samedi 16 décembre 2017
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Parole aux femmes : Mme Diarra Assan Koné, Une vendeuse de Cola

Pour elle « seul le travail assure l’indépendance ». Mère de famille, et très reconnue dans la vente de Cola au marché de Médina-Coura, dans la Commune II du District de Bamako. Une interview qu’elle à bien voulu nous accordée !

LE COMBAT : qu’est ce qui vous a motivé à choisir ce commerce comme métier et cela vous fait combien d’année ?

Mme Diarra Assan Koné : Cela fait plusieurs années depuis que je suis dans ce petit commerce. Mais c’est aussi un héritage ; puisque, étant d’une une grande famille dont tous mes parents vendaient du Cola, je me suis retrouvée dans ce domaine depuis presque toujours. C’est une sorte de succession chez nous. Actuellement, la place que j’occupe était de ma grande sœur, elle me la cédé comme elle lui avait été transmise aussi par nos parents. Raison pour laquelle je m’y suis engagée aussi avec courage et détermination. Egalement, je me suis mise à vendre de cola pour ne pas rester à la maison à ne rien faire.

Pouvez-vous nous en dire un peu sur les vertus du ce fruit très prisé dans notre société?

Le Cola joue un rôle très important dans notre société. Tout le monde a besoin de Cola. Partout où tu vas en Afrique de l’Ouest, on trouve de cola. Chez nous ici au Mali à toutes les cérémonies, qu’elles fastes ou néfastes (mariage, baptême, sacrifices, funérailles), on en a besoin. Les féticheurs et les marabouts en recommandent son usage rituel. La tradition le recommande pour des valeurs juridiques de notre culture.

Au plan sanitaire, on l’utilise également contre les nausées et le rhume. Avant, c’était les vieilles personnes qui en croquaient ou l’utilisaient surtout. Mais de nos jours,   ce sont toutes les générations qui en ont besoin. C’est Dieu même qui a donné une importance, de la valeur au Cola.

D’où provient le Cola que vous vendez et il y en combien de qualités sur le marché malien?

Le Cola que nous vendons provient de la Guinée-Conakry, de Côte-d’Ivoire, et un peu de Sikasso. Mais moi je vends surtout du cola ivoirien. On a plusieurs sortes de Cola avec des noms différents au marché. Mais c’est surtout ceux qui en ont besoin pour des sacrifices recommandés qui en paient.

Comment revendez-vous votre Cola et quels les tarifs en vigueur sur le marché ?

Moi je vends en gros et par détail. Le panier est livré à 50.000 francs CFA actuellement. Mais des fois les prix évoluent en baisse. En détail, ça va de 50 à 200 francs l’unité.

La vente de cola, ça nourrit son Homme, comme on le dit dans le jargon des métiers?

Dieu merci je ne me pleins pas. Je gagne un peu mais le revenu ne couvre pas à tous les besoins. Mais qu’à même ça nourrit avec satisfaction requise son Homme. Avant je gagnais beaucoup de bénéfice parce que la vie n’était devenue trop chère comme de nos jours où tout est cher. Actuellement, pour s’approvisionner, il faut tenir compte d’assez de dépenses : frais d’achat, frais de transport, de magasinage, de dédouanement, etc.

C’est après avoir tiré de toutes ces dépenses qu’on doit évaluer les bénéfices. Mais ça va.

Quels sont les difficultés que vous rencontrez dans ce métier ?

Naturellement, tout travail incombe des difficultés ; car, on ne peut pas avoir de l’argent facilement. Mais la principale difficulté dans ce métier c’est qu’au moment de la saison sèche c’est difficile de conserver le Cola. Puisque ça se gatte vite.

Votre message à l’adresse des femmes qui veulent entreprendre votre métier ?

Le message que j’ai à l’endroit des femmes est qu’elles se lèvent pour travailler ; car, de nos jour ; l’homme seul ne peut pas subvenir aux besoins de la famille et que seul le travail assure l’indépendance.

Propos recueillis par Fatoumata Bintou Tounkara, Stagiaire : LE COMBAT

Rédaction

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