mardi 27 septembre 2022
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 Lien diplomatique entre le Mali et Niger de 1960 à 2021 

 

Il y a 61 ans, jour pour jour, le président de la République du Mali Modibo Keita a effectué une visite officielle de quelques jours au Niger. A son arrivée à Niamey, il a été accueilli à l’aéroport par son homologue nigérien Hamani Diori, pour la circonstance avec l’ensemble des responsables politiques de son pays. Après les honneurs rendus à l’invité de marque, les deux chefs d’Etat ont pris place dans une voiture décapotable au milieu d’un long cortège, salués tout le long du parcours par les habitants de Niamey, sortis en masse, criant : « Vive le Mali », « Vive le Niger » et en agitant les drapeaux des deux pays. Le président du Mali a dit à la presse que sa visite  à Niamey était dans l’ordre normal des choses et devrait même être faite plus tôt car il payait ainsi une dette du président Hamani Diori, venu en visite officielle à Bamako en 1962. Concernant les raisons de sa visite d’amitié, Modibo Keita expliqua : « La première, c’est que le Niger et le Mali sont tous deux des pays de savane et de l’intérieur du continent africain. La deuxième, Hamani Diori et moi, avons été reçus ensemble à l’Ecole normale William Ponty et, nous fûmes des enseignants ensemble. La troisième, c’est que nous avons tous milité ensemble au sein du Rassemblement démocratique africain ».
Le deuxième jour de sa visite, le président Modibo Keita et son hôte se sont rendus à Zinder. Accueillis avec honneur, les deux leaders ont pris place pour assister à un défilé des organisations de jeunesse, des élèves, des forces armées et de sécurité.
Modibo Keita et Hamani Diori ont ensuite effectué des visites de terrain en premier lieu dans les jardins de Muria, de Birni-Zingou. Poursuivant son voyage dans le Niger profond, Modibo Keita s’est rendu à Guigmi, une circonscription située au bord du lac Tchad. Là-bas, il a visité une longue digue construite par les habitants pour prévenir les inondations et assisté à la mise en service d’un puits artésien. Le président Modibo Keita a visité aussi la localité de Diffa, aujourd’hui au cœur de l’actualité dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.
Le président n’a jamais oublié ses contacts avec le monde rural nigérien des leçons enrichissantes. Modibo Keita en faisant le bilan de sa visite, expliquera qu’il a constaté que les paysans étaient organisés sous le vocable d’animation rurale. Sur la composition de ses échanges avec le président nigérien Hamani Diori, Modibo Keita a dit: « nous avons créé l’Organisation de l’unité africaine, il est important que des contacts assez réguliers aient lieu entre les chefs d’Etat, en un moment où l’Afrique entre de plain-pied dans la crise de croissance ». Qui n’a pas remarqué la constance et la fermeté des responsables nigériens à défendre l’intégrité territoriale de notre pays au plus fort de la crise ? C’était une manière de prendre les devants pour éviter que le Mali ne serve de mauvais exemple mais c’était surtout une preuve d’amitié. Il ajouta le président Malien a l’époque.

Existe-t-il toujours ce lien d’amitié entre le  Mali et le Niger ?

Le Niger et le Mali partagent des configurations territoriales et des trajectoires historiques primo qui sont assez similaires. La repetition des rébellions dirigée par des groupes nomades pose la question des rapports entre centre et périphérie dans ces Etats. Lors de son investiture, Mohamed Bazoum a dit des propos qui ont mis en colère à Bamako. C’était le 2 avril, au centre Mahatma Gandhi de Niamey, devant plusieurs chefs d’État africains, notamment le président malien de transition, Bah N’Daw, le nouveau Président du Niger prêtait serment et détachait ses priorités.

Devant la délégation malienne, Mohamed Bazoum a cité l’État islamique au grand Sahara et Boko Haram comme les principaux acteurs des violences qui endeuillent le Niger, détruisent son économie et contribuent à grossir les rangs des personnes déplacées et des réfugiés. «  Ce groupe criminel, dirigé par des ressortissants des pays du Maghreb, a ses principales bases en territoire malien, dans les régions de Ménaka et de Gao  », dixit le président nigérien.

« Le combat contre ce groupe   sera très difficile aussi longtemps que l’État malien n’aura pas exercé la plénitude de sa souveraineté sur ces régions  ». «  La situation actuelle au Mali a un impact direct sur la sécurité intérieure de notre pays. C’est pourquoi notre agenda diplomatique sera centré sur le Mali, dans le cadre d’une coordination étroite avec les pays du G5 Sahel, l’Algérie, la France, les États-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité. Nous devons aider nos frères maliens à s’entendre, à mettre en œuvre l’Accord, à le dépasser même, à reconstituer leur État en vue de lutter efficacement contre le terrorisme », a ajouté Mohamed  Bazoum. À Bamako, les propos du président Bazoum ont suscité l’indignation chez certains.

Ce n’est pas la première fois que des propos tenus au plus haut sommet de l’État nigérien heurtent Bamako. En août 2019, dans une interview accordée à Jeune Afrique, Mahamadou Issoufou, président du Niger à l’epoque, avait affirmé : « Le statut de Kidal, au Mali, nous pose problème. Kidal est un sanctuaire pour les terroristes, et ceux qui nous attaquent s’y replient souvent. Kidal est une menace pour le Niger et il faut impérativement que l’État malien y reprenne ses droits.  » Des propos répétés lors d’une visite au Mali quelques mois plus tard.

Aujourd’hui les relations  entre le Mali et le Niger ne sont pas au beau fixe, pour ne pas dire qu’elles sont  très tendues, ce qui nous permet de poser la question suivante : Les incidences diplomatiques à répétition arriveront-elles à bout du lien d’amitié entre le mali et le Niger ?

ASSITAN DIAKITE INFO SEPT

Djibril Coulibaly

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