lundi 23 octobre 2017
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Sommet Afrique-France : Pourquoi les questions monétaires sont-elles un tabou ?

Ces jours-ci, on a manifesté à Abidjan, Dakar et ailleurs contre les ‘’survivances’’ du franc CFA. A Bamako, l’actrice mondialiste Aminata Dramane Traoré et la société civile veulent ouvrir le débat sur la question de l’utilité du franc CFA. Nos gouvernants, que font-ils depuis ? Avec ce Sommet de Bamako, sera-t-il une scène politique de substitution ? Ouvrira-t-on les discussions sur les vieilles lunes du CFA ou ces débats ne seront-ils qu’une comédie sérieuse sur un désengagement du franc CFA ?

C’est une page d’Histoire de l’Afrique qui peine à être tournée. Ce combat insiste utilement sur le très long terme, en soulignant combien la colonisation fut brève, malgré ses énormes incidences politiques et culturelles. Une chose est de la définir : le CFA montre en question de cette monnaie : les réalités quotidiennes du partenariat Afrique-France à façonner des constructions politiques.

Aujourd’hui, les économies africaines sont confrontées au facteur temps ainsi analysé à travers l’expérience cruciale de l’attente. « Entre un passé défait et le futur, d’où doit venir la restitution du temps révolu ?», se demandent les penseurs…

Le franc CFA

Petit sigle, grandes questions. Existe-t-il encore une souveraineté nationale capable d’opposer sa légitimité à la suprématie de la finance ? C’est la question qui hante les milieux intello liés à un nationalisme ombrageux. Cela a été dit : l’espace éclaté de nos économies nationales et sous-régionales est réduit à peau de chagrin. Aujourd’hui, la société civile se plait à voir dans l’exercice possible de la dérision le signe incontestable de notre vitalité démocratique. Des échos nous reviennent, sous la houlette d’une battante comme Aminata Dramane Traoré et quelques autres dont l’Historien Konaté, les critiques formulées contre le CFA devraient être prises pour un symptôme inquiétant. Ils interviennent parce que pensent-ils toutes les protestations étaient vouées à rester ignorées, tous les médiateurs politiciens aux affaires ayant cessé de médiatiser, les Représentants, continuent-ils ayant envahi la représentation. Ils le souhaitent, il ne reste plus à la masse des gouvernés que de se saisir d’un débat sur l’utilité d’un franc CFA avant, peut-être, de se retourner brutalement sur les accords de coopération. Ces gens de la société civile qui dénoncent peuvent être moqués, ces gens peuvent bouffonner à souhait, ira-t-on dire. Mais il faut craindre qu’ils soient chargés d’une nuée flamboyante et annoncer des orages. Qu’est-ce la souveraineté si ce n’est la possibilité de choisir entre différentes options ? Une citation : ‘’La plus sublime forme de liberté est la sécurité de la patrie’’. Nos autorités, qu’ont-ils fait depuis ? Négocier la Souveraineté contre des plans de sauvetage. Sous les pressions, ils ont choisi ou fait le choix de l’impuissance… Les peuples pourraient- un jour prochain- suggérer autre chose : adresser la facture de la crise de tout ce qu’ils supportent jusque-là à ceux qui l’ont provoqué

Partenariat gagnant-gagnant. Au cœur du problème le CFA !

Les Sommets du genre sont-ils paternalistes et/ou anachroniques en 2017 ? La France est une interface crédible entre les autres et nous. On va nous annoncer ici à Bamako ce que la France ferait avec les Etats africains. Ce qui implique transparence et recevabilité. Justement, en 2015, est adopté le nouvel agenda du développement. Il se veut universel. Tout le monde est redevable de ce qui se fait. La France vient nous voir, toujours derrière sa logique de pré-carré. Si l’un des thèmes du Sommet est aussi l’émergence-bien qu’étant un concept comparable à celui d’un acte mouvant et fluctuant… Peut-on parler d’un partenariat gagnant-gagnant en mettant 50 ans d’Histoire derrière nous ? Et qu’aujourd’hui il y a avant tout une souveraineté de politique de défense à asseoir. Mais le partenariat économique ne doit pas être minoré par rapport au volet sécuritaire. On reparlera d’économie et de formation.

En marge du Sommet

Un sommet des entrepreneurs aura lieu en marge du Sommet avec la société civile. Il existe de nos jours une Direction de la Diplomatie économique au Quai d’Orsay. La France veut multiplier les taux de pénétration de ses PMI et PME sur les continents. Revenons au franc CFA. Le CFA est lié au franc français. 14 pays africains sont garantis par la Banque de France. Le CFA a été créé par un décret pris le 25 décembre 1945 par le gouvernement français avec De Gaulle, R. Pleven (aux finances), Soustelle (aux colonies). Cette monnaie aura le même temps quant à l’application de la directive nazie dans la France occupée. le Pr René Sedillot (Français) dans un ouvrage dira que les Français victorieux ont assigné au franc français qui aura une valeur et un pouvoir d’achat fort avantageux en Afrique, aux Antilles et dans l’Océan pacifique, en fixant partout la parité du FF à 100 F CFA et 100 F pacifique…

Un autre Professeur, Joseph Tchundjiana Povemi, reviendra sur la question dans un ouvrage en 1980. Mais c’est l’Ivoirien Nicholas Agbohoui (un Bété) qui viendra, en 2008, dans une publication, nous dire que la zone franc CFA n’a pas été conçue pour le bonheur des peuples du Sud. Les 15 états d’Afriques de la zone, malgré toutes leurs matières premières existantes, voient leurs populations mourir de faim, de pauvreté et de maladies bénignes. Il faut voir aussi le cas des capitaux du pays africains versés sur un compte du Trésor français. En 1980, par exemple, ils (ces capitaux du pays africains) s’élevaient à 500 milliards d’euros. Cet argent est conseillère comme irrécupérable bien que stipulé que quiconque veut sortir du franc CFA a droit à ce remboursement. Illusions. Cette ‘’transférabilité’’ des capitaux est inscrite dans la convention franco-malienne. Maintenant, ce qu’il faudrait dire : le retrait, la création d’une monnaie repose sur des ressources constituant de piliers économiques. Cas de l’expérience malheureuse du franc malien sous le Président Modibo Kéïta.

La création d’une monnaie commune ?

Encore du chemin à parcourir ; car, il faut un alignement de critères à remplir entre les Etats. Faut-il laisser flotter la monnaie. Le cas nigérian est instructif. Pour une fois, on peut faire des économies de complexité : l’horizon du CFA n’est pas tragique. Il est simplement haïssable.

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