dimanche 7 août 2022
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MANIFESTATION CONTRE LA CEDEAO AUJOURD’HUI: Sous l’impact des sanctions, le pari de la mobilisation sera-t-il gagné ?  

 

 

Une énième manifestation contre la CEDEAO a été annoncée hier sur les réseaux sociaux.  Après le dernier sommet du 25 mars, les chefs d’État ont fixé une prolongation de 16 mois au maximum contre 24 mois proposés par les autorités de la transition. La manifestation d’aujourd’hui ne semble pas avoir le même engouement comme par le passé, au regard des commentaires  lus sous l’annonce.  

Le 14 janvier 2022, les Maliens ont fait une démonstration de force à la Place de l’indépendance contre la CEDEAO. Ce, pour dire non aux sanctions “illégales et illégitimes’’ imposées au Mali.  Cette mobilisation réussie avait une connotation de révolte, mais que certains ont, peut-être, perçue comme  un soutien.

Mais après trois mois, les Maliens ont-ils gardé les mêmes appréciations auxquelles le temps a fait son action. Trois mois après, nous sommes à la veille du mois de carême et les populations semblent avoir la tête ailleurs que d’aller manifester contre la CEDEAO.

L’appel à manifestation contre la CEDEAO se fait dans un contexte où les chefs d’État ont non seulement maintenu les sanctions, mais exigent la tenue des élections d’ici 12 à 16 mois.  Cette décision contre laquelle une manifestation est organisée, ce vendredi pour dire non à la CEDEAO s’annonce dans un contexte très particulier. Dès l’annonce de cette manifestation sur les réseaux sociaux, ce n’est plus le même engouement  comme celui du 14 janvier. Les Maliens semblent passés à autre chose depuis que les sanctions ont commencé à impacter négativement sur le peuple.

Le travail  et des actes concrets  

En lisant les commentaires, on sait vraiment que les gens commencent à s’agiter. ‘’Bien évidemment, chaque moment boulevard. Franchement, il faut juste travailler’’, a dit un internaute. Certains internautes se demandent aujourd’hui les raisons d’une telle manifestation alors que les deux parties sont en discussion pour une sortie de crise. “On est fatigué du boulevard. On peut dire un non réfléchi à la CEDEAO sans être sur le boulevard. Les gens ont envie de travailler’’, déplore un internaute alors que d’autres pensent que c’est une “mauvaise idée’’.

Cet internaute malien affirme qu’ils soutiennent les autorités de la transition, mais on doit chercher à arrêter ce bras de fer même si la CEDEAO, à travers son médiateur, est de très mauvaise foi’’. D’autres par contre estiment qu’il faut faire comme si la CEDEAO n’existait pas pour progresser. ‘’Quand on parle d’eux, ça les rend utiles’’, assène-t-il. “Hey, il faut accepter les 16 mois et laisser savourer la victoire et le soutien du peuple dont la junte a profité’’, balance un autre.

“La foule au début s’agrandit et l’usure du temps l’essouffle et l’affaiblit’’, rappelle l’autre. Alors qu’un autre demande aux autorités de “poser des actes concrets au lieu d’appeler les gens à manifester. On veut les usines pour travailler, c’est tout’’, ajoute-t-il.

“Sortons de tout cela et avançons en posant des actes concrets et valables. Nos problèmes, ce n’est pas seulement la France ou la CEDEAO’’, souligne-t-il.

Une monotonie aurait-elle pris le dessus ? Sinon, l’autre  internaute estime qu’avec cette chaleur-là, il n’ira nulle part. ‘’Nous sommes vraiment fatigués. Que les frontières soient ouvertes, c’est tout ce qu’on veut’’.

Certains commentateurs du post demandent aux autorités de travailler. “Toujours sortir ? Il faut se mettre au travail seulement. “Vraiment il est de passer aux choses sérieuses’’, pensent-ils. “Il faut plutôt manifester contre le gouvernement malien pour dire non à la CEDEAO, car c’est lui qui décide à son tour notre maintien ou non à la CEDEAO’’.

Selon un internaute, seul le travail compte. “Nous, on cherche la solution pour sortir de cette crise. Trop, c’est trop ! Pourquoi dire non à la CEDEAO ? Bientôt, c’est le carême, la population souffre et vous êtes dans toutes les conditions. Il faut penser aux pauvres au moins’’, s’est-il indigné.

Soutiens à la transition  

“La CEDEAO, dans sa forme actuelle, est un instrument au service de la France. Après la suspension de RFI et France 24 (des médias français), Macron demande à la CEDEAO de sanctionner à nouveau le Mali. Quelle logique ? Aucune. Personnellement, je soutiens cette manifestation’’, affirme un internaute.

Un autre pense que pour une CEDEAO des peuples, il faut que ces manifestations se multiplient, même dans les autres pays. ‘’Aujourd’hui, nous avons une CEDEAO prise en otage par des dirigeants qui obéissent au diktat d’une puissance étrangère’’, dit-il.

Il faut dire que le peuple malien semble désormais avoir l’esprit tourné vers le mois de Ramadan qui s’annonce avec tant de difficultés économiques.  Comme le disait l’autre, il y a un décalage de perception en ce moment. Est-ce que les initiateurs n’ont pas mal choisi la période pour cette manifestation ? La réponse, ce soir, à la Place de l’indépendance.

Bourama KEITA LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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