvements de l’Azawad s’est rendue aux Etas-Unies sur invitation du Conseil de Sécurité de l’ONU. La délégation doit être consultée sur la crise malienne et les causes de son blocage. Sur cette question, Me Cheick Oumar Konaré du Barreau malien a fait une publication édifiante que nous invitons à lire.

La démission diplomatique du Mali face à la rébellion

«Une délégation de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) séjourne depuis hier aux Etats-Unis.

Dirigée par Bilal Ag Cherif du MNLA et Alghabass Ag Intalla du HCUA, la délégation rencontrera les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU pour, dit-on, émettre son avis sur les blocages du processus de paix.

En 2017, Brahim Ould Sidati, autre Responsable de la CMA, était convié à New York aux mêmes fins.

La CMA demande, entre autres, l’opérationnalisation des camps militaires communs (MOC) de Kidal et de Tombouctou, le retour des réfugiés et le recensement des populations du Nord.

Trois choses me révoltent en l’occurrence :

D’abord, le fait que le Conseil de Sécurité reçoive en privé un groupe rebelle est une insulte à la Souveraineté du Mali ; car, il traduit une reconnaissance diplomatique de ce groupe et encourage le développement d’une diplomatie parallèle à celle de l’Etat malien. Or, même dans une fédération comme les États-Unis ou la Russie, toute diplomatie parallèle à celle de l’Etat fédéral constitue un crime;

En outre, il n’est ni légal ni légitime d’entendre en si haut lieu des rebelles en l’absence de leurs contradicteurs, notamment le Gouvernement malien ; en violant le principe du contradictoire, le Conseil de sécurité offre aux rebelles l’occasion de faire passer le Mali pour un État voyou;

Enfin, le silence des autorités maliennes devant une telle situation ne me paraît pas tolérable. Elle atteste une capitulation diplomatique du Mali après sa capitulation militaire au Nord et au Centre du pays.

Je peux comprendre que le Mali ne puisse pas vaincre militairement les hordes rebelles alliées à leurs compères terroristes. Mais comment comprendre que les mêmes dament le pion à un État doté d’un Ministère des Affaires Etrangères et d’une bonne centaine d’Ambassadeurs ? ».

Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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