samedi 25 novembre 2017
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Retour de l’Administration et de l’Armée à Kidal : «Ça peut même commencer demain ou après demain », dixit Ould Sidati

Le Premier Ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, a rencontré, en début de semaine dans ses Bureaux,  les leaders de la Coordination des Mouvements de l’AZAWAD (CMA), le groupe armé qui gouverne la Région de Kidal. Au terme de deux heures d’échanges, ils sont convenus d’un retour dans les plus brefs délais des autorités maliennes et de la recomposition du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Kidal.

 

Absent de la ville de Kidal depuis mai 2014 suite à la visite  dramatique de l’ancien Premier Ministre Moussa Mara, les autorités maliennes sont en voie de retourner dans la ville. Lundi, dans la soirée, le Premier Ministre a reçu, en audience, les leaders de la Coordination du Mouvement de l’Azawad qui gouverne la ville depuis. La Délégation conduite par Sidi Ibrahim Ould Sidati était composée de Bilal Ag Chérif, Secrétaire Général de la CMA, de Mohamed Ould, de la cellule de communication de la CMA, … Autour du Premier Ministre, étaient les Ministres de la Défense, Tiénan Coulibaly ; de l’Administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly ; des Maliens de l’Extérieur, Abdramane Sylla ; de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Nina Wallette et de la Réconciliation nationale, Mohamed El Moctar. Pendant plus d’une heure d’horloge, ils se sont entretenus à huit clos. L’objectif de cette rencontre était de discuter du retour de l’Administration et de l’Armée à Kidal. Un retour difficile car, on se souvient que les dates du 20 juin et du 20 juillet qui avaient été indiquées pour ce retour mais n’ont pas été respectées.

Au sortir de l’audience, le Chef de la Délégation de la CMA, Ould Sidati, a laissé entendre qu’ensemble ils sont convenus d’un retour des autorités et de la mise en place du mécanisme opérationnel de coordination qui regroupe les forces de défense maliennes et les groupes d’autodéfense dans les plus brefs délais. «Nous sommes arrivés au termes d’un mois de travaux par rapport à un chronogramme consensuel et qui, en réalité, lève tous les blocages de la mise sur pied du MOC à Kidal et du retour de l’Administration dans les plus brefs délais. A la date d’aujourd’hui, tous les obstacles et toutes nos craintes ont été levés. Nous pouvons déclarer que nous pouvons reprendre progressivement le MOC à Kidal ».

A la question de savoir la nouvelle date du retour de l’Administration, après l’échec des deux précédentes dates, à Ould Sidati de répondre : «Le plus tôt possible, peut-être demain ou après demain ».

Tiénan Coulibaly s’est réjoui que les parties soient arrivées à un consensus sur le retour de l’Administration et de l’Armée à Kidal. Mais lui non plus ne se prononce sur aucune  date précise par rapport au retour de l’Administration à Kidal.

Après ces déclarations publiques, la balle est désormais dans le camp du gouvernement pour déployer au plus vite possible l’Administration sur toute l’étendue du territoire national avec les conditions sécuritaires qui vont avec.

La CMA désavoue le projet de révision constitutionnelle

Cette rencontre entre le Premier Ministre et les leaders de la Coordination des Mouvements de l’Azawad se tenait au même moment où le Président de la République recevait les Chefs de quartiers après les leaders Religieux et les familles fondatrices de Bamako sur l’épineuse question de la révision constitutionnelle. Tout comme les premiers, les Chefs de quartiers ont fait savoir au Président IBK qu’ils sont favorables à un report. En même temps, l’ultimatum lancé par la plateforme «An tè, An Bana-Touche pas à ma constitution » prenait fin tard dans la nuit. Elle prévoit une grande marche aujourd’hui. Si les autorités coutumières, les partis politiques de l’opposition et les associations de la société civile sont contre la tenue de la révision constitutionnelle dans le contexte actuel, ils ne sont pas les seuls. La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) n’en veut pas non plus. Mais les motivations sont différentes. Lors de sa dernière conférence de presse, tenue en fin de semaine dernière, ses Responsables, pour désavouer ce projet, ont dit ceci : «Le projet de constitution, tel qu’on nous l’a présenté, ne prend pas en compte nos revendications exprimées dans l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger ».  Bilal Ag Chérif, Secrétaire Général de la CMA, à leur sortie d’audience avec le Premier Ministre, a réitéré les mêmes propos. Il faut, selon lui, que cette constitution mette un peu plus l’accent sur la régionalisation et l’autogestion des Régions. Ce qui, à ses dires, est fondamental  pour la bonne mise en œuvre de l’Accord pour la paix.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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