jeudi 21 septembre 2017
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PAROLES AUX FEMMES : Mme Diarra Lala Camara, Coordinatrice nationale du Projet Initiative, Pauvreté et Environnement (IPE)

Mme Diarra Lala Camara est mère de famille, une brave femme battante et très active au service de la nation. Elle est Economiste de formation. Ses domaines d’intervention c’est surtout dans l’environnement et la lutte contre la pauvreté. Mme Diarra a participé à plusieurs forums nationaux, elle est chevalière de l’ordre nationale en Mai 2017. Interview !

LE COMBAT : Quel est le but de votre projet ?

MME DIARRA LALA CAMARA : Le Projet Initiative, Pauvreté et Environnement (IPE) du Mali est un projet qui a été lancé en 2005 par le Gouvernement malien et ses partenaires à savoir le programme de Nations-Unies pour l’Environnement(PNE) et le programme de Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Ce projet vise à appuyer et accompagner le Gouvernement dans la prise en compte des politiques et stratégies pour mieux gérer l’environnement dans le développement durable et réduire la pauvreté. Il y a un lien très fort entre l’environnement et la pauvreté. Quand nous sommes pauvres, nous n’avons pas le choix que de nous rabattre sur nos ressources naturelles. Nous cueillons des fruits pour consommer, nous coupons les arbres pour faire de la cuisson et du charbon, nous prenons également des plantes pour les utiliser dans la médicine et les feuilles d’arbres pour les besoins de la consommation. Avec tout cela, nous dégradons et portons atteinte à notre environnement. La plupart des gens coupent des arbres mais sans reboiser ni planter. Ce qui fait que la pauvreté ne cesse de s’accentuer. C’ est pourquoi nous appuyons le gouvernement contre l’environnement dans la politique de gestion en vue de réduire la pauvreté.

Quels sont vos actes posés sur le terrain ?

Notre projet, IPE, a réalisé et fait beaucoup d’études stratégiques sur le terrain. Actuellement, nous sommes sur le Code de l’environnement qui va finir bientôt. Nous sommes en train de réviser l’étude de guide de Co-environnemental qui avait été réalisée en 2008 qui nous a permis de savoir que si nous dégradons l’environnement l’Etat perd 25% de son PIB (Produit Intérieur Brute) et si l’environnement est bien entretenu, l’Etat ne perd que 6% de son PIB. On a également le guide d’intégration et de planification familiale dans l’environnement et la prise en compte d’un guide de changement climatique avec des documents créés chez nous ici comme beaucoup d’autres documents qui sont disponibles. L’IPE-Mali a mis un Rapport en place. Nous formons d’abord à prendre en compte au changement climatique par les collectivités territoriales et les appuyer fortement à réduire leurs PIB et nous leur demandons à réviser leur PDSEC pour mieux intégrer le changement climatique. C’est pourquoi nous sommes constamment avec les cadres, les Maires sur le terrain dans leurs outils de la planification.

Est-ce que les femmes participent dans vos activités?

Certes, dans notre comité de pilotage, nous veillons à ce qu’il y ait un certain équilibre entre les hommes et les femmes. L’IPE a mené une étude sur la prise en compte du genre pour réduire la pauvreté. Tout ce que nous faisons, nous prenons en compte la dimension des femmes. Par remarque, nous avons une petite équipe légère dont il y a la parité entre les hommes et les femmes. La Coordinatrice est une femme, la Vice-présidente est une femme, l’Assistante technique est une femme, l’Expert en évaluation et les suivis ainsi le chauffeur qui sont des hommes. Cela est un premier aspect.

Le deuxième est que, quand nous partons en réunions ou pour échanger avec les cadres, nous insistons pour qu’il y ait, au moins 60% des femmes et 40% des hommes. Alors la représentativité féminine, elle est très importante pour nous. Et je pense que le message a été compris par les Maires sur le terrain. Dans nos ateliers, les femmes sont mieux représentées sur le terrain. Nous appuyons les organisations féminines à travers des activités génératrices de revenus qui leur permettent d’avoir des sources de revenus et de connaître comment gérer l’environnement afin de combattre la pauvreté. A Djèkèna, dans le Cercle de San, Région de Ségou, nous avons installé un château d’eau pour les femmes pour le maraichage. Actuellement, les femmes font beaucoup de maraichage pour lutter contre la pauvreté et faisant également le reboisement. Çà c’est un plan qu’on leur a donné pour l’autonomisation des femmes.

Comment et qui finance vos projet ?

Le projet IPE-Mali a trois partenaires dont le Gouvernement malien qui est le principal bailleur de fonds dudit projet. L’Etat malien donne plus de revenus que les autres. Il nous donne une contribution en nature à savoir le local, le bâtiment où nous habitons, l’électricité et l’eau. Il y a le programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNE) qui nous rapporte les 44% des ressources du projet et le PND qui nous apporte les 33% du projet. Donc, le financement vient à travers le PNE qui envoie son argent au Gouvernement et celui-ci nous finance. Quand l’argent rentre, nous faisons une demande d’avance de fonds en notre position. Alors, le Gouvernement met l’argent dans notre compte et nous émettons le chèque pour ceux qui travaillent pour nous. Le chèque est signé par le Directeur National du Projet qui est le Directeur Général de l’AEDD et moi-même, la Coordinatrice du projet. Il y a toujours une double signature pour nous assurer et pour assurer la transparence dans la bonne gestion de nos activités. Nous faisons aussi nos paiements directement en cas d’urgence.

Quels sont les avantages et les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de la gestion et de l’utilisation de vos avances financières?

Dans le cadre de la gestion de ce projet, d’abord comme avantage, ça nous permet de connaître les réalités du Mali parce qu’on rencontre tout le monde. Quand nous faisons nos activités nous travaillons avec l’Assemblée Nationale (Députés), les Maires, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales, les Ministères, les Directeurs Techniques et les institutions de la nation pour avoir beaucoup d’informations d’eux et celles des autres partenaires. Nous, on profite les expériences des autres ; car, on ne peut pas connaître tout. Ce projet nous permet aussi de partager nos résultats et nous nous sommes rendu compte que vraiment les populations aiment beaucoup nos résultats et les gens demandent beaucoup nos produits. Nous avons un registre qui capitalise les demandes de nos produits.

En 2016, nous avons enregistré 170 de nos produits. Chaque jour, les gens écrivent à l’IPE pour demander les résultats de nos Rapports et de ce qu’ont fait. Ça intéresse les gens. Donc, c’est une très bonne publicité et c’est avantageux pour nous. Et les partenaires nous félicitent beaucoup dans la gestion par rapport à ce que l’Etat donne. Le Mali est le seul pays d’Afrique voire d’ailleurs dans le monde membres de l’IPE qui reçoit en premier, en termes de financement.

Dans les négociations de la nouvelle phase, nous nous allons avoir cette phase parce que la volonté politique de l’Etat est là ; car, l’Etat nous accompagne ainsi que notre Ministère.

Côté difficultés, nous avons souvent des retards dans la mise en disposition des ressources parce que les partenaires ont leurs procédures qui sont souvent un peu compliquées et l’argent arrive souvent en retard et cela met en retard aussi nos activités.

Autres difficultés, nous avons un calendrier en période hivernale qui ne nous permet pas de réaliser des activités ; car, ça trouve que les paysans sont occupés dans les champs.

Avec les structures techniques, également, nous avons des problèmes parce que chaque fois il y a des nominations ou le départ des cadres. Et là où nous avons nos points focaux, quand ceux-ci sont mutés ailleurs, il faut reprendre et former le nouveau venu. L’instabilité des cadres est une contrainte majeure que nous rencontrons dans la mise en œuvre du projet initiative pauvreté et environnement.

Quel est votre message à l’adresse des femmes ?

Comme message, je le dis très souvent et je ne sasserai pas de le dire encore, j’invite les femmes à se battre. La vie n’est pas facile. Ce n’est ni facile pour les hommes encore moins pour les femmes. Ce sont les femmes qui subissent les conséquences de la pauvreté en premier lieu. Donc, nous devons nous battre sur tous les fronts et nous ne devons pas avoir peur de nos idées et ni avoir peur de donner nos points de vue là où les hommes sont. Ce n’est pas normal, il y a l’égalité des chances.

Propos recueillis par Fatoumata Bintou Tounkara, Stagiaire

Rédaction

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