lundi 6 décembre 2021
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LE ROULEAU COMPRESSEUR DE LA JUSTICE EST EN MARCHE : Après Soumeylou Boubèye et Fily Sissoko, à qui le tour ?

 

 

Le Mali Koura tant attendu et qui a eu du mal à se mettre en marche, semble amorcer un tournant décisif avec l’arrestation d’un ancien Premier ministre et d’une ancienne ministre des Finances. Mis sous mandat de dépôt pour faux et usage de faux, détournement et complicité de détournement dans l’achat de l’aéronef présidentiel et des équipements militaires, Soumeylou Boubeye Maiga et Fily Sissoko ont été écroués en prison pour des faits gravissimes de détournement des deniers publics. Après ces deux arrestations, à qui le tour ? La Justice ira-t-elle jusqu’au bout en mettant sous les verrous tous les délinquants financiers ?

 

La corruption et l’impunité ont été pendant longtemps érigés en mode de gouvernance au Mali. Cet état de fait a non seulement fragilisé le tissu social, mais aussi contribué à l’effondrement du pays. C’est en prenant conscience du péril qui guette le Mali que le peuple s’est mobilisé pour mettre fin au régime corrompu d’IBK et ses amis. Le coup d’Etat du 18 Août 2020 a été une véritable aubaine pour le peuple qui se voit obliger de mener pression sur les autorités afin qu’elles traduisent en Justice tous ceux qui ont puisé illégalement dans les caisses de l’État. Ce message semble être compris par les autorités avec l’attestation de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, qui était ministre de la Défense et des Anciens Combattants au moment des faits, et enfin la mise sous mandat de dépôt de l’ancienne ministre des Finances Mme Bouaré Fily Sissoko. Leur arrestation ordonnée par la Cour Suprême, à défaut de la Haute Cour de Justice, fait débat dans le pays et divise les Maliens. Pour les supporteurs des deux détenus, la Cour Suprême n’est pas la juridiction compétente pour ordonner l’arrestation de ces deux grandes personnalités du pays. Ils renchérissent en disant que c’est un acharnement politique et une vengeance, donc ils trouvent méchant ces arrestations qui ne visent autre chose que de barrer la route de la présidentielle à un super favori.

Nombreux sont les observateurs à se réjouir de l’arrestation de ces deux caciques du régime IBK. Beaucoup espèrent enfin voir les délinquants financiers traduits en Justice.

Pour rappel, SBM fait l’objet de poursuites pour des faits qui datent de 2014 lorsque le vérificateur général et la Cour Suprême avaient constaté de graves irrégularités dans l’achat de l’aéronef présidentiel et des équipements militaires pour les FAMa. Après des investigations, les autorités maliennes de l’époque avaient reconnu des surfacturations à hauteur de 29 milliards de francs CFA. Le chef de mission du FMI M. Christian johs et Mme Bouare Fily Sissoko ont reconnu sans ambages des surfacturations. Alors, quand on entend certains partisans de SBM et Fily Sissoko crier à la vengeance ou à un acharnement politique, on s’interroge sur leur bonne foi ou sur leur patriotisme.

Quant à Fily Sissoko, ministre des Finances au moment des faits, pour avoir garantie les prêts contractés jusqu’à hauteur de 100 milliards de francs CFA, elle devient complice d’une entreprise savamment montée pour spolier l’État des ressources financières au profit d’une mafia. Elle a préféré prendre des risques en cautionnant la malversation pour tout simplement garder son poste de ministre. La loi est dure, mais elle reste la loi. A la question de savoir à qui le tour, la réponse dans quelques jours, car selon nos informations, deux autres Premiers ministres seraient convoqués à la Cour Suprême. Donc, il est à parier que l’un d’eux rejoindra SBM et Fily à la Maison centrale d’Arrêt de Bamako, car les faits reprochés sont d’une telle gravité qu’il serait difficile pour l’un d’entre eux d’échapper à la prison.

En somme, ce rouleau compresseur de la Justice ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Ceux qui ont pillé les maigres ressources financières, ceux qui ont jeté en pâture nos soldats faute d’équipements adéquats, ceux qui par leurs malversations ont empêché des milliers d’enfants de jouir de leurs droits élémentaires à l’instruction faute de structures d’accueil, ceux qui ont par leurs surfacturations, sevré nos cotonculteurs d’engrais et de matériels agricoles, ceux qui ont les mains tachées de sang des innocents, doivent tous répondre de leurs actes. C’est en tous les cas, le prix à payer pour le Mali Koura tant attendu.

Youssouf Sissoko

Djibril Coulibaly

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