jeudi 21 septembre 2017
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Yoro Ouologuem, Maire de Kati : « Sur la question de la dégradation de notre route, j’ai personnellement interpelé le ministre du Désenclavement… »

Face à la multiplication des accidents sur les routes de Kati et bien d’autres questions de développement de cette ville d’entrée de la capitale, nous avons recueilli les propos du maire Yoro Ouologuem. Découvrez donc dans cette interview les actions qu’il a posées en moins de 10 mois de gestion.
Le Sursaut : Monsieur le maire, pouvez-vous vous présentez ainsi que votre commune à nos lecteurs ?
Yoro Ouologuem : Nous sommes là depuis les élections communales de novembre 2016. J’ai été installé le 22 décembre 2016 et j’ai pris fonction le 4 janvier 2017. Ensuite en même temps j’ai procédé à l’élection des maires adjoints le même jour. Il ya quatre maires adjoints dans notre mairie: le 1er est chargé des affaires religieuses, des arts de la culture et du patrimoine culturel ; le 2eme est chargé du domaine des affaires foncières, de l’éducation, de la communication, du jumelage et de la coopération ; le 3e est chargé des finances et des affaires économiques, de l’administration et des travaux publiques (TP), le 4e est chargé de la jeunesse, des sports, de la santé, de l’assainissement et de l’environnement.
Depuis votre élection à la tête de la mairie de Kati, peut-on savoir les domaines dans lesquels vous vous êtes investis ?
Y. O : Après une semaine, j ai mis mes adjoints en place et le travail a commencé. Parmi mes priorités, il y a l’assainissement, l’éducation, l’hydraulique, la santé. En matière d’assainissement, nous avons évacué le tas d’ordures qui se trouvait derrière la maison de la Femme sur la route de Samakébougou, nous avons évacué un tas d’ordures de 8 m3 à Kati-coura , nous avons commencé à évacuer le tas d’ordures qui se trouve derrière la brigade territoriale de la gendarmerie mais malheureusement la machine est tombée en panne, donc nous n’avons pas pu terminer cela. C’est un habitant de Kati qui a mis cette machine à notre disposition gratuitement. C’est le lieu pour moi de le saluer au nom de la mairie et au nom de la population de Kati. Nous avons également curé des caniveaux de 3656 m de longueur à un coût de 16 252 851Fcfa. Sur le plan éducatif, nous avons fait la visite des écoles de Kati, pour nous enquérir de l’état des classes. Dans le domaine de la santé nous avons visité les différents CSCOM, vu leur cadre de travail, fait un état des lieux et recensé leurs difficultés. Sur le plan environnemental, plus précisément dans le cadre de la libération des voies, nous avons fait plusieurs réunions avec les commerçants, les transporteurs pour pouvoir libérer la voie au niveau du rond-point du Cinquantenaire jusqu’au rond-point du marché. Le 10 septembre est l’ultimatum donné aux commerçants détaillants pour évacuer ces voies, qui partent des feux tricolores à l’école JPK, de la maison des jeunes, au pont sur la route de Kôco à côté du cercle. Dans le cadre de la coopération, le dépotoir final sera construit; les travaux commenceront le 20 septembre 2017. Il est financé à 11 millions FCFA par nos partenaires, la voie d’accès a été financée à 45 millions FCFA, ils nous ont promis une pelle charrue qui est en route en provenance d’Allemagne; elle coûte 56 millions FCFA.
Sur le domaine du foncier, nous avons fait un guide des usagers comportant tous les renseignements pour l’achat d’une parcelle (les transactions achat vente, les dossiers à fournir, les coûts sont énumérés…) Nous avons fait également un guide en Etat civil pour parler des mariages, des naissances et des décès.
Vous savez quand il y a naissance, dans les trente jours qui suivent, il faut faire la déclaration sinon la mairie ne peut plus délivrer l’acte de naissance. L’acte de naissance original est fait à 0 F tout comme l’acte de décès, c’est la copie qui coûte 100f.
Dans le cadre de la mobilisation des ressources ….. Quant on arrivait, on était à deux mois des salaires impayés. Nous avons pu rattraper ces deux mois, ça fait à peu près dans les 35 millions, qu’on a pu mobiliser pour recadrer ce retard. A l’heure où je vous parle nous sommes en règle vis-à-vis des salariés de la mairie. Depuis le 20 du mois (août 2017) nous avons entrepris des tournées d’informations et d’échanges entre nous et la population dans les quartiers de Kati. Au cours desquelles nous parlons des difficultés que nous rencontrons notamment au paiement de la TDR et celui de la taxe des douanes. Nous leur expliquons que nous ne pouvons rien faire sans eux. Nous, nous avons fait : Sananfara, Samakèbougou, Kati-côcô, Kati-coro et bientôt les autres quartiers. C’est pour vous dire que depuis que nous sommes là, nous accomplissons nos tâches.
La ville de Kati géographiquement, constitue l’entrée principale de la capitale pour les gros porteurs provenant des ports des pays frontaliers, dont le Sénégal et la Mauritanie. Cet état de fait expose sa population à des risques énormes, comment appréhendez-vous cette situation ?
Y. O : C’est une bonne question, le tronçon Mauritanie- Mali et le tronçon Sénégal-Mali, ces deux corridors représentent 63% du trafic au Mali. Il y a beaucoup de marchandises qui rentrent par ces deux routes et viennent se retrouver sur la route de Kati. La jonction c’est Kati, donc notre ville est devenue une plaque tournante très importante. Mais il se trouve que la route là est dégradée, la dégradation est très très avancée. Il y a des trous parfois de 50 cm de profondeur même 1m de largeur. C’est pour vous dire que cette route est devenue accidentogène. On l’a souligné, j’ai moi-même personnellement interpelé le ministre du Désenclavement et je lui ai écrit. Avec cet état de fait si on n’ y prend pas garde ça va occasionner beaucoup de dégâts ou beaucoup de pertes en vies humaines. Vous avez vu le 4 août passé le grave accident causant la mort de 5 personnes dont une femme enceinte de jumelles. Cela a été l’occasion pour que la population de Kati Sananfara se soulève. Ils m’ont cerné ; nous sommes allés et nous avons fait à peu près toute la journée là-bas, pour transporter tous les blessés à l’hôpital de Kati. Par là je profite de l’occasion pour saluer les jeunes de Sananfara ; toute la population de Sananfara qui s’est donnée la main pour évacuer les blessés et amener les morts à la morgue. Par la même occasion je salue ici M. Kanté, qui a offert à la commune de Kati à l’hôpital deux cartons remplis de médicaments, gratuitement. Nous tous, nous nous sommes rencontrés sur le lieu de l’accident : le Préfet ; le substitue du procureur ; le Commandant de brigade de la gendarmerie et moi-même le maire pour assister la population. C’est pour vous dire que cette route là est accidentogène ; l’état de la route y est pour beaucoup mais il y en a des défaillances techniques.
Après cet accident grave vous avez sorti un arrêté pour réglementer les trafics des gros porteurs sur la RN3. De quoi s’agit-il ? Pensez-vous que les mesures édictées dans cet arrêté sont suffisantes pour limiter les accidents sur les routes de Kati ? Sinon qu’est ce que vous envisagez de plus ?
Y. O : J’ai pris un arrêté pour dire qu’aucun gros porteur ne doit traverser la route de Kati avant 23 h et c’est ce qui est en cours actuellement, c’est en vigueur. Aucune mesure n’est satisfaisante mais pour le moment les accidents sont moindres et surtout les dégâts sont moindres. Avant hier il y a eu un accident, trois gros porteurs, il n’y a pas eu de perte en vie humaine, il n’y a eu qu’un blessé mais pas grave. J’en appelle aux autorités, deux réunions se sont même tenues : une au ministère des transports et l’autre à la direction nationale des transports pour revoir leurs dossiers car quand les véhicules sont entassés au niveau du poste ça crée un autre problème. Quand la vie humaine est en danger rien n’est plus important que ça. On est là à gérer les stationnements anarchiques des véhicules
Un dernier appel aux usages de la route et populations de Kati ?
Y. O : Nous demandons aux transporteurs de respecter le code de la route en même temps nous leur demandons de réviser leurs camions. Même avec cette révision l’état de la route reste une préoccupation.
Interview réalisée par Maïmouna Sidibé

Djibril Coulibaly

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