dimanche 27 septembre 2020
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AGGRAVATION DE LA CRISE POLITIQUE : L’INCONGRUITÉ DE TROP D’IBK

Les Maliens, dans leur écrasante majorité, garderont longtemps une image des plus répulsives d’Ibrahim Boubacar Keïta dans son attitude méprisante face aux responsables du M5-RFP le dimanche 5 juillet. Son rejet du Mémorandum de la plateforme de la contestation citoyenne est, peut-être, le dernier avatar d’une triste histoire pour lui.

Pour la énième fois, IBK prouve qu’il n’a ni respect ni considération pour qui que ce soit, singulièrement pour le peuple malien, même s’il a toujours proclamé vouloir faire l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens. Il apparaît évident, pour peu que l’on piste sa posture d’Empereur gaulois ou de procurateur de Rome, que l’incongruité est la trame de sa gouvernance; il est inutile d’espérer qu’on puisse le guérir de cette maladie politicienne. Lui, c’est lui, petit dieu perché du haut de l’Olympe, version tropicale du 21e siècle de Louis XIV qui bombait son torse et tapait sur sa poitrine en disant : « L’État, c’est moi ». C’est que Jupiter a ceci de déroutant et d’aptitude au jeu de petit vilain tour qu’il sait autant reconnaître les siens tout en rendant fous ceux qu’il veut perdre.
IBK a poussé le mépris jusqu’à ne même pas mentionner le Mémorandum du M5-RFP lors de l’audience du dimanche, entrevue que beaucoup de nos concitoyens, jusque dans le premier cercle de ses propres affidés, espéraient que ce fût une aubaine inespérée pour vaincre définitivement le démon de la discorde. Que non! En renvoyant le M5-RFP à un dialogue qu’il sait d’avance impossible, ou infructueux s’il a lieu, avec les partis et regroupements politiques de la majorité présidentielle, IBK a mis en branle l’incongruité de trop, la faute irréparable même. Il faut rappeler ici que le 15 juin 2020, l’EPM (Ensemble Pour le Mali), majorité présidentielle, avait déjà rencontré à sa demande le FSD (Front pour la Sauvegarde de la Démocratie), opposition et par ailleurs déjà poids lourd dans le M5-RFP depuis le 5 juin, au siège du chef de file de l’opposition nationale à Badalabougou (Bamako). Les échanges avaient convaincu la délégation du FSD de rester sur sa position, à savoir la démission d’IBK et son régime, réclamation du M5-RFP. Le FSD avait même saisi l’occasion d’inviter les visiteurs de la majorité présidentielle à rejoindre le M5-RFP dans son combat contre la nuisible gouvernance conduite par Ibrahim Boubacar Keïta. Il faut rappeler que cette rencontre de haut niveau du 15 juin entre la majorité présidentielle et l’opposition s’était déroulée exactement le lendemain même de l’adresse à la nation d’IBK, le 14 juin.
Revisitons donc le fameux message du président de la République chaudement alerté alors par la grande mobilisation citoyenne du vendredi 5 juin : « Mes chers compatriotes,
J’ai suivi avec attention les récents évènements qui se sont déroulés dans notre pays. J’ai entendu les colères et les cris. J’ai entendu les revendications et les interpellations. Chaque Malien qui souffre ou qui manifeste, m’interpelle et mérite mon attention, car ma mission est de servir le Mali.
J’œuvre sans relâche à ce que chaque Malien puisse se nourrir et nourrir sa famille. Je travaille à ce que les Maliens puissent accéder aux denrées de première nécessité et à des coûts raisonnables.
Je veux que vous puissiez envoyer vos enfants à l’école afin de leur offrir un avenir certain, que vous puissiez accéder à des services de santé de qualité dans un pays au sein duquel la sécurité est assurée sur l’ensemble du territoire. J’œuvre afin que le marché de l’emploi soit également plus accessible aux Maliennes et aux Maliens, quel que soit leur âge ou leur catégorie socioprofessionnelle.
Chers compatriotes, vous méritez une Nation forte et fière. Je vous ai compris, et c’est cela la lourde responsabilité que j’ai envers vous ».
Ce discours officiel et solennel, qui a sonné aux oreilles bien curées des Maliens comme un adroit mea culpa du chef de l’État, qui s’engageait donc, on l’a cru ainsi, à réparer tous les torts faits au Mali et aux Maliens, n’en fut rien, si ce n’est une feinte rusée dont la ressemblance avec le mensonge d’État, une fois de plus, accouchera volontiers de deux jumelles ou d’un jumeau avec sa soeur.
Le temps passera, trépidant, au pas de course, et donnera le vendredi 19 juin, jour de gigantesque mobilisation qui a vu les Maliens se tenir debout sur les remparts partout dans le monde. Ce jour, par une autre incongruité historique, IBK refuse de recevoir la délégation citoyenne mandatée par les représentants du peuple à aller lui remettre la lettre de demande de démission. Quatre jours après ce faux bond fait à la conscience nationale citoyenne, les partis et regroupements politiques de la majorité présidentielle demandent à être reçus par le M5-RFP, rencontre qui aura lieu, le 23 juin, au siège de la C.M.A.S. La rencontre accouchera d’une souris que même le chat ne guette pas. Et nous voilà au 5 juillet quand IBK suggère au M5-RFP d’aller encore discuter avec cette majorité présidentielle qu’il a lui-même qualifiée naguère de dolosive. Message en l’air pour éclairer une réponse qui déroulera bientôt son rouleau compresseur.
Amadou Diallo

Malick Diancoumba

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