mardi 11 décembre 2018
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Kouffa est mort : Et après ?

La mort du terroriste, Amadou Kouffa, Chef de la Katiba du Macina affiliée à Al-Qaeda est saluée dans les rues de Bamako. Les citoyens espèrent que cette mort va contribuer au retour rapide de la paix dans le Centre et le Nord du pays. Mais elles considèrent, toutefois, que des actions de sensibilisations restent à mener pour définitivement venir à bout de l’idéologie du terroriste. 

Dans les rues de la capitale malienne, le sujet qui fait la une des causeries est la mort du Djihadiste, Amadou Kouffa, tué en fin de semaine dernière par les troupes françaises. Une action saluée même si des doutes persistent chez certains ; car, n’ayant vu aucune image attestant la mort du terroriste. «Si c’est réellement vrai que Kouffa a été tué, cela est une bonne chose même s’il est dit dans l’Islam qu’on ne doit pas se réjouir de la mort de son prochain. Je pense que cela va contribuer à pacifier le Centre du pays en particulier et le Mali en général», a lancé Fousseny tout en hâtant le pas pour rejoindre son commerce de pièces détachées. Lui, il ne semble pas  concerné par la journée fériée d’hier lundi.

Annoncée par un tweet du Ministre français des Armées, Florence Parly, cette information a aussitôt été reprise par des centaines de sites d’informations et postée des centaines de fois sur les réseaux sociaux. Dans le tweet du Ministre, on pouvait lire que l’action a été menée par la force française Barkhane au Mali. C’est un autre communiqué émanant du Ministère de la Défense malienne qui fera savoir que les forces armées maliennes ont joué un rôle dans la bonne conduite de cette action qui a permis de mettre hors d’état de nuire Kouffa et une vingtaine de ses lieutenants. Là où le tweet de la Ministre française des Armées prenait des précautions pour parler de mort « probable », le post des forces armées maliennes sur les réseaux sociaux certifiait la mort de Kouffa. Ce qui levait pour le moment toute équivoque.

Si la paternité de l’opération a fait l’objet de nombreuses contradictions entre les internautes, les passants que nous rencontrons, ce lundi, ne s’en préoccupent pas. L’essentiel pour eux, c’est que le terroriste soit mort et peu importe la provenance de la balle qui l’aurait achevé. « Je salue l’action coordonnée des forces armées maliennes et françaises. C’est, unies qu’elles sont fortes. Car, il ne sert à rien d’avoir un ennemi commun et des stratégies différentes pour l’atteindre. Mieux vaut coordonner les stratégies et ainsi l’impact sera immédiat. Je crois sincèrement que les forces armées maliennes et françaises sont désormais dans cette logique. On espère que la MINUSMA et les forces conjointes du G5 seront toutes dans la même dynamique pour sortir le Mali de cette situation de ni paix ni guerre », dit Aliou Camara, sirotant son thé dans un coin de rue au quartier de Dar Salam, en Commune III du District de Bamako.

Coup de pouce à l’Accord de paix ?

Le Mali, depuis bientôt trois ans, est engagé dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et de réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Un processus qui semble être grippé, même si un léger mieux est constaté ces derniers temps avec le pacte.  Cause principale de la crise malienne, les Maliens espèrent que la mort d’Amadou Kouffa va contribuer à mettre fin au phénomène de terrorisme. «Il ne se passe de jour sans qu’on n’entende parler de mort d’hommes principalement au Centre et au Nord du pays. C’est vrai qu’il y a le banditisme et les conflits intercommunautaires, mais la plupart des morts sont causées par les terroristes, dont les hommes d’Amadou Kouffa.  On espère que sa mort va permettre de stabiliser ces parties du pays et permettre  la mise en œuvre de l’Accord d’Alger. Il est utopique de parler de paix et de développement tant que le terrorisme va continuer et tant que les armes vont crépiter », estime Moussa Kéïta, commerçant de friperies au marché de Dabanani.

Si les populations se félicitent de la mort d’un des plus sanguinaires des terroristes, elles  sont réalistes et savent que la seule mort de Kouffa ne veut pas dire la fin de sa Katiba. Journaliste écrivain, Lanfia Sinaba pense lui qu’au-delà de la mort du terroriste il faudra travailler à détruire l’idéologie qu’il a pu propager au sein de certaines communautés pour réussir la lutte contre le terrorisme.

«La mort de Kouffa n’est pas une fin en soi. Il faut, dès à présent, commencer un lavage de cerveau des jeunes qui ont été amenés à le suivre dans son aventure et qui croient aux messages qu’il diffusait. Parce qu’il faut le dire, son message a été perçu par un bon nombre de personnes qui peuvent facilement prendre la relève. Il faut éviter ce cycle, par la sensibilisation, le retour de l’Administration et le redéploiement de l’armée dans les parties du Centre où elles sont absentes».

La gestion du cycle de vengeance que peut entrainer la mort d’un tel personnage au sein des groupes terroristes doit être la prochaine priorité  et des autorités et des forces armées engagées sur le terrain.

Mohamed DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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