dimanche 23 septembre 2018
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Recrudescence des attaques : Février, un mois sanglant

Depuis un peu plus de 72 heures, le Mali vit au rythme d’une recrudescence des attaques terroristes et des soulèvements qui mettent un peu plus à mal la fragile stabilité du pays à l’aube des élections.

En même temps que les autorités rassurent les citoyens sur la tenue des élections à bonne date, les attaques terroristes et les actes de soulèvements populaires apparaissent comme pour jeter un doute sur la parole officielle. De retour après une visite à Mopti, il y a moins d’un mois, le Premier Ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, a rassuré sur les dispositions qui sont en train d’être prises pour permettre la bonne organisation des échéances électorales prévues cette année. À peine, les populations ont commencé à espérer après les attaques à la mine de Boni qui a coûté la vie à de nombreux civils, dont des femmes, et des enfants et  des camps militaires au Nord du pays, que les auteurs de la terreur se signalent à nouveau. C’était le 27 février. Six soldats maliens ont perdu la vie dans l’explosion de leur véhicule sur une mine artisanale, près de Diouara, dans la Région de Mopti.  Personne n’a survécu à l’explosion. Dans la même soirée du 27 février, un agent des eaux et forêts a été tué dans la même Région de Mopti, à Douentza.  Il s’agit du Sergent Abderrahmane Faradji. Les individus non identifiés qui lui ont donné la mort avec des coups de machettes ont emporté son arme. Le lendemain de ces actes, le 28 février, quatre Casques bleus bangladais ont été tués et quatre grièvement blessés  dans la même Région amenant le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, à «condamner fermement l’attentat qui a tué quatre soldats de la paix ».

Bien avant, le 21 février entre Gao et Ménaka, deux soldats français de l’opération «Barkhane» ont été tués. 13, c’est le nombre de soldats maliens et des forces étrangères morts en moins de dix jours dans le Centre et le Nord du pays.

Soulèvement au Nord et au Sud

Gao est  dans la tourmente. Le 21 février, le corps d’un jeune arabe a été découvert dans le fleuve après qu’il ait été enlevé par des hommes en armes. Ce qui a provoqué la colère des membres de sa communauté, qui évoquent un assassinat. Ce qui n’a pas manqué de susciter des mouvements d’humeurs dans la soirée du 28février. L’on apprend la mort d’un militaire en poste au Tribunal de la ville. Aujourd’hui, entre les Arabes et les Communautés sédentaires, il règne un climat de défiance qui peut à tout moment tourner à l’affrontement et au drame.  Au même moment, dans la journée, ici à Bamako, l’association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) marchait en direction de la Primature pour signifier leur ras-le-bol  relatif aux nombreux accidents sur la route de l’Université de Kabala. Cette route en seulement quelques mois a tué plusieurs étudiants et un Professeur. Malheureusement, cette marche qui se voulait silencieuse a été réprimée par la police à l’aide de gaz lacrymogène. Résultats: hier jeudi, l’AEEM, pour se venger, a décidé de faire sortir les élèves des salles de classe.

Cette fin de mois de février  aura été tragique, pour les forces armées maliennes, les forces étrangères et les populations civiles.

En somme, ce mois de février a été sanglant au Mali. Dans ces conditions, les prédictions de l’ancien Ministre de la Justice, Me Ismaël Mamadou Konaté sur la difficulté de tenir les élections à bonne date ne manquera pas de soutien.

Mohamed  Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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