vendredi 6 décembre 2019
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LE MAIRE DU DISTRICT ORDONNE, LE MINISTRE DE LA SECURITE DESORDONNE: Le Général Salif Traoré aurait-il enfreint à la loi ?

 

Décidément, on aurait tout vu au Mali sous le régime du Président Ibrahim Boubacar Keita. De la corruption à ciel ouvert, à la violation flagrante de la loi en passant par l’impunité, tout y passe. Ainsi, le Maire du District de Bamako, Adama Sangaré, exécutant une décision de Justice relative à un litige foncier, s’est vu contrarié par le Général Salif Traoré. Les  travaux d’aménagement d’une parcelle sise à la zone aéroportuaire, non loin de l’hôtel Faso, ont été empêchés par le Ministre de la sécurité qui aurait intimé l’ordre aux forces de sécurité présentes pour la sécurisation, de retourner là où elles sont venues sans aucune autre explication. Cet acte gravissime qui aurait été posé par le général Salif Traoré, cité à tort ou à raison, dans un autre scandale de détournement, en dirait long sur l’affairisme de le général. Que s’est-il réellement passé pour que le ministre Salif Traoré intime l’ordre aux gardes commis pour sécuriser les travaux de se retirer en violation flagrante de la loi ?

Cette Rocambolesque histoire qui n’honore guère notre ministre de la Sécurité, n’aurait pas dû défrayer la chronique, parce qu’elle n’honore pas notre armée. Mais l’état de déliquescence de notre outil de Défense est tellement avancé que nul ne serait surpris d’apprendre que certains généraux sont des hommes d’affaires. Ils s’estiment tellement grands et puissants que même leurs proches se servent de leurs noms pour commettre des sales besognes,  au point même  de violer la loi sous prétexte qu’on est ministre ou parent du ministre. Tout est parti d’un litige foncier qui a opposé la Mairie du District à un jeune frère du Ministre de la sécurité. La justice a tranché en faveur de la Mairie du District, mais le perdant a refusé d’obtempérer et s’est opposé à l’exécution de ladite décision.

Comment comprendre que dans un Etat de Droit, le frère d’un ministre peut s’opposer à l’exécution d’une décision de justice ? La parcelle en question, l’objet d’un litige foncier entre la Mairie du District de Bamako et un frère du Ministre de la Sécurité, avait fait l’objet d’un jugement dont le verdict a été favorable à la Mairie du District. C’est ainsi que le Maire Sangaré  a ordonné à ses services compétents d’entreprendre les travaux de réhabilitation et de viabilisation de la zone, conformément à l’arrêté de la justice. Pour des travaux d’une telle sensibilité, le risque étant grand. Il aurait sollicité les forces de sécurité. Une centaine de gardes avait été affectée pour assurer la sécurité afin que les travaux se déroulent normalement. Quelques heures seulement après le démarrage des travaux, quelle ne fut  la surprise des travailleurs de constater le départ des agents de garde des lieux sous prétexte qu’on leur aurait dit de rentrer. Informées de la nouvelle, les plus hautes autorités de la Mairie du District ont d’abord cherché à en savoir davantage avant de prendre une quelconque décision. En recoupant les informations, elles se seraient rendues compte que la décision du retrait des agents de la sécurité  est venue d’en haut.

Qui pourrait être à la base d’une telle décision et quelles sont ses motivations ? La réponse est sans nul doute claire dans une bonne République, car le rôle de chaque autorité est défini. Le maintien d’ordre et la sécurisation en zone urbaine et même semi-urbaine appartenant au Ministre de la sécurité, le Général Salif Traoré, en est bel et bien le responsable ordonnateur.

Sa responsabilité semble engagée, surtout quand on sait que l’affaire concerne l’un de ses frères jumeaux. Sinon, comment comprendre qu’un frère d’un ministre, fut-il un proche du cercle restreint du pouvoir, puisse s’adonner à des pratiques illicites et s’en vanter en toute impunité. La question que bon nombre de citoyens se posent est celle de savoir si nous sommes en Etat de droit ou encore si la justice est égale pour tout le monde. Le cas du ministre de la sécurité, énième du genre, est symptomatique du grand malaise de notre justice, qui peine à reconquérir sa noblesse d’antan. Elle doit être indépendante du pouvoir exécutif pour être efficace.

En somme, c’est surtout ce genre de pratique qui prépare le lit à des contestations, voire des révoltes qui, souvent, aboutissent à des révolutions. La corruption, l’injustice, le népotisme, la gabegie, ont toujours été à la base des soulèvements. Le Général Salif Traoré, comme beaucoup de nos généraux, ne semblent pas donner une bonne image de notre armée et sont en train de fouler aux pieds les valeurs cardinales qui ont caractérisé l’armée malienne. La balle est dans le camp d’IBK, car c’est lui seul qui a été investi comme Président de la République. Il est temps qu’il sévisse contre les indélicats.

Youssouf Sissoko INFO SEPT 

Djibril Coulibaly

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