jeudi 2 décembre 2021
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Françafrique : Que fait la France en Afrique ?

« Je suis fier de l’œuvre coloniale de la France. Il n’y a que les intello-gaucho-masochistes pour critiquer cela. C’est pourtant une image superbe de la France ».

Jacques Chirac, Libération, 12/03/1988

Quarante ans de Françafrique, ce sont des millions de morts, des centaines de milliards de francs détournés, des peuples méprisés, des milliers d’assassinats :

Génocides, massacres, tortures : massacre des Bamilékés au Cameroun de 1957 à 1970 (des centaines de milliers de victimes), complicité de génocide au Rwanda en 1994* (un million de morts), litanie de massacres au Tchad (au moins 100 000 morts depuis 1980, des dizaines de milliers de personnes violées et torturées), installation, formation, équipement et absolution de polices tortionnaires, etc.

Des assassinats de personnalités symbolisant l‘émancipation de l’Afrique : les présidents togolais et burkinabè Sylvanus Olympio(1963) et Thomas Sankara(1987), l’assassinat en plein centre de Paris de l’opposant tchadien Outel Bono (1973) ou de Dulcie September, représentante du parti anti- apartheid de Nelson Mandela (1988), etc. Sans compter les innombrables assassinats ou morts sous la torture de “gêneurs” ordinaires, tel le journaliste burkinabè Norbert Zongo (1998).

Des assassinats de ressortissants français : notamment au Cameroun (plusieurs prêtres et religieux), en Guinée équatoriale, à Djibouti (assassinat du juge Borrel en 1995).

Des guerres : guerre du Biafra en 1967, guerre civile en Angola de 1975 à 2001, au Liberia entre 1989 et 2003, en Sierra Leone depuis 1991, au Congo- Brazzaville (1997-2003). Quelque trois millions et demi de morts au total.

L’investiture “démocratique” des dictateurs par un truquage systématique des élections (au Cameroun, au Togo, au Tchad, au Gabon, à Djibouti, en Mauritanie, au Congo-Brazzaville, etc.).

Une incroyable prédation des richesses pétrolières, minières et agricoles, remplacées par une dette abyssale et inique.**

Cette liste peut paraître caricaturale. Elle n’est pourtant pas exhaustive. Vous trouverez des exemples précis dans les ouvrages présentés en bibliographie. Attention, nous n’affirmons pas que seuls les réseaux français cités précédemment sont la cause de ces atrocités. Nous affirmons néanmoins que toutes ces opérations ont, au minimum, reçu des soutiens logistiques, militaires ou financiers français. La responsabilité de nombre de nos représentants politiques est en jeu. Tous les Présidents de la République et leurs Premiers ministres depuis 1958 cultivent ou tolèrent ce système devenu chaotique, incontrôlable et criminel, aux caisses noires gigantesques. L’opposition gauche/droite est largement dépassée. Presque toutes les personnalités de ces partis « de gouvernement » – c’est-à-dire les partis de droite et le PS – sont pris dans l’engrenage françafricain.

La Françafrique, c’est du passé ?

Ces dernières années, certains articles dans des journaux tels que Le Monde, Libération ou Le Figaro affirment : « la Françafrique, c’est fini ». Pourtant, les dictatures sont toujours en place, l’armée française toujours ingérente, la misère des peuples africains toujours criante, tandis que l’argent du pétrole remplit les coffres des paradis fiscaux. Les réseaux françafricains ne font pas partie du passé. Ils sont encore puissamment actifs, plus que jamais depuis la réélection de Jacques Chirac. Il suffira de contacter l’association Survie pour être informé des derniers épisodes en la matière.

Citons par exemple, à l’approche des élections présidentielles de 2007, les tournées africaines des deux candidats pressentis de l’UMP, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Un article de Libération du 6 décembre 2005 évoquant la possibilité d’une candidature indépendante de Dominique de Villepin faisait dire à un ministre chiraquien (resté anonyme) que l’actuel Premier Ministre n’aurait pas de mal à drainer des fonds car « certains chefs d’entreprise n’hésiteront pas à l’aider […] sans parler de ses réseaux dans la Françafrique.». Si c’est un ministre qui le dit !

Notons que depuis quelques années, la Françafrique est contaminée par la mondialisation, et, réciproquement, ses méthodes font école chez les acteurs de la mondialisation. Ainsi, depuis le scandale de l’Angolagate, on observe dans certaines régions d’Afrique centrale une inclusion de la Françafrique dans une Mafiafriqueconnectant les agents et les f lux financiers occultes des grandes puissances du globe, sous la houlette des principaux services secrets. Les structures de criminalité et de corruption ont de plus en plus une dimension planétaire. Le leadership américain – qui a toujours influencé le dispositif françafricain – cherche à mieux l’asservir ou le vassaliser dans le cadre de la  »nouvelle Guerre froide », ce qui accentue les clivages au sein des réseaux françafricains.

Sources : l’association Survie

COULIBALY

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