mardi 16 octobre 2018
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TENSION SOCIALE A KONSIGA (YELIMANE/KAYES) : L’insultante visite de Tiéman H. Coulibaly

Aucune des trois parties, ni l’Etat, ni les contestataires et non plus les contestés, n’arrivent pas à le dire, mais les vraies raisons de la tension sociale qui sévit à Konsiga (Yélimané/Kayes), se trouvent ailleurs loin des motifs évoqués. Il s’agit bien de la mauvaise gouvernance ou l’absence totale de l’Etat malien dans cette zone livrée à elle-même…

Ce n’est pas pour rien qu’une partie de la population de Konsiga a assiégé sa mairie et refusé de libérer les locaux jusqu’à l’arrivée du ministre de l’Administration territoriale en début de semaine. Cette population réclame en fait une propriété privée. Même si on ne le dit pas publiquement.
A Konsiga comme dans plusieurs zones de la région, c’est la population qui a « cotisé » pour s’offrir une mairie, une tâche qui revient à l’autorité territoriale. De ce fait, la population de Konsiga aurait beaucoup voulu voir y travailler une figure de son choix. Mais pas l’actuel maire de la localité, Tamassa Kébé, d’où tout son malheur !
Légalement installé, la population de Konsiga réclame le départ de Tamassa Kébé au motif qu’il n’a pas une bonne gestion des affaires publiques. Une hypothèse qui ne tient pas. L’autre vérité est que ce monsieur a été élu dans des circonstances douloureuses pour la population.
Tamassa Kébé est du parti URD et à l’issue des élections municipales de novembre 2016. Il avait en face de lui la liste Yéléma/Codem qui n’a pas été validée par la justice parce que l’un des candidats avait moins de 18 ans. Alors, sans adversaire, la liste, dirigée par Kébé, est sortie victorieuse du scrutin. Et dès lors, la localité ne connaitra plus la quiétude.

Une population divisée et manipulée
A Konsiga, a-t-on pris, ce qui a provoqué les derniers événements c’est cet accueil accordé à M. Kébé de retour d’une mission en France où il avait été humilié après avoir été interdit d’accéder à une salle de rencontre qui accueillait (en France) des élus locaux de la région de Kayes.
Les auteurs de ce coup porté à M. Kébé sont originaires de sa localité et réunis au sein d’une association du nom de « Dagakané » (le progrès en soninké) suffisamment enracinée à Konsiga. Et l’on comprend avec aisance que l’accueil accordé au maire Kébé était tout simplement une provocation au sein d’une population qui semble divisée entre partisans et opposants.
En réponse, l’association Dagakané ne pouvait que prendre ce qui l’appartient, à savoir la mairie dont les frais de construction proviennent en partie de la diaspora ! Cette même diaspora qui a mis en place ladite association.

La visite infructueuse de Tiéman H. Coulibaly
En début de semaine, le ministre de l’Administration territoriale, Tiéman H. Coulibaly, s’est rendu sur les lieux de l’affrontement à Konsiga. Il nous revient que l’envoyé du gouvernement malien a rendu visite aux blessés (à Kayes) et a, au nom des plus hautes autorités, présenté des condoléances à la famille de la victime décédée à la suite de ses blessures. Encore l’émissaire de l’Etat est parvenu à calmer les ardeurs et les occupants de la mairie ont accepté de lever leur siège. Mission accomplie !
Etant bien au parfum des vraies raisons du désordre, la visite de Tiéman H. Coulibaly aurait été encore fructueuse si l’hôte du jour était venu avec au moins une ambition de doter cette localité d’une mairie en vue de pallier désormais d’éventuelles situations. Tel n’est pas le cas, cette visite semble avoir plus de motivations politiques qu’administratives !

« Dagakané » chassée par les forces de sécurité françaises au consulat du Mali en France
Si, à Konsiga, ils ont été suppliés de libérer les locaux de la mairie, ça n’a pas été le cas en France où des responsables de l’Association « Dagakané » avaient occupé les locaux du consulat du Mali et conditionné sa libération à la satisfaction de certaines doléances. Echec !
A Konsiga, il a fallu l’intervention des plus hautes autorités, à travers le ministre de l’Administration territoriale, pour que les responsables de l’Association « Dagakané » acceptent de libérer les la mairie. Par contre, en France, les forces de sécurité de ce pays ont été sollicitées pour mettre à la porte du consulat les responsables de la même association ce lundi 18 décembre.
Mis à la porte, ils avaient décidé de continuer à protester devant le consulat dans les rues. Impossible, aucune autorisation d’occuper la voie publique, le lendemain 19 décembre ils ont été priés par les autorités françaises de libérer les lieux. Des sources indiquent qu’ils ont juré de revenir avec une autorisation, pas pour occuper le consulat, mais, sa devanture ou la voie publique. En attendant, admirez les deux communiqués !
LA SIRENE

Djibril Coulibaly

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