samedi 7 décembre 2019
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FCFA: Les devises des populations africaines délogées du Trésor français (fin)

 

…. N’est-il pas évident que le thermomètre n’est pas chaleur

Il semble évident que le thermomètre n’est pas la chaleur, mais le meilleur instrument pour déterminer sans appel la température. De même, l’instrument pour mesurer le lait, n’est pas le lait, mais un simple instrument, sans valeur, qui permet de déterminer la quantité de lait. Tout cela apparaît évident, mais pourquoi pas le cas de l’instrument monétaire. Donc, le FCFA n’est pas la valeur, mais un simple moyen pour connaitre la mesure de la valeur des biens et services à travers leur prix. Cela n’est pas compliqué à comprendre, mais plus difficile cependant, serait d’échapper à nos vieilles connaissances dépassées, qui auront trop longtemps façonné notre raisonnement.

…. En effet, depuis Aristote, les appréciations de la monnaie n’ont pas varié

Par insuffisance d’analyse et de méthode, la monnaie a pu faire l’objet de plusieurs descriptions de rêve, depuis Aristote jusqu’à nos jours, descriptions portant sur les formes de présentation, la qualité du support matériel utilisé, etc.

Cependant, aucun de ses aspects pratiques ne constitue un questionnement qui soit de nature à percer la nature exacte de cet instrument monétaire, qui par essence est un instrument théorique, l’instrument de mesure, un résumé exhaustif de toute la théorie dont il représente l’instrument de mesure.

Pour ces pays utilisateurs du FCFA, l’étalon est l’équivalent du FF ou de l’euro aujourd’hui. En réalité, cet étalon n’est pas matérialisé, mais pris comme étant égal en permanence au FF qui était l’étalon français, ou à l’euro, l’étalon européen aujourd’hui. Il s’agit là également d’un point de vue innovant pour la théorie économique, ce que nous avons développé dans le cadre de l’économie dotée de la théorie de la mesure que nous avons désignée par l’Economie scientifique.

…. La décision de fixer le FCFA est une promesse qu’il faut respecter une fois pour toutes 

Ainsi, la décision de fixer le FCFA, avec ou sans les accords avec la France signifie que promesse est donnée à toute personne détenant une quantité de toute devise et qui se présente dans ces pays utilisateurs du FCFA de pouvoir transformer en FCFA ses devises sur la base de cette promesse. Cette promesse est également valable pour les agents opérant à l’intérieur des pays utilisateurs du FCFA dans le cadre leur arbitrage en matière économique avec l’extérieur.

Par conséquent, personne ne saurait parler dans ces conditions, à travers ce lien, de taux de change ou de parité qui sont des mots prononcés dans l’ignorance du rôle d’instrument de mesure des instruments monétaires en vigueur dans un pays.

….. Le FCFA, un trait d’union entre l’intérieur et l’extérieur

De la même manière, lorsque des opérateurs internes à ces pays utilisateurs du FCFA veulent accéder au marché international, le FCFA est utilisé dans les mêmes conditions de transparence à travers le système bancaire en place et au moyen du cours de marché de la monnaie de référence choisie, le FF hier, et aujourd’hui l’euro.

Les acquisitions de devises seront gérées par les banques régionales responsables, sans devoir se soumettre à des contraintes administratives absurdes posées a priori, comme cela est actuellement le cas dans le cadre de cette soumission aveugle à cette France impitoyable, toujours habitée par des pratiques rétrogrades du moyen-âge, croyant encore, à l’image de leurs devanciers Rois guerriers, à la force militaire d’occupation, enterrant une seconde fois, un des siens, parmi les plus brillants, J.B. Say2 qui écrit : « les vraies colonies d’un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde ».

Ces banques centrales régionales, en toute quiétude, pourront désormais agir uniquement dans le sens d’un arbitrage assurant la meilleure performance de leurs portefeuilles des devises selon les bonnes pratiques universelles en la matière.

Elles seront au centre d’une économie gagnante pour leurs populations, qui achèteront davantage en France, en assurant plus le bonheur aux français que des butins de guerres emportés clandestinement des dunes de sables pour ne pas être vus. Oui, pour ne pas être vue dans cette sale besogne, une France, défenseur des droits de l’homme.

 

 

 

1 Voir notre publication (L. KEITA, 2002) 2 J. Baptiste, 1803, « Traité d’Economie Politique », Paris, Calmann Lévy, 5ème édition, Préface G. Tapinos, p. 229.

…… En conclusion

De vraies nouvelles perspectives s’ouvrent en permettant à des gouverneurs déstressés pour assurer leur gestion nouvelle au bénéfice exclusif du développement socio-économique proprement dit des populations, tout en ayant désormais en charge des banques centrales régionales débarrassées de ces entorses et autres lourdeurs, ainsi qu’il suit :

  1. le dépôt de 50% de ces devises en France sur le compte d’opérations qui ne se justifie pas, comme nous venons largement de l’établir ;
  2. les intérêts dus à ces pays, qui sont passés sous silence, du fait de ce dépôt inutile ;
  3. les couts inutiles de conversion payés au profit d’opérateurs français et imposés à ces banques régionales pour mettre à la disposition de la France leur propre argent ;
  4. les pertes de valeur après conversions en FF ou en euro de leurs devises dans le cas d’une dépréciation de cette monnaie de conversion automatique suite au dépôt inutile d’au moins 50% de devises ;
  5. les coûts de reconversion, occasionnés lorsque des besoins s’imposent à ces banques régionales qui les obligent à puiser une partie des sommes initialement déposées dans le compte d’opérations ; 6. la dévaluation du FCFA, la grosse arnaque, contre-productive, résultant d’une grosse ignorance en économie, l’ignorance des instruments de mesure, constituant pourtant le seul but recherché dans tout ce dispositif mensonger. Elle correspond au moyen de financement supplémentaire à la discrétion du Roi, qui ne pouvait en mesurer les conséquences dévastatrices en termes de destruction de valeur ;
  6. les dépenses de devises, qu’effectue une banque centrale, pour soutenir le cours de sa monnaie, ce dont seront dispensés les directeurs régionaux des banques centrales dans l’actuel schéma de fonctionnement du système bancaire ;
  7. les critères de convergence désormais remplacés par de nouveaux indicateurs de performance pour la gestion de la monnaie plus réalistes et fondés sur une connaissance moderne de l’instrument monétaire à la différence des critères de performance artificiels actuellement en usage, rarement respectés car imposant des contraintes dont personne ne connait l’apport à l’amélioration de la gestion de l’économie.

Ainsi, le système bancaire, débarrassé de ses nombreuses surcharges inutiles, peut désormais, dans le cadre de cette nouvelle vision dans les pays utilisateurs du FCFA, s’intéresser réellement à l’économie et principalement à l’emploi. Le crédit bancaire retrouvera un sens. Les projets viables seront évalués et leur contribution aux objectifs nationaux ou régionaux de développement sera déterminée. Le crédit accordé représente en réalité la mesure du contenu réel de la valeur des idées du projet, valeur, qui, une fois réalisée, laissera sur place des créations effectives de richesse à travers les salaires, les loyers, les impôts, les réalisations physiques impactant la qualité de vie, le chômage en net recul, etc.

Un meilleur suivi des politiques publiques au moyen d’indicateurs plus sensibles aux réalisations économiques peut être assuré, à l’abri des critères artificiels dictés aujourd’hui par une pratique aveugle, sans aucune base expérimentale, copiés pour la plupart sur d’autres regroupements régionaux plus ou moins influents à travers le monde, mais toujours en proie à de très grosses difficultés financières qui menacent chaque jour davantage de mettre à genoux un dispositif depuis longtemps devenu instable et qui est aujourd’hui de nature à encourager les pays africains à prendre possession, pendant qu’il est encore temps, de leur dépôt auprès de la France.

Dr Lamine KEITA, Tel (223) 76 44 39 47  Mail laminemacina@yahoo.fr

Bibliographie

KEITA L., Monnaie et modélisation de l’offre agricole au Mali, Thèse de Doctorat, Université Paris VIII, 1997.  KEITA L., La Théorie économique du XXI ème siècle – Le Concept de mesure en Economie », L’Harmattan, 2002. KEITA L., Le fondement de la croissance et de la dynamique en économie, L’Harmattan, 2003. KEITA L., L’Economie scientifique au secours de l’emploi, L’Harmattan, 2016 KEITA L., L’Economie scientifique au secours des droits humains. Déconstruction de la zone franc, Publibook, 2017  KEITA L, La monnaie dévoilée et le Peuple enfin libéré, Presses Universitaires Européennes, 2019 ;

 

Djibril Coulibaly

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