lundi 24 septembre 2018
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PRESIDENTIELLE DE 2018 : Un scrutin indispensable à la stabilité institutionnelle du Mali

Le Premier ministre a annoncé, le dimanche 11 février 2018 à Mopti, que le premier tour de la présidentielle aura lieu le 29 juillet 2018. Cet engagement de Soumeylou Boubèye Maïga a laissé perplexes des observateurs conscients aussi bien de la nécessité de respecter le calendrier électoral que de l’insécurité qui est un obstacle sérieux à l’organisation des élections.
«Nous n’apportons aucun crédit aux beaux discours populistes. Ce que les Maliens veulent aujourd’hui, c’est que leurs dirigeants joignent l’acte à la parole», a réagi Moussa Nimaga, activiste-bloggeur malien. Un avis qui résume parfaitement le point de vue de presque tous les activistes avec qui nous avons échangé sur le sujet.
«C’est une bonne nouvelle… Après le report du projet de révision de la Constitution et le report des élections régionales, nous n’avons pas intérêt à reporter cette future échéance», a indiqué Boubou Bilaly Diallo, leader politique de la diaspora malienne de France.
«Cette annonce doit se matérialiser dans l’intérêt supérieur du Mali et de la sous-région», a souligné Abdourhamane Arouani Dicko, un leader influent de la société civile des régions du Nord du Mali. Quant à l’ancien Premier ministre et président du parti Yèlèma, Moussa Mara, il a déclaré qu’il «faut tenir ces élections pour donner à notre pays une nouvelle équipe animée avec une nouvelle vision».
Selon lui, «il n’y a pas d’alternative à l’organisation d’une élection présidentielle. Il ne doit pas y avoir de plan B. Nous devons nous mobiliser pour ce faire et travailler à améliorer les conditions sécuritaires indispensables à la tenue d’un scrutin aussi normal que possible».
«Les mesures annoncées par le Premier ministre à Mopti doivent concourir à avoir une certaine lecture de la cartographie des acteurs et des actions dans cette partie du pays. Mais le défi n’est pas seulement sécuritaire. Il convient de s’attaquer dès maintenant aux questions du fichier électoral, d’enrôlement des nouveaux majeurs, des déplacés et des réfugiés, ainsi que de la résolution de tous les problèmes soulevés par les acteurs politiques», a précisé M. Dicko.
Mais, comme l’a rappelé un interlocuteur, «à l’impossible nul n’est tenu». S’il s’avérait impossible d’organiser les élections aux dates prévues, quel serait le meilleur scénario pour mettre le pays à l’abri d’une nouvelle crise constitutionnelle ?

Puiser dans notre patriotisme pour éviter le chaos
«Le climat sécuritaire national, fortement dégradé et sans véritable chance d’amélioration dans les mois à venir, ne sera pas propice pour tenir des élections générales conformes au standard. Face au vide institutionnel à venir, prévenir un cadre vaut mieux que guérir toutes les crises», a prévenu dans un Tweet Me Mamadou Ismaïla Konaté, l’ancien ministre de la Justice qui a démissionné en novembre dernier.
«Si tous les acteurs politiques (majorité et opposition) adhèrent à un report indispensable de la présidentielle, on ira sans anicroches à la prorogation du mandat de l’actuel président jusqu’au moment idéal prévu lors de la concertation», a souligné Boubou B. Diallo.
Pour M. Dicko, «si l’élection n’est pas organisée à la date échue, il faudra que les Maliens puisent dans leur patriotisme pour éviter le chaos à leur pays d’autant plus que la Constitution n’a pas prévu un pareil scénario. La solution résidera dans la capacité des uns et des autres à rechercher une solution consensuelle».
Mais l’ancien Premier ministre n’est pas dans la logique d’un report du scrutin. «Il ne sera pas impossible d’organiser les élections sauf si nous en décidons autrement. Or, et l’Etat et l’essentiel de la classe politique et sans doute nos compatriotes sont d’avis d’aller aux élections. Il faut organiser des élections et éviter de tenter le diable. Toute autre alternative est une aventure qui sera désastreuse pour notre pays», a précisé Moussa Mara.
Convaincu qu’il est possible d’organiser les élections cette année, Boubou Bilaly Diallo a rappelé que si le Premier ministre est dans la perspective d’organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 29 juillet 2018, cela signifie qu’il «a obtenu des garanties nécessaires pour cette date. Il doit respecter cet engagement pour sa crédibilité d’homme d’Etat».
«Le Gouvernement a élaboré le Plan intégré pour la sécurisation du centre pour assurer la quiétude des populations. Nous mettrons tous les moyens en œuvre pour qu’un centimètre carré n’échappe au contrôle du pays. Nous allons déployer progressivement les forces nécessaires avec toute la logistique qu’il faut», a assuré Soumeylou Boubèye Maïga lors de son passage dans la Venise malienne.
«Bientôt nous entamerons le dialogue avec tous les fils du pays qui renoncent à la violence et s’insèrent dans les activités légales… Nous ferons tout ce qui est à faire pour la paix et la stabilité, mais nous combattrons tous ceux qui nous combattent», a précisé le Premier ministre pour la circonstance. Il a aussi rappelé : «Nous sommes aussi venus féliciter et encourager les fonctionnaires civils et militaires qui sont au service de l’Etat dans la région.»
Le Chef du gouvernement malien a promis que le retour de l’administration et des services sociaux de base va être progressif dans la Région parce que les autorités maliennes comptent rapidement créer les conditions sécuritaires indispensables à cela.
Moussa Bolly LE MATIN

Djibril Coulibaly

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