dimanche 3 juillet 2022
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Me AT Diarra sur l’ultimatum de la plateforme «An tè, An Bana» : «Je ne pense que l’ultimatum soit la solution»

Connu pour la pertinence de ses analyses et son équidistance entre les camps du « Oui » et du «NON», nous avons tendu notre micro à l’Avocat Me Amadou Tiéoulé Diarra pour qu’il éclaire la lanterne des concitoyens noyés dans les prises de positions partisanes. Lisez ce qu’il pense de l’ultimatum adressé au Chef de l’Etat par la plateforme « An tè, An Bana/Touche pas à ma constitution».

«Ce qui est en cause c’est la légitimité et la légalité. Il y a une légitimité institutionnelle que le Président de la République revendique ; de l’autre côté, il y a une légitimité populaire. Quand il y a un conflit entre les deux, je pense que seul le dialogue est à mesure de régler le problème. Je ne pense pas que l’ultimatum soit la solution. Ce n’est pas ce qu’il faut pour un pays qui est en crise. Parce que les deux positions ne sont pas en harmonie avec la démocratie qui voudrait que les conflits soient réglés par le grand dialogue. L’ultimatum de la plateforme ne me semble pas la bonne solution. En fait, c’est un extrémisme tout comme la position de ceux qui voudraient organiser une grande manifestation au stade du 26 Mars pour soutenir la reforme. Les deux positions doivent être ramenées au centre pour qu’il y ait un dialogue. Je crois aussi que le Président de la République qui incarne un mandat est le seul habilité aujourd’hui à inviter les concitoyens, soit à un panel ou à un séminaire qui regroupera les Représentants des principaux partis politiques, des organisations de la société civile les plus représentatives pour revoir la copie gouvernementale. La revoir du point de vue de la faisabilité actuelle de la révision ; car, l’article 118 est toujours évoqué et voir les parties du texte qu’il faut retoucher sur le plan de la forme et trouver une solution citoyenne à savoir que les partisans de la légalité institutionnelle et les partisans de légitimité populaire s’accordent sur ces questions. Le consensus général peut même aller à l’encontre de la législation qui est en vigueur c’est possible. Quand une communauté trouve qu’une position est à son avantage elle peut mettre de côté la légalité. Nous sommes aujourd’hui dans cette dynamique-là. Mais il faut aussi que le Président de la République accepte que l’évolution du monde voudrait que la puissance publique de l’Exécutif se rétrécisse. Le bon exemple qu’on peut donner c’est la décentralisation qui rétrécit le cadre légal des pouvoirs de l’Exécutif. Vous ne pouvez pas vouloir le rétrécissement des pouvoirs du Chef de l’Exécutif et aujourd’hui en venir à accroitre ses pouvoirs dans un cadre constitutionnel. C’est une contradiction flagrante».

Propos recueillis par Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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