mardi 7 décembre 2021
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PROTESTATION D’INNOCENCE DANS L’AFFAIRE AVION PRÉSIDENTIELLE: Le combat perdu d’avance de Moussa Mara  

 

La réouverture du dossier relatif à l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires par la Cour suprême semble bien perturber le sommeil de l’ancien Premier ministre d’IBK, Moussa Mara. En terme clair, il n’est plus un homme tranquille depuis l’arrestation de Soumeylou Boubèye Maïga et de Mme Bouaré Fily Sissoko présumés coupables dans la même affaire. Ainsi, dans l’intention de se mettre hors cause au cas où la justice malienne souhaiterait l’entendre de nouveau sur cette affaire qui connait un rebondissement spectaculaire, Moussa Mara multiplie désespérément les confessions sur les réseaux sociaux, de nature à s’en laver les mains et les pieds concernant ce dossier. Mais seulement, il semble oublier que les faits sont têtus et que nul ne peut s’échapper de ses propres turpitudes.  

Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre Moussa Mara cherche désespérément, et pour la énième, à gommer définitivement son nom dans l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires qui secoue fortement la République. Or, il semble prêcher dans un cimetière. Malgré ses efforts dans les explications, on a l’impression que les Maliens ne l’écoutent pas, encore moins le comprendre. Car son nom, hier comme aujourd’hui, est toujours associé à ce dossier bouleversant. Tout porte à croire qu’aussi longtemps que ce dossier existera, son nom sera aussi cité. Mais, il semble être le seul à ne pas être parmi les 20 millions de Maliens à admettre qu’il n’y a plus rien à faire à ce niveau. La raison est qu’il a repris depuis quelque temps ses campagnes de fuite en avant pour se mettre à l’abri de la justice malienne. Pour cela, toutes les occasions sont pleinement exploitées. Des vidéos sur les réseaux sociaux, des conférences-débats…    

« Mon seul problème est que l’avion est arrivé le lendemain de ma nomination à ce poste. Donc, je suis tombé dedans. L’avion est arrivé en même temps que moi et voilà». Peut-être que oui. Mais, il se trouve que cela ne l’a pas empêché de venir mentir au peuple malien devant l’Assemblée nationale sur le prix d’achat de l’avion présidentiel. Pour quel intérêt ? Sans doute, il est le seul à pouvoir répondre à cette question.

Pour rappel, ce qui fait douter les Maliens de l’innocence de Moussa Mara est le fait qu’il ait affirmé, voire juré, la main sur le cœur devant l’Assemblée nationale, que l’avion a coûté 20 milliards de FCFA à l’État malien alors que dans une interview accordée à Jeune Afrique, l’ancien Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avançait la somme de 18 milliards de FCFA et demi comme étant le prix de l’oiseau volant.

Selon Moussa Mara, le Président IBK a parlé du prix, et lui du coût. « Il y a eu une légère différence dont certains en ont fait un problème », explique-t-il.

Dans son intervention, l’ancien Premier ministre révèle qu’après avoir été acheté à 18 milliards et demi, l’avion était basé en Californie durant trois mois. « Nous avons payé les frais de parking, nous avons immatriculé l’avion et ensuite nous l’avons transporté jusqu’à Bamako. Tous ces frais nous ont coûté un milliard et demi. Alors, un milliard et demi, plus 18 milliards et demi, cela fait les 20 milliards », tente-t-il de se blanchir aujourd’hui dans un jeu de mots. Mais toujours est-il que certaines questions restent encore sans réponses quand on sait que lors de son interpellation à l’Assemblée nationale, il lui a été posé une question claire : à savoir le prix de l’avion présidentiel. Mieux encore, pourquoi Moussa Mara n’a pas voulu donner une réponse détaillée au député le jour de son interpellation ? « J’étais obligé, en tant que Premier ministre, de donner les informations que les services m’ont données. Je suis celui qui a le plus subi dans cette affaire. Même IBK lui-même s’est caché derrière moi au moment où j’étais sous le feu des critiques,» cherche-t-il aussi à se victimiser. Sauf que les Maliens ne sont pas disposés à lui tendre une oreille attentive. Seule la justice pourra le blanchir désormais. Et rien d’autre !

Zeïd KEÏTA   LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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