jeudi 6 mai 2021
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Nouvelle loi électorale : Ses dégâts collatéraux

Bréhima Traoré, sérigraphe, perd un marché de plus 12 millions de francs CFA !

La nouvelle loi électorale empêche aux partis politiques de confectionner des t-shirt pour les distribuer à leurs militants ? Si cette loi permet aux candidats de faire des économies, ce n’est pas le cas des sérigraphes qui attendent avec impatience la période des campagnes électorales pour réaliser d’énormes chiffres d’affaires. Avec cette nouvelle mesure, c’est le cœur meurtri qu’ils assistent à la campagne.

«Une campagne morose», «une campagne terne», «une campagne sans saveur». Les qualificatifs ne manquent pas chez bon nombre de citoyens pour parler de la campagne électorale 2016 lancée depuis le 4 novembre dernier. Et, pour cause, les populations n’ont pas bénéficié de nombreux t-shirt et gadgets dont ils bénéficiaient en cette période électorale. L’Etat ayant décidé, à travers une loi électorale, d’interdire aux partis politiques de confectionner des t-shirt et de distribuer des gadgets qui seraient de l’«achat de conscience». Cette situation a fortement impacté sur les habitudes des populations lors des campagnes. L’on assiste plus les longues files de motos klaxonnant à tout va aux différentes stations d’essence, les balani show (qui, au passage, ont aussi été interdites par les Imams) se font très rares, et surtout les t-shirt qu’on distribuait à tour de bras. Il arrivait que pendant cette période une seule personne collectionne les t-shirt de pas moins de 5 partis politiques. «Ça nous permettait d’avoir un peu plus d’habits», ironise Mame Kanté, une habituée de la pratique. Mais, si une grande partie de la population trouve cette campagne « terne » à cause des petits cadeaux qu’ils recevaient et des t-shirts, il y a une catégorie pour qui cette interdiction des autorités est un véritable cauchemar. C’est le cas des sérigraphes. Bréhima Traoré est l’un d’entre eux. Il exerce ce métier depuis fort longtemps. Et les périodes de campagnes, il les attend avec impatience. «  Pendant cette période, je réalise mes plus gros chiffres d’affaires », dit-il. Selon lui, la période des campagnes pour les communales sont plus rentables que celles des présidentielles. Lors d’une campagne communale, nous pouvons confectionner jusqu’à 12.000 t-shirts contre seulement 5000 pour une présidentielle. A raison de 1000 francs CFA l’unité, Bréhima Traoré voit filer sous son nez une manne financière de 12 millions de francs CFA. Quel gâchis !

Cette nouvelle loi électorale constitue, donc, un véritable manque à gagner pour certaines petites et moyennes entreprises de la place. Ainsi, bien de citoyens s’interrogent anxieusement sur le bien fondé d’une telle décision. «Même aux Etats-Unis d’Amérique, on a vu, récemment, lors de la campagne d’élections présidentielles, des militants avec des t-shirts à l’effigie de leurs candidats», clame-t-il furieux. Ce qui met encore mal à l’aise Bréhima Traoré c’est le moment choisi pour le vote de cette loi. « Au moment où on votait la loi, nous avions déjà fait des achats de matériels entrant dans la confection des t-shirts. Nous avons été jusqu’à Abidjan pour acheter des toiles et autres produits. Avec cette loi, nous nous retrouvons avec ces produits sous le bras et incapables de recouvrer les fonds investis», se désole-t-il.

Cette situation de perte frappe aussi certains commerçants qui, en prélude à la campagne électorale, étaient allés faire le plein de t-shirts en Chine. Comme le sérigraphe Bréhima Traoré, eux aussi se retrouvent avec des balles de t-shirts dont ils savent quoi faire. Or, les élections c’est pour ce dimanche 20 novembre. Même si, par devoir citoyen, ils iront voter, cette élection leur aura laissé tout de même un mauvais souvenir. Et qui sait, en guise de vote sanction, pour qui ils seront censés voter. «En tout cas, tout porte à croire que ça risque d’être ni pour Koulouba ni pour Ami Khane, mais pour …. », fulmine un observateur averti de la scène politique malienne. Le verdict des urnes, si tout s’avérait transparent, nous édifiera.

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COULIBALY

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