samedi 25 novembre 2017
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Fatoumata Koné, Miss ORTM 2008 : Une femme d’affaires exemplaire

Fatoumata Koné, parce que c’est-elle qu’il s’agit, a été Miss ORTM 2008, Dauphine Miss Afrique 2009 et est devenue une vaillante femme d’affaires. Elle est titulaire d’une Maitrise en marketing Management, très réaliste dans ses entreprises. Malgré ses différentes couronnes, elle a su monter ses propres affaires dont elle est fière. Mariée et mère de famille, elle est promotrice de la Boutique Princess Wedding, sise à Missira, et elle Présidente de la Fondation Cinq Etoiles. Pour elle : «Le monde des affaires n’est pas exclusif qu’aux hommes». Lisez l’interview !

  LE COMBAT : Parlez-nous de votre parcours ?

Fatoumata Koné : Mon parcours n’est pas extraordinaire ; car, je suis née d’une famille modeste, j’ai eu la chance d’aller à l’école jusqu’à l’Université, j’ai une Maitrise en Marketing Management et j’ai travaillé dans quelques entreprises privées de la place et après j’ai décidé de penser à moi-même en créant ma société qui fait les marchés également. Ainsi, j’ai une boutique de mariés qui est ma base actuellement.

En tant que femme, pourquoi ce secteur, à savoir le monde des affaires, vous intéresse ?

J’ai toujours voulu être indépendante, surtout financièrement. Je suis du genre impatient, quand je demande quelque chose il faut que je l’obtienne sinon je me fâche. Je me suis dit pour ne pas avoir des problèmes tout le temps avec les autres, pourquoi moi-même je ne cherche pas. C’est vrai que c’est le Bon Dieu qui partage ; mais on peut chercher en avoir un tout petit peu comme j’ai l’habitude de le dire «être riche est le destin ; mais chercher son pain quotidien est un devoir».

Parlez-nous de votre domaine, concrètement quel genre d’affaires faites-vous ?

Actuellement, vous vous trouvez dans une boutique qui fait de ces robes de mariées et les tenues de cérémonies. C’est tout cela ma base. Au-delà de ça, je mène une vie associative et je fais des dons pour des enfants orphelins, aux centres de détentions, aux centres d’accueil pour enfants et notamment aux particuliers dans les familles.

Le monde des affaires a été longtemps réservé aux hommes. Comment vous, vous êtes parvenue à y intégrer ? Et quels sont les défis ?

Je dirais que le monde des affaires n’est pas exclusif qu’aux hommes. D’ailleurs, la plus riche de l’Afrique est une Dame. C’est une Nigériane, une pétrolière. Donc, être femme n’est pas un défaut, je pense qu’on a déjà dépassé cette idée.

Certes, on ne peut jamais être égale à l’homme sur certains plans, mais s’il s’agit de Business, entreprenariat, je me dis qu’il n’y a pas de différence entre l’homme et la femme. On doit juste savoir nous valoriser et prendre un domaine dans lequel on peut évoluer. Il s’agit de faire un bon choix de domaines. Par exemple, je sais que dans le domaine de l’habillement, les gens m’apprécie beaucoup et je me suis dis pourquoi ne pas faire ça comme travail et être styliste. Ici n’est pas comme en Europe où les gens te demandent de leur habiller simplement juste en faisant le choix de leurs tenues et vous êtes payés pour cela. Mais si tel n’est pas le cas dans mon pays, pourquoi ne pas vendre les mêmes tenues que je porte et que les gens apprécient beaucoup et peuvent s’en procurer. En toute chose, il y a des défis à relever. Surtout si un marché est concurrentiel. Donc, il faut obligatoirement passer par des défis. Pour celles qui n’en ont pas encore eu, je leur dirais que c’est en cours. Seulement, arriver à ce niveau, les défis ne doivent pas être un handicap. Donc, on doit savoir les relever, prendre le courage en deux mains pour mieux pouvoir sauter chaque étape difficile afin d’arriver à nos fins dans nos différentes entreprises.

Alors quels sont vos objectifs ?

Mon objectif principal aujourd’hui c’est de développer cette affaire et de pouvoir faire bénéficier d’autres personnes qui n’ont pas encore le moyen de faire des boutiques, qui n’ont pas la matière grise qu’il faut pour mener leurs business. Surtout celles qui n’ont pas encore le courage pour mener leurs business. J’aimerais, au moins, développer celle-là et puis leur faire adhérer, leur faire comprendre comment on peut faire évoluer une affaire. Il ne s’agit pas pour moi de prendre le monopole de la chose mais de leur initier dans les affaires et c’est ce que je fais dans l’informel.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Les difficultés commencent en premier lieu dans la famille. S’il faut voyager en laissant les enfants souvent pour amener les articles, cela leur fatigue. Rentrer souvent à des heures pas commodes pour une femme qui a des enfants, rentrer à 20H ou 21H trouver les enfants déjà coucher. Cela est déjà une difficulté surtout quand les enfants vont à l’école, aussi le marché est concurrentiel et il est vraiment rude.

Ensuite, il y a des produits qui ont les prix différents au marché. Souvent, les gens ne comparent pas les qualités mais les prix seulement. Donc, cela est encore une difficulté. Mais qu’à cela ne tienne ; puisqu’on s’en sort bien quand même.

Quelles sont vos attentes ? Et comment parvenez-vous à tenir face aux hommes ?

Mon attente est de réussir à ouvrir plusieurs d’autres magasins à Bamako et partout au Mali. Et on n’est pas obligé de tenir tête aux hommes. Nous sommes des adversaires et pas des ennemis. Donc, on doit prendre les bons côtés des choses sinon je travaille plus avec des hommes, j’ai beaucoup de Maliens à l’extérieur avec lesquels je travaille et qui me font parvenir les articles. Ce sont les hommes et je n’ai aucun problème avec eux. Seulement, chacun a sa place, je ne leur tiens pas tête, on se comprend très bien, ils savent ce qu’ils doivent faire et pareil pour moi. Il n’y a pas d’adversité c’est plutôt la complémentarité ou, à la rigueur, juste l’esprit de l’émulation.

Aujourd’hui, quelle est votre satisfaction en choisissant ce secteur ?

Je suis vraiment satisfaite parce que je vois que les gens m’apprécient. Je suis dans cette affaire de robes de mariées cela fait une année et en une année j’ai habillé plus de cent mariées. Donc, cela m’encourage beaucoup et prouve que les gens aiment ce que je fais, je sais qu’il y a des gens qui font plus que ça ici à Bamako. Mais cela me fait plaisir et m’encourage d’aller d’avant pour chercher chaque fois des nouveautés comme on sait que la tendance des femmes évolue. Au moins chaque six mois, il faut changer. Donc, je me bas, je me forme pour faire plaisir à ma clientèle qui doit être, pour moi, roi ou reine.

Quel appel avez-vous à lancer aux femmes qui souhaiteront vous prendre comme modèle ou se lancer dans ce domaine?

Je leur dis surtout de prendre le courage entre leurs mains, de ne pas rester les bras croisés en disant que je suis une femme, je ne peux pas faire ceci ou cela, ou parce que mon mari ne veut pas que je sors ou quand je vais sortir les gens vont me traiter de tous les noms d’oiseau. «Qu’on me traite de tous les noms n’est pas un problème en soi. Mais l’être c’est ça le pire ». Donc, il faut que les femmes sachent qu’on est dans un monde qui devient de plus en plus difficile. Il faut aider vos maris et vos enfants parce que tout est devenu cher. Alors on ne doit plus laisser la charge de la famille au dos des hommes seulement ; car, ça pèse énormément lourd. Donc, même si vous vendez des arachides devant vos portes, un jour cela peut devenir une boutique. Il ne s’agit pas de sortir pour faire une gigantesque entreprise ; mais de faire quelque chose avec sérieux et responsabilité et dans le respect de nos valeurs. Ça vous sauvera.

Propos recueillis par Mariam Sissoko, Stagiaire

Rédaction

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