lundi 14 octobre 2019
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Mot de la semaine : Colère

 

Les kayésiens sont en colère noire contre le gouvernement qu’ils accusent de faire peu ou pas assez pour soulager les difficultés et les peines qu’ils endurent au quotidien et qui impactent négativement sur les conditions de vie des populations de toute une région. En plus de leur quotidien intenable à cause de l’enclavement de la région rendant son accès difficile, les populations en général et la jeunesse kayesienne en particulier,  sont victimes ces derniers temps de multiples accidents et surtout de l’état de dégradation avancé de la route nationale reliant Kayes à deux capitales, à savoir Dakar et Bamako. Cette route qui aurait dû être la plus belle ou du moins l’une des plus belles à cause de son impact sur l’économie, est aujourd’hui la plus difficile à pratiquer à causer de sa mauvaiseté.

Les jeunes sont désormais montés aux créneaux pour dire non à la déconsidération dont la première région économico-administrative est victime de la part des autorités. Ils ont décidé de bloquer toutes les voies d’accès de la capitale du rail. Et pour qu’ils baissent la garde, ils disent vouloir satisfaire trois principales doléances, à savoir la réfection sans délai de la route nationale Kayes Bamako, les garanties d’une réhabilitation de la régie du chemin de fer Dakar-Niger et la mise en service de l’aéroport de Kayes Dag-Dag. Ils tiennent à ces trois revendications, qui sont à leurs yeux une question de survie pour la région de Kayes. Les autorités vont-elles prendre au sérieux ces jeunes qui ont le courage de dire plus haut ce que toute une région murmure  plus bas, à savoir le sentiment d’abandon de la région de Kayes ? Où sont les députés qui sont censés avoir le mandat de défendre les intérêts de leurs électeurs ? Les promesses électorales sont-elles oubliées si vite ?

Voici un certain nombre de questions qui taraudent les esprits et agacent plus d’un kayesien surtout en voyant l’état de délabrement profond d’une région qui a, semble-t-il, voté massivement pour le candidat IBK sur la base de promesses  faites lors de la campagne pour son second mandat.  Et au dela de Kayes et de Koulikoro, les deux régions traversées par la chaotique route, c’est l’ensemble du Mali qui doit se sentir concernée eu égard à son importance sur l’économie nationale.

Pour rappel, c’est cette route, à l’absence du train, qui permet  aux gros porteurs  d’acheminer les frets en provenance du port de Dakar. Elle est la seule voie d’accès au port et si cette route s’enrhume, c’est toute l’économie du Mali qui va tousser.

En définitive, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est sans nul doute l’accident survenu sur le tronçon  Kayes-Didiéni où un car d’une grande compagnie s’est renversé faisant beaucoup de blessés et des dégâts matériels considérables. Cet énième accident a mis le feu aux poudres des associations de jeunes de Kayes qui ont décidé de manifester leur colère à la face du gouvernement et du monde  pour que des solutions diligentes puissent être trouvées aux problèmes majeurs.

Youssouf Sissoko INFO SEPT 

Djibril Coulibaly

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