mardi 16 octobre 2018
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Violences concomitantes contre les populations civiles : La CNDH interpelle le Gouvernement et la MINUSMA

Rien que la semaine dernière, près d’une trentaine de personnes, majoritairement civiles, ont perdu la vie dans les attaques et embuscades dans le Centre et le Nord du pays. Une situation déplorable qui préoccupe la commission nationale des Droits de l’Homme et interpelle, à ce titre, le Gouvernement et la MINUSMA à veiller à la sécurité des personnes et des biens comme prescrit dans leurs missions régaliennes respectives.

Estimé à plus de 2000 enfin décembre dernier par Tiébilé Dramé, chef du parti politique PARENA, le nombre des victimes de la situation sécuritaire alarmante sévissant dans les Régions du Centre et du Nord  du pays va crescendo. Des attaques et embuscades, des rapts d’individus et répressions répétitives. Bref, tel est le quotidien des populations du Centre et du Nord depuis 2013.

En effet, depuis quelques années, la situation sécuritaire au Mali va de mal en pis. Nonobstant les innombrables promesses faites par le Gouvernement et la présence massive des forces étrangères et onusiennes dont  la MINUSMA, les populations civiles deviennent la proie facile pour les bandits armés opérant dans ces Régions.

Le dimanche dernier,  des Hommes armés non identifiés  sur moto ont fait une irruption dans le village d’Amalaoulaou de Tin Hama. Selon le bilan déclaré officiellement, 24 personnes ont été tuées par les assaillants qui ont, ensuite, disparu dans la nature. C’est pour condamner cette indifférence de l’Exécutif voire son immobilisme que la CNDH a rendu public le communiqué n°028-2018/CNDH dans lequel elle exprime « sa très vive préoccupation face aux violences persistantes perpétrées contre les populations civiles (assassinats, enlèvements, tortures, destructions des villages ou de hameaux entiers, etc.) au Centre et au Nord du pays avec de forts relents communautaires».

Face à ces crimes odieux et inadmissibles, la CNDH: -condamne avec la dernière énergie les attaques contre les populations civiles ; – invite le Gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités dans la protection des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national; – engage les autorités judiciaires compétentes à faire entreprendre des enquêtes impartiales, crédibles, transparentes et incisives en vue de poursuivre et juger toute personne impliquée dans ces crimes ; – sollicite une plus grande implication de la MINUSMA dans la protection des populations civiles conformément à son mandat tel qu’il résulte de la Résolution 2423 (2018) adoptée par le Conseil de Sécurité à l’issue de sa 8298e séance, le 28 juin 2018, dans l’aliéna (d) du paragraphe 38 qui charge la MINUSMA « d’assurer, sans préjudice de la responsabilité première des autorités maliennes, la protection des civils menacés de violences physiques (…)» en prenant «des mesures actives et robustes pour protéger les civils y compris en effectuant des patrouilles énergiques et efficaces dans les zones où les civils sont en danger, et atténuer les risques auxquels sont exposés les civils avant, pendant et après toute opération militaire» ; – exhorte l’ensemble des forces armées présentes sur le terrain à s’abstenir de toute attaque contre les populations civiles tout en protégeant celles-ci contre de telles agressions.

La MINUSMA discréditée

Six  ans après son installation, la Mission multidimensionnelle de l’ONU au Mali n’a jusque-là pas fourni des résultats escomptés. La mauvaise situation sécuritaire demeure jusque-là assez critique sur l’ensemble du territoire national, au regard de la récurrence des attaques terroristes perpétrées à la longueur des journées par les bandits armés contre les populations civiles et les Forces armées et de sécurité nationale, africaines et étrangères.

Ce phénomène qui est indexé comme l’épicentre de toute instabilité sécuritaire du pays et la force des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) n’a pas montré assez de preuves pour le maintien de la paix et de la sécurité au Mali malgré qu’elle compte plus de 12.000 agents. Faut-il souligner que la force de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies a pour rôle de maintenir ou de rétablir la paix et la sécurité internationale sur ordre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette force a été envoyée au Mali pour protéger les populations civiles et servir de force d’interposition. Ce, en surveillant l’application du cessez-le-feu entre la CMA, la Plateforme et les FAMA dans le Nord ; en désarmant et démobilisant les combattants;  en protégeant les populations civiles;  en faisant du maintien de l’ordre;  en assurant le maintien des droits de l’Homme; en protégeant les Réfugiés, en soutenant le processus de paix et de réconciliation nationale au Mali, et, enfin, en appuyant des opérations humanitaires. Tels étaient les objectifs assignés à la MINUSMA dans le cadre de sa mission à effectuer dans le septentrion malien.

Mais qu’a-t-elle fait  depuis le début de la crise sécuritaire au Mali?

Les populations civiles dorment  chaque jour avec  la peur au ventre et deviennent quotidiennement victimes du phénomène d’insécurité à travers des actes odieux, ignobles et barbares des Groupes armés du Nord. Il faut signaler que les assaillants sont désormais proches des grandes agglomérations du Centre et du Nord du pays.

Seydou Konaté : LE COMBAT

 

Rédaction

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