lundi 6 décembre 2021
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Aoua Kéïta : La femme dont on doit toujours se souvenir

Aoua Kéïta était une sage-femme, militante et une femme politique malienne. Elle est née en 1912 à Bamako (ex-Soudan français, actuel Mali) et est décédée le 7 mai1980. Elle fut une figure emblématique dans la lutte pour l’Indépendance nationale du Mali, du syndicalisme et de la promotion féminine dans son pays. Une femme pas comme les autres ; donc, qui doit servir d’exemple à toutes les générations montantes du Mali libre et démocratique.

Aoua Kéïta, née en 1912, ici à Bamako, était la fille de Karamoko (originaire de Kouroussa, Guinée française de l’époque) et de Mariam Coulibaly. Son père fut un ancien combattant de l’armée française employé ensuite dans l’administration coloniale à Bamako. Ce qui lui permettait d’entretenir sa large famille, il était polygame. En 1923, il inscrivit sa fille Aoua à l’école primaire de Bamako, cela  pour plaire à l’administration française qui avait du mal à recruter des élèves pour l’école de filles locale. Il se signalait ainsi par une certaine capacité à dépasser la distribution traditionnelle des rôles entre femmes et hommes qui ne fut d’ailleurs pas du goût de tous, à commencer par la propre mère d’Aoua qui désapprouvait cette transgression des usages.

Après ses études primaires à l’École des filles, la petite Aoua Kéïta fréquenta le Foyer des métisses de Bamako, puis poursuivit ses études à l’École africaine de médecine et de pharmacie de Dakar, de 1928 à 1931, où elle obtint un diplôme de sage-femme. Elle exerça d’abord son métier à Gao, puis à Tougan, Kayes, Niono, Kokry, Markala et Nara.

Elle a été épousée en 1935 par Daouda Diawara, un médecin auxiliaire qu’elle avait rencontré à l’école de Dakar. Mais ils finissent par divorcer en 1949 après quatorze ans de vie commune, sous pression familiale dans la mesure où ils n’étaient pas parvenus à avoir un enfant. Elle se remaria plus tard une seconde fois.

Aoua Keïta a été une militante politique, combattante pour l’Indépendance du Soudan français.

Dès 1946, elle rejoint l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA).

En 1950, elle est mutée à Gao. Elle renonce l’année suivante à la nationalité française et se trouve toujours à Gao lors des élections de 1951, alors que tous les autres fonctionnaires militants de l’US-RDA ont été mutés à l’approche des élections par l’administration coloniale qui soutient le camp adverse. Aoua Kéïta joue alors un rôle important dans la victoire du parti US-RDA à ces élections et dans la transparence du vote, n’hésitant pas à s’opposer publiquement aux officiers français qui tentaient d’en entraver le bon déroulement.

À la suite des élections, elle est donc mutée à son tour pour raisons disciplinaires. Elle est envoyée à Bignona (dans la Région de Casamance), au Sénégal, puis dans la localité de Nara (Soudan français) et, enfin, à la maternité de Kati ( à 15 km de Bamako). Elle y fonde le Mouvement intersyndical féminin qu’elle représente en 1957 au Congrès constitutif de l’Union générale des travailleurs de l’Afrique noire.

Militante syndicale, elle est élue au Bureau des Syndicats des travailleurs du Soudan en 1957. Son militantisme aura comme conséquence ses multiples mutations pour raisons disciplinaires.

En 1958, elle entre au Bureau politique national de l’US-RDA, c’est alors la seule femme, et est nommée membre du Comité constitutionnel de la République soudanaise. Elle est élue en 1959 députée de la Fédération du Mali, à Sikasso. C’est alors la première femme malienne à être élue à ce poste. À ce titre, elle participe à l’élaboration de la constitution de la fédération. Elle jouera un rôle politique de premier plan, aux côtés de Modibo Kéïta jusqu’au coup d’État militaire de 1968. Elle a été également la seule femme à prendre part, en 1962, à l’élaboration du Code malien du mariage et de la tutelle qui fut une grande avancée pour les Droits de la femme au Mali.

Elle représente le Mali en juillet 1959 à la rencontre constitutive de l’Union des femmes de l’Afrique de l’Ouest, à Bamako.

Elle est à l’origine de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), promulguée par l’ONU et l’OUA le 31 juillet 1962.

En 1962, Aoua Kéïta participa activement à la conférence des femmes de Dar es Salam, en Tanzanie, qui donna naissance à l’Organisation panafricaine des femmes.

En 1975, elle publie «Femme d’Afrique ». ...

Le coup d’État militaire de Moussa Traoré, en 1968, marque la fin de sa carrière politique. Elle quitte alors le Mali et rejoint son second mari en République du Congo en 1970 pour ne rentrer au Mali qu’en 1979, et mourra un an plus tard à l’âge de 67 ans.

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