samedi 25 novembre 2017
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Tentative de pugilat à l’Ambassade du Mali au Gabon après la découverte d’un réseau de faussaires du laissez-passer malien

Il a été découvert récemment l’existence d’un réseau de faussaires établi à Libreville, de façon illégale, confectionnant le laissez-passer malien, en imitant ainsi la signature du conseiller consulaire. L’ambassadeur du Mali au Gabon, M. Diadié Yacouba Dagnoko, dès qu’il a découvert ce faux et usage de faux puni par la loi, a pris de nouvelles dispositions pour contourner les faussaires. Vu l’ampleur de la situation, il décide de changer le format de ce document de voyage en ramenant sa validité à un mois au lieu de six afin de le sécuriser.
Toutefois, un groupuscule de compatriotes, trouvant ce délai trop court, se sont rassemblés, lundi 7 août 2017, à la mission diplomatique afin de protester contre les mesures.
Le chef de la mission diplomatique, informé à la veille par le ministre des maliens de l’extérieur des manifestations prévues à la Chancellerie, a fait appel aux forces de sécurité pour assurer la sécurité des locaux et du personnel diplomatique, comme prévue par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Cette Convention règle les rapports diplomatiques entre États, l’immunité du personnel diplomatique et l’inviolabilité des Ambassades.
La personne de l’agent diplomatique, selon la Convention de Vienne, est inviolable. Sa sécurité doit être totale sur le territoire de l’État accréditaire, qui a l’obligation d’empêcher toute atteinte à sa personne, à sa liberté et à sa dignité. Les locaux diplomatiques sont inviolables. Leur protection doit être assurée par l’État accréditaire.
Lorsque les manifestants sont arrivés, l’Ambassadeur est venu leur expliquer le bien-fondé de la nouvelle disposition tout en leur disant également qu’il est disposé à ramener la validité du laissez-passer à six mois mais que « nous devons œuvrer tous ensemble pour donner une bonne image de notre pays à l’étranger » et lutter contre le faux et usage de faux.
Cependant, son discours a été interrompu par des individus préférant des grossièretés et des injures inacceptables.
Ces compatriotes ont exigé le départ des policiers dont la présence pour eux est anormale, ignorant toutefois que ces mesures de sécurité ont été prises selon la Convention de Vienne.
Par ailleurs, nous avons reconnu certains membres de la section RPM (Rassemblement pour le Mali) et du bureau de Conseil des Maliens du Gabon (COMAGA) parmi les manifestants avec des comportements inciviques et antirépublicains en disant et surtout en prenant exemple sur l’agression du président Dioncounda Traoré: « L’ancien président par intérim avait été sérieusement malmené, nous allons faire la même chose « , a dit un militant du parti présidentiel. Par contre, le secrétaire général du COMAGA M. Kalilou Sofara et M. Nomogo du RPM ont beaucoup joué à l’apaisement pour éviter le pire.
Et d’autres compatriotes, respectueux des lois et des valeurs républicaines, ont beaucoup sensibilisé les manifestants, leur expliquant que c’est l’État qui doit faire partir un Ambassadeur et non les citoyens. Les manifestants ont exigé également le retour immédiat de l’Ambassadeur au Mali, estimant que c’est un ancien Ambassadeur et que ce dernier refuse de partir, après son rappel par les autorités de Bamako.
En réalité, le diplomate malien attend que les conditions de son rapatriement réunies. Il importe de préciser que le retour d’un Ambassadeur en fin de mission se fait sur les frais de l’Etat. Et les autorités de Bamako n’ont pas encore fini de réunir toutes les conditions de voyage du représentant du gouvernement malien. Notons aussi que M. Diadié Yacouba Dagnoko est un homme très apprécié par la majorité de ses compatriotes et qui est à l’origine de beaucoup des réformes, comme la lutte contre la corruption, le clientélisme, le favoritisme, au sein de la mission diplomatique.

Une délégation du CSDM Gabon en visite à l’Ambassade
C’est après cet incident malheureux et incivique survenu le lundi 7 août 2017 que l’Ambassadeur reçoit la visite d’une délégation du Conseil Supérieur de la diaspora malienne du Gabon (CSDMG), conduite par son président M. Demba Keita, qui est venue lui apporter leur soutien inconditionnel et sans réserve. Ainsi, le Conseil Supérieur de la diaspora malienne du Gabon, par la voix de son président, a exprimé à Son Excellence M. Diadié Yacouba Dagnoko, leur soutien sans réserve dans son combat républicain pour défendre et sauvegarder les intérêts des maliens de la diaspora et à faire respecter les lois et règlements de la République. Le CSDMG condamne les comportements antirépublicains et inciviques d’un groupuscule des compatriotes, qui ternissent l’image du Mali à l’extérieur. Les membres du CSDMG invitent tous les compatriotes à œuvrer ensemble afin de lutter efficacement contre la corruption, le clientélisme, le népotisme et le favoritisme dans nos représentations diplomatiques et consulaires.
Le diplomate malien, après avoir exprimé sa gratitude aux membres du CSDMG, leur a adressé ses chaleureux remerciements. M. Dagnoko leur a renouvelé son attachement et sa détermination à défendre et faire respecter les lois et règlements du Mali et du Gabon concernant son travail à la mission diplomatique.
L’Ambassadeur du Mali, qui, au-delà de la diplomatie classique, a toujours mené la diplomatie culturelle et humanitaire au profit de ses concitoyens, se sépare avec les membres du CSDMG dans la confiance mutuelle et le respect réciproque.
Le diplomate malien et les défenseurs des droits de la diaspora malienne du Gabon ont souhaité que les Maliens demeurent unis et solidaires dans la bonne gouvernance.
Une correspondance particulière de Moussa Danioko depuis Libreville

Djibril Coulibaly

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