vendredi 1 juillet 2022
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Mot de la semaine : Tournée

Le Président de la République du Mali et Président en exercice du G5 Sahel a repris son jeu favori, à savoir le voyage. Heureusement pour le contribuable malien, il n’est que le Président d’une modeste organisation, le G5 Sahel, qui ne regroupe que cinq pays. Imaginez un IBK Président en exercice de l’Union Africaine ou même de la CEDEAO, il serait absent de son Pays pendant des semaines. Sinon, comment comprendre qu’après deux sommets, entre les présidents du G5 Sahel et celui avec Emmanuel Macron qui ont défini tous les contours et fait la clé de répartition du montant à réunir, que le Président IBK puisse prendre encore son bâton de pèlerin pour sillonner trois capitales. Auparavant, ce fut Sévaré, le samedi 09 septembre 2017, à la tête d’une forte délégation pour l’inauguration du poste de commandement central du G5. Ensuite, le mardi 12, il se rendit à N’Djamena, accompagné d’une consistante délégation. Le mercredi 13, il a rallié Niamey au Niger et enfin le jeudi 14 septembre, Ouagadougou avec la même équipe. Pour aller parler de la coopération entre les pays membres du G5 Sahel, avant l’Assemblée générale des Nations-Unies très imminente. A quoi sert d’avoir un ministre des affaires étrangères, si c’est le Président lui-même, fut-il le chef de la diplomatie, qui voudrait bien jouer ce rôle? Ne pouvait-il pas faire économie de nos maigres ressources afin de faire face aux enjeux majeurs auxquels le Mali est confronté, qui sont, entre autres, le paiement de la part du Mali pour le financement des forces conjointes de G5, le règlement de plusieurs factures que l’Etat doit à ses prestataires et fournisseurs ? Pour rappel, l’Etat doit plus de 80 milliards aux fournisseurs. Il est également à défaut de paiement de près de 13 milliards vis-à-vis de la société, Ozone Mali, qui risque d’ailleurs d’arrêter toutes activités, parce qu’elle est à court de liquidités. Quid de multiples engagements pris par l’Etat malien avec les partenaires sociaux ? Ces voyages princiers et budgétivores qui font encore saigner le trésor public ne feront qu’enfoncer le Mali dans l’extrême pauvreté, dans le sous-développement et dans un trou abyssal difficile à combler.
La démocratie n’ayant pas donné tous les pouvoirs à une seule institution, Y a-t-il un autre pouvoir pour arrêter ce pouvoir insouciant dans ses frasques financières? Pour le peu de temps qui lui reste, l’Assemblée Nationale en général et les députés de l’Opposition en particulier sont interpellés pour arrêter ce saignement en proposant des mesures draconiennes lors de l’adoption du Budget. Ils doivent se battre et à défaut prendre à témoin le peuple, afin que tous les chapitres allant dans le sens du confort des institutions soient enlèves.
Youssouf Sissoko
youssouf@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

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