dimanche 20 septembre 2020
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Bamako (Mali), Le 27 nov. 2015 - Thierno Amadou Omar Hass Diallo, Ministre des affaires religieuses et du culte.

Réélection d’IBK en 2018 : Les frasques du Ministre Thierno Hass Diallo

Le Ministre du Culte ne finit plus de faire parler de lui. En l’espace de deux semaines, il s’est vu malmené par les deux communautés religieuses les plus importantes du Mali à savoir : les musulmans et les chrétiens. La faute à son attachement viscéral, voire maladif à la réélection d’IBK en 2018.

C’est à croire que depuis un certain temps, Thierno Hass Diallo ne rêve et ne jure que par la réélection d’IBK en 2018. Celui à qui on prête d’appeler le locataire de Koulouba «Tonton» ne fait rien pour démentir cela tant les actes qu’ils posent au quotidien concourent à confirmer cette rumeur.  Celui qui, depuis un certain temps, s’est érigé en un chantre d’IBK n’arrive plus à choisir d’espaces qui s’y prêtent. Il lui suffit d’un groupement de personnes, pour qu’il saute sur l’occasion  et d’appeler à voter pour IBK en 2018. Une attitude qui finira par le trahir lors du pèlerinage chrétien à Kita. Devant une foule de croyants venus implorer le Seigneur et prier pour le Mali, le Ministre du Culte, n’a trouvé autres choses à faire et à dire si ce n’est de vouloir dévier ceux-ci de la voie divine pour les ramener à des choses temporelles. Il appela sans hésiter les Chrétiens du Mali à voter pour la réélection d’IBK en 2018. Dans la solennité et la courtoisie, il lui a été enjoint de changer de discours.  Et dire qu’il faisait miroiter des actes du Président de la République à la Communauté chrétienne, comme si celle-ci, en ces lieux de pèlerinage, n’avait d’autres préoccupations que mondaines. Hélas, c’était de méconnaitre la foi des Chrétiens et leur volonté d’écarter la politique de l’enceinte de l’église.

Penser que l’accueil réservé à sa déclaration de Kita allait tempérer les ardeurs de l’Homme, c’est mal connaître celui qui ne jure désormais que par IBK. Selon un fidèle musulman, qui a pris part au prêche d’Ousmane Chérif Madani Haïdara, le Ministre du Culte a été hué et, ce, après avoir dit qu’il était à la cérémonie pour représenter le Président de la République. En tant que Ministre du Culte, c’est son devoir d’être aux côtés des communautés religieuses, mais de là à insister qu’il était à la cérémonie au nom d’IBK a quelque peu irrité des fidèles musulmans.

Ces frasques de Thierno trouvent une seule explication : passer pour un gros bosseur pour la réélection d’IBK afin d’échapper au débarquage lors du ou des prochains remaniements ministériels. Lui, qui n’a  aucune base politique ni associations fortes pour militer en faveur de la réélection de son mentor, veut se «mettre dans la poche» les Religieux, eux, et leur puissante capacité de faiseur de Roi.  S’il y parvenait, à n’en pas douter, il serait un incontournable aux yeux non seulement du Président IBK mais aussi du RPM, un parti qui a la mauvaise manie de casser tous ceux qui ne sont pas de leur bord politique. Mais son petit jeu semble avoir été découvert. Et c’est sans hypocrisie que les communautés religieuses le lui font savoir.

Pour l’anecdote

Thierno n’est pas à son coup d’essai. Il a la réputation d’être un bon «chien de garde». Votre serviteur se souvient d’une scène cocasse entre Thierno Hass Diallo et les membres de l’AMSUNEEM. Cette scène s’est déroulée  à la Pyramide du Souvenir où Thierno Hass était Directeur à l’époque. Ce jour là, les membres de l’AMSUNEEM, les camarades d’Abdoul Karim Camara dit Cabral (assassiné par le régime dictatorial de Moussa Traoré) tenaient une de leurs rares réunions ; c’était vers la fin du régime d’ATT. Au présidium étaient installés des personnalités dont Aly Nouhoum Diallo. Pour qui connaît la grande salle de conférence de la Pyramide du Souvenir, plusieurs figures sont immortalisées par nos artistes sur du Bogolan. Celle de l’ex Président Amadou Toumani Touré (ATT) était juste au-dessus du présidium.  Un des membres a demandé à ce qu’on descende cette photo; car, prétextait-il, ATT avait «trahi la cause». Une suggestion qui a été approuvée par tous à l’unanimité. Ainsi dit, ainsi fait. C’était sans compter sur le Directeur des lieux qui avait infiltré ses taupes pour avoir ensuite un compte-rendu fidèle. C’est de la bonne guerre. Alors, dès que la photo fut descendue, moins de cinq minutes après, Thierno était dans la salle, tout…rouge pour demander à ce qu’on remette la photo à sa place. Car, disait-il, l’AMSUNEEM doit du «respect au Président de la République ; puisque c’est une Institution ». Ne manquant jamais de réplique, surtout acerbes, Aly Nouhoum lui dira qu’il y a des photos officielles du Président de la République qui doivent figurer dans les administrations et services d’Etat, et que cette dernière en bogolan n’en était pas une. Pris de court, Thierno court dans son Bureau décroché la photo officielle du Président pour le remettre avec une pointe et un marteau à un jeune Homme pour venir la fixer au-dessus du Présidium alors même que la cérémonie avait débuté. Le jeune Homme n’aura pas plus de chance, il a été renvoyé comme un malpropre. L’histoire prenait fin. Que non, Thierno, très fâcheux, est revenu à la charge cette fois-ci avec pour but de fixer lui même la photo d’ATT au-dessus du présidium. C’est là que le bouillant PPR, qui jusque là était resté incroyablement calme se contentant d’observer a bondi de sa chaise pour en découdre avec Thierno dont l’acte lui paraissant pour le coup des plus insolents. Il a fallu l’agilité de certaines jambes pour s’interposer entre les deux Hommes.  Ayant pris peur ; car, voyant la tournure que s’apprêtait à prendre la chose et connaissant la détermination de son vis-à-vis, Thierno a eu à rouler beaucoup de R avant de disparaître sans demander ses restes.

C’est dire combien l’Homme peut être absurde quand il s’agit pour lui de défendre ses «patrons». Alors, ne soyez pas étonné qu’après la scène de Kita et du prêche d’Ousmane Cherif Madani Haïdara  qu’il revienne à la charge dans des confréries et même au sein de ses mêmes communautés pour demander de voter pour IBK en 2018. Ça s’appelle la bêtise, et, comme disait un célèbre penseur, elle insiste toujours.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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