samedi 2 juillet 2022
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Gouvernance chaotique : Les Maliens victimes de «Inchallah»

«Une blessure que l’on cache continuellement ne guérit pas », disaient les Mandénka. En 2013, lors de la campagne électorale présidentielle, la bataille pour accéder Koulouba étaient tellement rude que chaque candidat se lança  à la quête de support. IBK, sans chercher trop loin, s’est alors transformé en un véritable prêcheur venu de la Mecque et, sur ordre du mouvement Sabati 2012, a été choisi majoritairement sans projets de Société ni compétences requises.

Des versets coraniques entrecoupés par des  promesses de campagnes électoralistes en filigranes, des SOUB’HANALAH et des Hasbounalah, IBK était devenu alors un véritable prométhéen pour sauver le pays qui gisait dans une crise politico-sécuritaire sans précédent. L’Homme devient alors le choix des groupements religieux et plusieurs associations civiles réunis dans le mouvement Sabati 2012.

Pour rappel, le 14 juillet 2013, dans la salle Bazoumana Sissoko du Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ, le Mouvement Sabati 2012  présentait son mémorandum revendicatif aux candidats retenus pour l’élection présidentielle de l’année. La cérémonie qui était placée sous la présidence du leader dudit mouvement, Moussa Boubacar Bah, entouré de plusieurs Délégués, venus de toutes les Régions du pays, avait déclaré:«Il est temps que les musulmans se mobilisent pour élire un Homme capable de diriger le Mali dans la dynamique du changement de comportements». Et le vendredi 19 juillet de la même année, les mêmes intervenants organisèrent une rencontre chez le Chérif de Nioro, dans les locaux de sa Zawiya. Ils annoncèrent leur choix porté sur IBK qui, à leurs dires, s’est engagé depuis longtemps à respecter l’Islam et tous les points du mémorandum. L’Homme sans véritable projet de société ni compétences requises a été alors porté aux créneaux pour ses promesses et la douceur de sa voix dans la récitation des versets coraniques: «Pour l’honneur du Mali, je rétablirai la sécurité sur l’ensemble de notre territoire. Je serai le garant de la sécurité de tous les Maliens. Mais aussi des Etrangers qui viennent sur notre territoire et dont l’appui nous est décisif. Pour moi, la sécurité n’a pas de prix. Pour la garantir, je veux reconstituer une capacité de défense et de surveillance du territoire national. Désormais, aucun groupe terroriste ou de criminels ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat. Je le dis, je le ferai ! Inchallah ! », disait-il. «Les problèmes de nos forces de défense et de sécurité sont sans doute liés à des problèmes de moyens, à une mauvaise utilisation des ressources disponibles, mais également à une absence d’autorité de l’État. Maliens, allons-nous avoir toujours besoin des soldats européens pour assurer la défense de notre territoire ? », renchérit-il.

Mais qui aurait cru une telle suite ?

Côté de l’opposition, Tiébilé Dramé du PARENA a annoncé  dans un communiqué qu’entre 2013 et 2017 plus de 2108 personnes (civils et militaires) ont été tuées depuis l’investiture d’IBK. Le communiqué qui laisse savoir l’incapacité de Ladji Bourama face à cette crise qui a ensuite fait périr près de 100 personnes depuis le début 2018. Pour manque d’armements, l’unité des forces armées en position à Tessit, craignant les représailles des terroristes, avait abandonné les populations locales pour se replier à Asongo.

Aussi, sur la situation économique rampante, la Banque Mondiale a alerté en dénonçant la dette publique trop élevée du pays dans son Rapport du février dernier.

Face à la crise et la corruption qui ont conduit l’école malienne dans l’abîme, la situation reste toujours préoccupante. En dépit des violences dans les milieux universitaires dues aux mains armées de l’AEEM devant les yeux grandement ouverts de l’Homme qui s’était proclamé comme  »L’unique solution », le 20 février dernier, le Rapport annuel d’Amnesty International dévoilait qu’en 2017 :  «…Le droit à l’éducation de plus de 150.000 enfants était ainsi bafoué. Plus de 500 écoles de Gao, Kidal, Ségou, Mopti et Tombouctou ont gardé portes closes toute l’année ». Le Président du Haut Conseil Islamique, l’Imam Mahmoud Dicko, un des cerveaux du mouvement Sabati 2012, lors d’une sortie médiatique, le mois dernier annonçait : «L’État fait semblant d’exister, mais en réalité l’État n’existe presque pas ».

Selon les réalités du terrain, rien ne semble changer depuis l’arrivée du soit-disant sauveur aux banquets de Koulouba. Les organisations humanitaires avaient à leur tour annoncé que plus de 4 millions de Maliens seraient dans les besoins alimentaires dans le pays en 2018.

À quand, donc, la tenue des promesses de campagnes de Ladji Bourama?

Avec un bilan aussi dégun, le châtelain pourrait-il  se racheter auprès des Maliens pour  se faire réélire aux urnes du juillet prochain ?

Attendons, le temps nous en dira plus…..

Konaté Seydou, Stagiaire : LE COMBAT

Rédaction

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