mardi 20 novembre 2018
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Recyclage et vente des déchets plastiques: Un moyen de survie qui raccourcie la vie !

Depuis quelques années la vente des déchets plastiques est un business florissant pour bon nombre d’individus. Toute chose qui n’est pas sans conséquence sur la santé. Pour parler du danger des déchets plastiques sur la santé de l’homme et celle des animaux, le médecin d’appui hygiène assainissement du Centre de Santé de Référence de Ouéléssébougou, Dr Ali Togo a bien voulu nous partager son expertise.
Depuis quelques années la question des conséquences des déchets sur l’environnement fait objet des débats internationaux et régionaux. Face à cette préoccupation, la capitale malienne (Bamako) n’en demeure pas moins intéressée. Cependant, les Bamakois depuis un certain temps excelle dans la production des ordures. Cela est constatable dans les quartiers, les marchés publics, les rues et les caniveaux.Et pourtant, les dangers de ces déchets sur la santé de l’homme ainsi que sur celle des animaux sont presque méconnus des personnes qui travaillent sur ces tas d’ordures à la recherche de leur gain quotidien.
Quand la vente des plastiques dévient le moyen de survie !
Faut-il signaler que la mauvaise gestion de nos déchets ménagers et l’utilisation abusive des plastiques sont à la base des problèmes de santé. Ces plastiques sales sont devenues depuis quelques temps une source de richesse pour bon nombre de Maliens. Raison pour laquelle sur ces montagnes d’ordures on peut apercevoir des enfants, des femmes passés des heures et souvent toute une journée à fouiller et ramasser ces plastiques sales sans aucune protection ni aux nez ni aux mains, sans parler des pieds dans le but d’en tirer profit (vendre). Selon Ali Togo, les déchets plastiques nuisent à la santé des hommes en provoquant surtout des affections respiratoires qui entrainent des troubles respiratoires. Cela, dit-il, du fait que les sachets contiennent le plus souvent des débris alimentaires susceptibles de se décomposer.
« Et si plusieurs sachets se retrouvent ensemble, ils font des gaz, ces gaz sont inhalés par les hommes » a -t-il déclaré. Et d’ajouter : « Quand tu inhales ces gaz, ça peut entrainer une infection pulmonaire, dont des troubles de respiration surtout ».
Après avoir souligné que ces gaz représentent un danger pouvant provoquer d’accouchement prématuré chez les femmes enceintes, il dira que les sachets plastiques contribuent à la dégradation des terres agricoles et provoquent des troubles digestifs chez les animaux.
Selon toujours le spécialiste, les animaux peuvent trouver la mort, soit en mangeant les déchets plastiques ou en inhalant ces gaz.
« Les femmes et jeunes qui enlèvent ces sachets sales sans protection, quand ils vont manger sans se laver les mains avec du savon et de l’eau de javel, ils se trouvent exposés à des maladies graves, telle la diarrhée et peuvent être sources de dissémination de maladies diarrhéiques » a-t-il précisé.
Sur le plan environnemental, il dira que ces déchets plastiques détruisent la couche d’ozone. Car elles dégagent des gaz à effet de serre. Même si on les brule, poursuit-il, ils vont dégager des gaz appelés le bioxyde qui va aller détruire la couche d’ozone et cela peut entrainer des problèmes de pluviométrie.
Un combat pour tous !
Selon le Dr Togo, l’éradication de ce fléau interpelle au même titre, les producteurs et utilisateurs de ces sachets plastiques. Mais principalement, selon lui c’est l’Etat qui doit contribuer à l’éradication de ce fléau.
« Ceux qui les produisent savcent que ces sachets sont non-biodégradables même quand ça va rentrer dans le sous-sol pour qu’il ait une dégradation il faut à peu près 100 ans » a – t – il déclaré.
Cependant, il a interpellé les unités de production des sachets à des formules pour vraiment sortir de cette non-biodégradabilité. De même, il a invité l’Etat à prendre des dispositions pour veiller à l’utilisation des sachets plastiques dans les normes de respect à l’écosystème.
En méconnaissance de tous ces dangers, précédemment soulignés par le Dr Togo, plusieurs ramasseurs de ces sachets plastiques, interrogés sur le sujet ont confié que leur survie dépend de cette activité.
A noter que parmi ces ramasseurs il y en a qui sont conscients des dangers de ce commerce mais le font par manque d’argent. Face à cette situation, les autorités maliennes doivent prendre leur responsabilité. D’abord en assurant de meilleurs lendemains à ces vendeurs de plastiques, ensuite en interdisant l’utilisation de la plastique.
Par Maïmouna Sidibé LE SURSAUT

Djibril Coulibaly

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