mardi 30 novembre 2021
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Forum de Bamako : Quelle solution à l’urbanisation galopante ?

C’est parti pour la 17e édition du Forum de Bamako. Espace d’échanges et de réflexions sur les grands défis de l’heure, cette année, il a décidé de plancher sur la problématique de l’urbanisation galopante des villes. Il s’agira, au cours des trois jours de travaux, d’aborder les causes profondes de cette urbanisation, ses différents facteurs et manifestations pour, enfin, élaborer des pistes de solution à l’endroit des décideurs. A la cérémonie d’ouverture, ont pris part le Premier Ministre, Modibo Kéïta, des membres de son gouvernements et de nombreux participants venus d’Afrique et d’ailleurs.

 

Abdallah Coulibaly a tout d’abord remercié le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, pour la confiance placée en lui pour diriger l’organisation du Sommet Afrique-France. Il a aussi salué les animateurs du forum de Bamako qui ont aidé à la réussite de cette mission. Il a dédié sa décoration aux animateurs du forum pour leur soutien indéfectible. Selon lui, l’espace du forum de Bamako a été, au fil des ans, un espace de réflexion, de partage d’expériences et de points de vue sur les grands sujets de l’heure qui touchent le continent africain. Les recommandations qui en sont issues sont des «bréviaires et des sources d’inspiration pour les Dirigeants africains et d’actions pour les acteurs économiques et politiques du continent». Même si, selon Abdallah Coulibaly, ces recommandations ne sont pas une panacée, le remède miracle de tous les maux. La 17e édition de ce forum a pour thème «l’Afrique face aux défis de l’urbanisation: faire de la ville un levier de prospérité collective et d’harmonie sociale». Toujours, selon Abdallah Coulibaly, ce thème est pertinent à plus d’un titre. Sur un continent où la ville attire les ruraux «telle la lumière, les insectes», la ville est un symbole et un mythe. «Elle suscite tous les espoirs et éveille mille illusions. Aux yeux de l’Homme rural, elle est le pôle d’attraction qui regorge d’infrastructures sanitaires, scolaires et universitaires ; elle est le gros marché et le lieu qui offre plus d’opportunités d’activités génératrices de revenus ; le centre des décisions ; la vitrine de la modernité et de l’épanouissement ; la vitrine qui gronde et grouille de sa nombreuse population ; le lieu d’où scintillent les lampadaires des routes bitumées et les lustres des usines qui marquent l’industrialisation».

Au vu de tout de ce qui précède, il pense que le thème de cette année exige des regards croisés de multiples acteurs et spécialistes. Car, la question de l’urbanisation interpelle autant les Hommes politiques, les collectivités, les acteurs socioéconomiques, les techniciens que les universitaires, etc. La surpopulation des villes est un problème avec des risques «d’implosion sociale » liés à la mauvaise gestion foncière.

Pour le cas de Bamako, Abdallah Coulibaly dira que la croissance urbaine n’a pas que changé la ville ; mais l’a défiguré par endroits. Et il s’explique : «Tout espace, quels que soient la mémoire, le symbole, la beauté et la nécessité qu’il incarne, est devenu objet de tentations et de convoitises malsaines». En un laps de temps l’accaparement de l’espace a fini de détruire ce que la nature avait mis des siècles à construire, déplore t-il. La tendance des Bamakois à construire sur les collines n’est pas passée sous silence. «Les collines dont les hauteurs et les arabesques en faisaient des chefs d’œuvres naturels sont, de nos jours, balafrées, tailladées et concassées par des chasseurs d’espaces». Les immondices le long du fleuve Niger, les arbres écroulés, les champs et cimetières objets de convoitises ont été passés au peigne fin par Abdallah Coulibaly pour faire l’état des lieux de la conséquence néfaste de l’urbanisation galopante de Bamako et des spéculateurs fonciers. Toute chose qui, selon lui, accentue la pauvreté, l’injustice et la rupture entre Gouvernants et Gouvernés. Il faut, à son avis, mettre à profit ce 17e forum pour pencher sur la question et trouver des pistes de solution.

Selon Alain Holleville, Ambassadeur de l’Union Européenne au Mali, le forum de Bamako constitue un espace exceptionnel où se développe l’échange des idées entre voix maliennes, africaines et contributions internationales, et, ce, dans une totale interaction. Il se dit persuadé qu’à la fin de ces trois jours de travaux, le forum permettra d’identifier les pistes d’actions à suggérer aux décideurs politiques, afin de maîtriser l’urbanisation des pays africains, d’améliorer la gestion et le fonctionnement des villes, d’accroitre leur contribution à la richesse nationale et de renforcer les liens sociaux et culturels entre les citadins.

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COULIBALY

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