jeudi 1 octobre 2020
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Chute du régime IBK : Le RPM fait enfin le deuil

Au lendemain de la chute du Président IBK, les cadres de son parti se sont retrouvés pour échanger sur l’avenir du parti et surtout les concertations qui s’ouvrent pour la mise en place pour la transition.  Dr. Bokary Tréta a invité le RPM à assumer sa part de responsabilité dans l’échec d’IBK et à répondre aux attentes du peuple.

Selon le Président du parti, RPM, Dr Bocary Tréta, IBK a déçu parce que quelque part, des responsables du parti ont manqué de courage et d’audace de lui dire certaines vérités. « Dans notre parcours, l’histoire demandera qu’est-ce que le RPM a conseillé à IBK pour éviter que ce qui nous arrive arrivât. Est-ce qu’on a pu le conseiller ? »

C’est en larme que Bocary Tréta, président du RPM, formation politique au pouvoir depuis 2013 a prononcé ces mots. Comme lui, ils étaient tous déçus et indignés, cadres et militants du parti de l’ancien président IBK réunis, le vendredi 4 septembre 2020, à l’hôtel de l’Amitié, pour échanger sur les concertations nationales, dont les travaux préparatoires ont débuté le samedi passé. Au cœur de ces concertations, la gestion de l’après-IBK renversé par des militaires. Cette rencontre extraordinaire du Rassemblement pour le Mali (RPM) vise à prendre une position par rapport à la gestion de la transition.

C’est la première rencontre des leaders du RPM après le coup d’État de leur régime. Le président Bokari Tréta, entouré du secrétaire général et de la présidente des femmes du parti, est apparu sous le choc. Se retrouver autour d’une rencontre sans le président fondateur du parti est une première, affirme Dr Bokari Tréta. Donc, un moment de tristesse pour tout le parti, décrit-il d’une serrée et inaudible. Envahi par les émotions, il craque et se fond en larmes, suivi par de nombreux militants et cadres du parti.

« On se retrouve sans IBK, ce n’est pas parce que nous n’avons pas été dignes. Pas parce que nous n’avions pas souhaité que les choses se passent autrement. Pas parce que nous nous ne sommes pas battus. Nous avons tenté au mieux de ce que nous pouvons faire. Mais aujourd’hui ce grand projet a été renversé par un coup d’État miliaire parce que n’ayant pas satisfait les attentes des Maliens », a-t-il expliqué.

Il s’est adressé à ses militants dans un speech inhabituel. Il a tenté de dresser le bilan des sept années de gouvernance du président IBK.  Il est parvenu à une conclusion sans appel marquée par beaucoup de regrets et d’insatisfactions. « L’engagement et la dignité avec lesquels le peuple du RPM s’était mobilisé pour élire IBK n’ont pas été au rendez-vous dans la gestion du pouvoir », a regretté Bokari Tréta. Le parti s’est affaibli avec le clanisme qui a finalement pris le dessus sur l’esprit collectif qui devait prévaloir.

Au-delà de la grande famille RPM, c’est une grande partie du peuple malien qui subit cette débâcle de la gouvernance d’IBK. Pour le Président du RPM, les Maliens ont eu le sentiment que le portail politique n’a pas été à la hauteur de leurs attentes. « Nous avons fait beaucoup de frustrés, beaucoup d’insatisfaits. Notre gestion a connu beaucoup de lacunes », a-t-il également ajouté.

Toutefois, le parti est responsable et le RPM doit accepter et assumer que le coup d’État du 18 août est consécutif à l’échec dont le parti est responsable, tranche Tréta. Les sept ans de gouvernance ponctuée de scandale de corruption, de favoritisme ne sont pas seulement à l’actif du président d’IBK. Bien au contraire. Le parti a aussi sa part de responsabilité pour avoir manqué d’audace et de courage de dire certaines vérités au chef, déclare-t-il. Pour Tréta, IBK a manqué de conseils avisés.

« Dans notre parcours, l’histoire demandera qu’est-ce que le RPM a conseillé à IBK pour éviter que ce qui nous arrive arrivât. Est-ce qu’on a pu conseiller ? Personne ne pourra dire : oui notre groupe était contre telle décision hier; alors qu’aujourd’hui on n’a le regret de reconnaître que c’était la position à défendre. C’est dans cette position qu’il fallait amener IBK à prendre des décisions difficiles. Mais on n’a pas eu le courage, la dignité de le faire », regrette le président du RPM.

Bourama Kéïta

Malick Diancoumba

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