samedi 4 décembre 2021
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Le Président de la Jeunesse URD, Abdramane Diarra autour des trois ans d’IBK

A propos du bilan des trois ans d’IBK, Abdramane Diarra s’est confié à notre Reporter en ces termes : «Choisi pour trouver des solutions aux problèmes des Maliens, IBK est venu les aggraver ». Donc, c’est sans gant que le Président du mouvement des jeunes de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) a descendu en flamme le bilan des trois ans de gouvernance du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. Dans l’entretien qui suit, il revient sur les «tares» de la loi électorale et l’ambition de son parti de faire de Soumaïla Cissé le successeur d’IBK.

 

LE COMBAT : Monsieur Abdramane Diarra, quel bilan faites-vous des trois ans du régime en place?

Abdramane Diarra : Nous, en tant que jeunes, nous pensons que ce régime rend sombre notre horizon. La jeunesse est en quête d’espérance qui est aujourd’hui une denrée très rare au Mali. IBK a été élu pour un certain nombre de besoins prioritaires, parmi lesquels la lutte contre l’insécurité grandissante, la libération du Nord Mali et la lutte contre le chômage des jeunes. Mais, aujourd’hui, force est de constater que la situation s’est empirée sur tous les fronts. Au niveau de l’URD, nous l’avons dit, depuis le début de son mandat, qu’il est difficile pour un régime d’exercer le pouvoir sans planification et sans vision. Aujourd’hui, le sport favori du régime est le tâtonnement et l’improvisation.

Le projet de société « Le Mali d’abord », c’est du tâtonnement, selon vous ?

Cela ne doit pas se résumer aux simples paroles. Après le départ d’Oumar Tatam Ly, Moussa Mara, en voulant profiter d’IBK et de son régime, quand il a été nommé Premier Ministre, a colmaté une Déclaration de Politique Générale (DPG) qu’il a présenté à l’Assemblée Nationale. Une déclaration qui n’a pas, en son temps, reçu le vote de l’opposition. C’est pourquoi je parle de tâtonnement. Quand on vient au pouvoir, on doit avoir son agenda politique. Cela ne doit pas se faire en cours d’exercice du mandat comme c’est le cas actuellement.

Dans le cas du Mali, où tout semble être prioritaire, est ce que cela ne complique pas les choses davantage?

Je ne pense pas. Si le Président de la République portait le Mali dans son cœur, comme il aime à le dire, il a eu la chance de recevoir son challenger à son domicile. Ce n’était pas une question de personne mais c’était pour le Mali. Parce que le Président Soumaïla Cissé a estimé à l’époque que le Mali vivait une crise compliquée et que le pays avait besoin d’un régime légitimement mis en place qui puisse le sortir des problèmes. C’était une opportunité que Soumaïla avait offert à IBK en son temps. Mais, malheureusement, je ne pense pas qu’il l’avait compris. Parce que, et malheureusement encore, juste après ce rendez-vous, Soumaïla Cissé, pour revoir IBK, il lui a fallu le dire dans les colonnes de Jeune Afrique que ça fait trois mois qu’il ne parvenait pas à le voir. C’est pour dire qu’IBK a la chance d’avoir une opposition républicaine et constructive qui mène des actions non pas pour pousser le Peuple à casser les biens publics, mais plutôt de proposer des actions de réflexions pour partager leur vision avec les autorités en place afin qu’elles puissent corriger les insuffisances qui sont tellement nombreuses pour sortir le pays de l’ornière. Mais, le Président IBK n’est pas de cet avis. L’opposition, à chaque fois, pour des questions de l’heure, adresse des correspondances soit au Président de la République en personne soit au Premier Ministre. Mais, malheureusement, aucune de ses lettres n’a connu de suite. Il n’y a même pas d’accusés de réception à fortiori des réponses proprement dites. C’est pourquoi je dis que, quelque soit le problème, si on met l’Homme au centre, si on privilégie le dialogue, on trouvera toujours la solution escomptée. Au Mali, ce qui manque aujourd’hui c’est beaucoup plus le dialogue. A entendre les communiqués du gouvernement, tous les problèmes du Mali se résume à la crise du Nord. Mais, cette crise du Nord n’est pas la première. Ces instabilités sont là depuis les années 60. Il y a toujours eu des accords dont les mises en œuvre ont connue d’énormes difficultés. Alors, cette fois-ci, où le Mali à vu à ses chevets une solidarité internationale pour l’aider à sortir de la crise, IBK devait privilégier le dialogue. C’est-à-dire qu’il devait réunir tous les acteurs, recueillir les opinions de toutes les parties prenantes ; c’est avec cela qu’au niveau de la médiation, à Alger, qu’on aurait pu avoir un accord qui serait plus applicable que le document qu’on a aujourd’hui.

L’opposition rejette purement et simplement le projet de loi électorale, pourquoi ?

Le projet de loi électorale n’échappe pas à la théorie du dialogue dont je viens de parler. Vous savez qu’en Afrique, on parle beaucoup de gestion de crises postélectorales ; mais, il faut qu’on parle aussi de prévention de crises préélectorales. Un projet de texte dans le processus électoral doit faire l’objet de démarches consensuelles, inclusives auprès de tous les acteurs. Cela permet de tenir compte des inquiétudes et des sensibilités de tous ces acteurs. En cas d’élections, quelques soit les conclusions, les acteurs feront tiens les résultats qui en sortiront. Vous savez, le projet de loi qui se trouve présentement sur la table du Président de l’Assemblée Nationale, est un texte qui apporte pas mal d’innovations. Et une innovation en politique n’est pas forcement une bonne chose ; surtout, si elle n’est pas initiée de façon inclusive et consensuelle. Pour être Président de la République, ce projet de loi exige que le candidat soit parrainé par 15 Députés et 5 Conseillers nationaux et payer la somme de 35 millions comme caution. Cette innovation a tendance à barrer la route à certains candidats. Et, je pense que si le Mali doit aller sur ce système de grands électeurs comme c’est le cas aux Etats-Unis, cela doit être l’émanation du Peuple souverain du Mali. Ce n’est pas un gouvernement qui peut décider d’une transformation aussi majeure de notre processus électoral. Je dirais que mise à part cela, la question de la suppléance des Députés est traitée par ce code électoral. Ce genre de démarche doit faire l’objet de concertations entre toutes les parties prenantes. Mais, c’est ce qui n’a pas été fait. Je pense que c’est une entorse à la démocratie malienne. L’opposition démocratique et républicaine que nous animons ne saurait accepter une telle dérive de la part de ce pouvoir. C’est pourquoi, au-delà des correspondances et des méthodes ordinaires que nous avions toujours employé, nous comptons faire une forte mobilisation pour que le gouvernement retire ce projet de loi et revienne au dialogue avec tous les acteurs politiques. Ce n’est pas du fait de l’opposition seulement ; il ya un texte de l’Union Africaine qui est traduit par un protocole de la CEDEAO sur les élections qui dit qu’à six mois avant les élections (communales prévues pour le 20 novembre Ndlr) on ne doit pas toucher aux textes régissant les élections. Donc, rien que par respect pour la République du Mali et la nation, le gouvernement doit accepter cette fois-ci d’être audible et retirer ce projet de loi dont l’adoption pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de notre pays.

2018, c’est dans deux. En tant que Président de la jeunesse et, donc, cheville ouvrière de la mobilisation, peut-on savoir comment envisagez-vous la présidentielle?

L’URD se porte très bien. Pour l’URD, la présidentielle est un exercice, nous avons un projet de société qui tient compte des aspirations des populations maliennes dans leurs composantes et sensibilités. Malgré que nous soyons dans l’opposition, notre parti ne cesse d’enregistrer des adhésions tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays et au sein de la diaspora. La dernière en date est celle de l’association «Débout la République», le samedi dernier. Comme pour dire que tous les jeunes ne sont pas que pour les solutions les plus faciles. Parce qu’en venant dans l’opposition, ils savent tout ce que l’opposition endure comme injustice dans un pays comme le nôtre. Donc, si ces jeunes ont décidé de venir dans l’opposition c’est que quelque part ils sont d’accord avec le leadership du Président de l’URD et avec sa façon de travailler et les idées des hommes et des femmes qui animent l’URD. Ceci étant, si toutes les conditions sont réunies, nous pensons qu’il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas faire élire notre Leader Soumaïla Cissé, Chef de file de l’opposition, comme Président de la République. Aujourd’hui, rien qu’à écouter les Maliens dans les rues on comprend que quasiment tous les électeurs ont regretté. Car, on n’entend que le terme : « On a regretté ». Même du côté des Religieux. Soumaïla Cissé, est une perle rare. Mais, on comprend, l’élection de 2013 s’est passée dans des conditions troubles, le Peuple a été téléguidé vers le mauvais choix qui est celui d’IBK. Choisi pour trouver des solutions aux problèmes des Maliens, IBK est venu les aggraver. Nous prions le bon Dieu que 2018 arrive dans des bonnes conditions et que le Peule ait l’occasion de se racheter et faire le bon choix ; à savoir celui de Soumaïla Cissé pour sortir le Mali de l’ornière.

Réalisée par Mohamed Dagnoko

COULIBALY

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