samedi 25 mars 2017
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PAROLE AUX FEMMES : «Seul le travail nous honore», dixit Fatoumata Traoré, une brave vendeuse du bois et de charbon !

Pour la réussite et le développement de notre pays, certaines braves femmes travaillent dur pour la société pour subvenir aux besoins du ménage. Mme Fatoumata Traoré, une vendeuse de bois et du charbon au marché de Medina-Coura s’est lancée à ce métier afin d’être dépendante d’elle-même et qu’elle puisse gagner honnêtement sa vie puis aider son mari et sa famille. Sachant les difficultés qu’elle y rencontre, elle demande quand même aux autres sœurs de bien serrer la ceinture. Son entretien ci-dessous nous en dira plus !

LE COMBAT: Qu’est-ce qui vous a motivé à faire ce travail ?

Mme Fatoumata Traoré: Merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer dans votre journal. Ce qui m’a motivé à faire ce travail c’est la pauvreté. Souvent mon mari n’a pas d’argent pour subvenir à nos besoins du ménage ; alors rester à la maison à ne rien faire n’’était pas la solution. Dès lors, petit à petit, j’ai commencé à vendre du bois et du charbon, ici au marché de Médina-Coura(Bamako).

Vous exercez ce travail depuis combien de temps ?

Maintenant, il y a neuf ans de cela.

Est-ce que vous gagnez assez d’argent pour subvenir à vos besoins ?

Certes, l’argent que je gagne me suffit pour subvenir à mes besoins tant familiaux, et personnels. Et, également, en cas d’une maladie d’un membre de la famille, je contribue pour l’achat des médicaments. Je ne fais pas ce travail pour gagner de l’or, ni beaucoup d’argent. Mais, c’est juste pour gagner dignement ma vie et être au service de ma famille, de mes parents, de ma société. Cela, de façon digne, honnête et licite.

Vous rencontrez des difficultés au cours de votre travail?

La seule difficulté dans ce métier c’est au niveau des eaux et forêts. Bien qu’ils soient là pour notre protection, aujourd’hui l’argent a changé la mentalité de tout le monde. Si nous ne leur versons pas 4000 franc CFA, ils s’emparent de nos marchandises. Et cela augmente de jour en jour. Là où nous sommes actuellement c’est 15.000 franc CFA qu’on paye contre 4000 francs jusqu’en 2015.

Avez-vous des contraintes familiales concernant votre travail?

Ni mon mari, ni mes proches ne sont contre mon travail. Nous vivons dans la brousse. Alors, nous, les femmes de la campagne, nous sommes obligées de travailler pour aider nos maris ainsi que la famille. D’ailleurs, tout le monde m’encourage dans ce sens.

Quels sages conseils avez-vous à prodiguer aux autres femmes?

Ce que j’ai à dire à mes sœurs femmes c’est qu’elles se lèvent pour travailler. Parce que, de nos jours, l’Homme seul ne peut pas subvenir à tous les besoins du ménage. C’est en travaillant que nous serons indépendantes. Devenir femme autonome, c’est d’être dépendant de soi-même ; sans besoin d’être assistée par qui que ce soit. En tout cas, pour nos affaires personnelles et dans l’intérêt de nos enfants.

Alors, je lance un appel pressant à toutes les femmes en les invitant à serrer la ceinture et travailler davantage pour nos enfants qui sont les futures cadres de demain, aider nos époux, nos familles. Seul le travail peut nous honorer et rendre l’Homme heureux.

Réalisée par Fatoumata B. Tounkara, Stagiaire : LE COMBAT

NEIMATOU COULIBALY

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