lundi 17 mai 2021
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Régime d’Assurance Maladie universelle : Où en est le Mali ?

Après la difficile mise en place de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) en 2011, le Mali, dans le domaine de la couverture sanitaire, s’achemine vers le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU). Ce régime, en plus de briser les inégalités dans la prise en charge sanitaire des Maliens, va fédérer et harmoniser l’ensemble des politiques de prise en charge sanitaires (AMO, RAMED, AMV, AMV+ etc.) et les acteurs. Les efforts consentis à ce stade par l’Etat, les partenaires et la société civile devront voir son opérationnalisation à partir de 2018.

Au Mali, dans le cadre de la politique nationale de protection sociale adoptée par le gouvernement en 2002, les autorités nationales ont progressivement mis en place un certain nombre de dispositifs de protection sociale en général et de couverture maladie en particulier. Pour atteindre la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), le gouvernement a opté, dans un premier temps, pour l’instauration d’un Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) qui met l’accent sur l’organisation et la promotion de la demande, tout en veillant à ce que l’offre de services puisse aussi remplir les conditions de qualité et de réactivité requises. Le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) pour sa mise en œuvre s’est basé sur l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et le Régime d’Assistance Médicale (RAMED) gérés respectivement par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM) et l’ANAM, des mutuels de santé, de certaines gratuités (césariennes, prise en charge des enfants de 0 à 5 ans, etc.) et autres avantages catégoriels ou liés à la prise en charge de certaines pathologies. Ces différentes mesures mise en place ont jeté les bases de la réflexion autour de la Couverture Santé Universelle (CSU) amorcée en Juillet 2015.

Aujourd’hui, vu les disparités entre les différentes couches socioprofessionnelles   et le contexte favorable à la mise en œuvre de ces reformes, l’on peut amorcer le processus pour aboutir à la CSU. Car, l’opérationnalisation de la CSU peut être une « urgence de longue durée » dont les principaux bénéficiaires sont d’abord les groupes de populations les plus démunis (enfants, femmes, indigents, personnes âgées, etc.).

En la matière, les chiffres sont édifiants

Au Mali, le taux de mortalité des moins de 5 ans est de 115 pour 1000 naissances, la mortalité néonatale est de 38 sur 1000. Il ressort également que les enfants des plus pauvres sont deux fois plus susceptibles de mourir avant l’âge de 5 ans que les ceux des plus riches. 43% des accouchements au Mali ont lieu sans aucun agent de santé qualifié, au même moment le pourcentage d’accouchement en présence d’un agent de santé est près de 3 fois supérieur chez les femmes riches que chez leurs sœurs pauvres. Les chiffres de 2014 renseignent que seulement 1,6% du Produit Intérieur Brut (PIB) est consacré à la santé, 0,43% de professionnels de santé qualifié pour 1000 habitants il y a lieu de se bouger. Pour Luc Togo, Directeur Général de la CANAM, les politiques de prises en charge vont de pairs avec les infrastructures. En allant vers le Régime d’Assistance Maladie Universelle (RAMU), il estime que cela aura pour conséquence de mettre fin à un système de prise en charge à plusieurs vitesses et d’harmoniser les politiques et les acteurs pour un meilleur accès de l’ensemble des maliens à des soins de qualités. Des soins de qualités qui, selon lui, ne valent que si les infrastructures et le plateau techniques sont au rendez-vous. C’est là une des avancées majeure qu’apportera le RAMU qui va permettre de faire mieux dans le rapprochement des soins de santé des populations par la construction de structures dédiées à cet effet. Le groupe d’expert qui planche sur la question promet sa mise en œuvre à partir de 2018.

« L’élaboration du programme d’activités du groupe (ledit programme a été approuvé par le Comité de réflexion et de suivi) ; l’analyse par sous-groupes, de l’état de la situation dans leurs domaines respectifs (aspects médicaux chirurgicaux, aspects pharmaceutiques et biomédicaux, aspects juridiques, organisationnels et institutionnel, aspects techniques et financement, aspect communication et dialogue social) fait principalement sur la base de la revue documentaire, l’identification des besoins pour les études complémentaires à réaliser ; l’élaboration des Termes de Référence pour les études complémentaires. Sept études complémentaires seront réalisées d’ici le premier trimestre 2017 », telles sont des activités réalisées et en vue pour aboutir au RAMU selon Luc Togo. Les changements que vont entrainer ce régimes sont entre autres : optimiser les dispositifs existant en les intégrant et en les mettant en cohérence pour éviter d’avoir un système de couverture à plusieurs vitesses. L’organisation/structuration institutionnelle se résume en : la création d’un organisme central de gestion de l’AMU responsable du régime ; la prise en compte du principe de délégation de certaines tâches aux OGD en y intégrant le réseau mutualiste ; l’intégration des bénéficiaires du RAMED au compte du réseau mutualiste en tant qu’OGD ; l’intégration des « gratuités et autres avantages actuels » dans le panier de soins de l’AMU » a-t-il souligné.

L’apport des partenaires et de la société civile

Aux côtés de l’Etat des partenaires (Save The Children World Vision, Diakonia etc.), l’Union Techniques des Mutualités Maliennes (UTM) et la société civile œuvre pour une sensibilisation de la population. Dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale de la couverture maladie universelle célébrée chaque 12 Décembre, les partenaires ont organisé à l’endroit de la société civile un atelier d’orientation de la plateforme des Organisations de la Société Civile sur la couverture universelle OSC/CU sur le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU). Le Dr Kéné Mark Guindo, de World Vision a ; au nom des partenaires a rappelé le rôle important des organisations de la société civile et réitéré leurs soutiens constants. Yaya Zan Konaré président de la plateforme des OSC s’est réjouit de l’initiative qui leur permettra de mieux cerner les enjeux et faire la part des choses entre les différentes politiques. Il a profité de l’occasion pour faire un plaidoyer pour l’instauration d’une journée nationale en faveur de la couverture universelle au Mali. Les présentations de Luc Togo, Dg de la CANAM et d’Issa Cissouma de l’Union Techniques des Mutualités Maliennes (UTM) a éclairé la lanterne des uns et des autres. Avec ces connaissances, la société civile promet d’œuvrer à la vulgarisation et à la sensibilisation sur le RAMU pour que les populations soient prêtes au moment de sa mise en œuvre en 2018.

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