samedi 25 novembre 2017
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PAROLE AUX FEMMES : La Directrice du Fonds d’Appui à l’Autonomisation de la femme et à l’Epanouissement de l’Enfant en exclusivité

Pour le bien-être de la femme et de l’enfant en particulier et de la famille en général, Mme Kanté Fatoumata Diankoumba est une femme vaillante qui se bat pour promouvoir l’autonomisation de la femme malienne et l’épanouissement de la petite enfance dans notre pays. Tel est le but initial de la création de ce Fonds. Mère de quatre enfants, Mme Kanté est une de ces femmes battantes au service du développement du Mali et pour le Bien-être des femmes et des enfants. C’est dans ce cadre qu’il lui a été confié le poste de Directrice du Fonds d’Appui à l’Autonomisation de la Femme et à l’Epanouissement de l’Enfant qui a été crée courant 2012 dont les activités ont officiellement démarré en septembre 2015.

LE COMBAT : Madame la Directrice, quel est le but de votre fonds?

Mme Kanté Fatoumata Diankoumba: Ce fonds est une nouvelle structure qui a été créée depuis 2012 et la mise en œuvre a été effectuée en septembre 2015. C’est une structure du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. L’objectif de cette structure est de promouvoir l’autonomisation de la femme et soutenir toutes les actions liées à l’épanouissement de la petite enfance à l’échelle nationale.

Est-ce que les femmes participent à ce fonds sur le terrain ?

Comme je l’ai dit tantôt, c’est une structure qui accueille les femmes en leur soutenant, à travers le financement de leurs projets. Donc, la participation est vraiment à la hauteur de souhaits. Car, tout le monde est sollicité par cette structure et y est bien venu. Ce sont des projets qui sont financés au niveau de cette structure. Surtout les projets montés par les femmes, dont les études de faisabilité sont bien faites, bien ficelées afin que leurs activités à mener puissent être bancables. Et, pour cela, les candidates doivent être organisées en des associations formelles, des ONG, des réseaux et tout ce qui concerne le groupement de femme formel pour permettre à la femme d’assurer son autonomisation qui ne pas être un slogan creux de sens. Et nous accueillons aussi les femmes entrepreneurs ou évoluant dans toute structure formelle ou activité socio-économique formellement bien gérée.

Quels sont vos actes posés sur le terrain ?

Nous avons beaucoup d’actes posés par cette structure parce que le fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et l’épanouissement de l’enfant intervient en faveur des femmes et des enfants sur toute l’étendue du territoire national. C’est-à-dire, comme je l’ai dit précédemment, en finançant tous les projets formellement montés par les femmes et/ou qui s’inscrivent dans les domaines de l’épanouissement de l’enfant malien. Nous avons commencé nos activités en septembre 2015, à cette période, nous avons reçu 607 projets implantés sur toute l’étendue du territoire national. Pour un départ et en fonction des critères d’éligibilité requis, sur les 607 projets, nous avons pu financer 96. Ces projets, c’est de Kayes à Kidal avec un budget de 400 millions de francs CFA. Cela, c’est au titre de la première année du démarrage du fonds.

Au titre de la deuxième année (2016), avec un Budget de 600 millions de nos francs, nous avons reçu 1614 projets. Toujours, en fonction des critères d’éligibilité requis, nous avons pu financer 288 et ces projets étaient de Kayes à Ménaka. C’est pour dire que le fonds est national et nous fonctionnons sur le Budget de l’Etat. Pour la première année, puisque l’initiative de la mise en œuvre le fonds en 2015 est du Président de la République, c’est lui qui a mis ce fonds à la disposition des femmes et des enfants pour les appuyer comme il a promis dans son programme de société à partir duquel il a bénéficié démocratiquement la confiance du Peuple malien.

A la première année, c’était un chèque de 1,4 milliard qu’il a mobilisé et mis à la disposition des femmes et des enfants du Mali. Puis, pour la deuxième année, le fonds a été alimenté avec une enveloppe budgétaire de 600 millions de francs CFA. C’est cela qui nous a permis de financer ces projets. Même cette année nous devons faire des appuis encore. Mais ces appuis sont de deux sortes.

Primo, nous avons prévu de faire des subventions et c’est uniquement pour des Régions du Nord comme Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni et Ménaka ; car, depuis que nous avons commencé ces Régions du Nord n’ont pas beaucoup postulé par rapport aux autres Régions. Or, le fonds est pour tout le monde, il est national.

Secundo, en dehors de ces subventions, il y a des prêts. Comme nous sommes une structure étatique et qu’on ne peut pas faire de prêts ; donc, dans la semaine prochaine si tout va bien nous allons signer une convention de partenariat avec la Banque Malienne de Solidarité (BMS) pour un montant que nous allons domicilier dans cette Banque comme fonds de garantie pour appuyer les femmes. Mais pour cette fois-ci, ce n’est pas une subvention mais un prêt à contracter auprès de la BMS qui a ses critères classiques afin de sécuriser les fonds prêtés.

Est-ce qu’il y a des fonds engagés spécialement pour les femmes et les enfants ?

L’objectif visé par cette structure est d’appuyer les femmes dans leur autonomisation et les enfants dans leur épanouissement. Donc, pour cela, le fonds est non seulement pour les femmes mais aussi pour les enfants.

Mais comment les enfants peuvent accéder à ce fonds ? Car, ils ne montent pas de projets.

Il y a des conditions d’accès sur cette porte. Au niveau de ma structure, nous avons trois niveaux de financement et on les appelle les guichets. Le guichet 1 qui est le premier niveau de financement à deux composantes. La composante 1 est l’entreprenariat féminine. Et, pour cette année, nous allons faire des prêts à travers la BMS. Et la composante 2 concerne les activités génératrices des sources de revenus. Leur montants ne sont pas les mêmes. Le guichet 2 est le guichet leadership politique réservé à la participation de la femme. Celui-là est pour le renforcement des capacités ; c’est-à-dire que les ONG et les associations peuvent monter des projets pour former les femmes (soit dans le cadre de la transformation agro-alimentaire, ou dans le cadre de la teinture, de la couture, etc.). Dans ce guichet, les ONG peuvent aussi monter des projets pour encadrer des enfants, nos enfants qui sont dans la rue, par exemple ; ceux qui sont en train de souffrir à travers le pays essayer de les encadrer et les former.

Donc, pour que ces enfants puissent bénéficier de ces projets, ce sont des associations ou les ONG qui doivent monter des projets pour encadre, éduquer,…,ces enfants qui en sont les bénéficiaires, les destinataires.

Pour le troisième guichet, c’est uniquement pour les enfants. Il s’appelle «Guichet réinsertion socio-économique des enfants en situation difficile ». C’est pour dire que les enfants ont un guichet spécialement pour s’occuper d’eux.

Quels sont les avantages et les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de la gestion et de l’utilisation de ce fonds ?

Dans toute chose, il y a des avantages et des difficultés. Comme avantages de la structure ou du fons, c’est le fait qu’on appui les femmes et les enfants qui sont les couches sociales les plus vulnérables dans notre pays.

En leur venant en aide et en leur appuyant, je remercie le Président de la République d’avoir mis ce fonds à la disposition des femmes et des enfants.

Côté difficultés, le fonds qui est mis à la disposition de cette structure (400 ou 600 millions de nos francs) c’est de l’argent. Mais, compte tenu de l’engouement qui tourne au tour de cette structure et la demande qui devient de plus en plus grande, on ne peut pas satisfaire tout le monde. Celles et ceux qui ont la chance d’avoir leurs projets financés sont contents. En revanche, ceux ou celles qui n’auront pas la chance d’être financé (e) s ne seront pas contents (e) aussi. Le fait qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde par rapport à la demande est le premier problème. Le deuxième est que les bénéficiaires qui ont la chance d’être financés, accompagnées par le fonds, la plupart garde le silence. Or, pour qu’on puisse vraiment savoir que le fonds est en train de travailler, il faut que les premiers bénéficiaires communiquent, qu’elles disent qu’elles ont reçu de l’argent de la structure.

Les problèmes ne finissent pas. Il y a aussi ceux relatifs au partenariat. C’est-à-dire, du côté des partenaires.

Pour la première année, nous avons eu beaucoup de difficultés ; car, on n’était pas avec des partenaires mais en deuxième année les partenaires ont commencé à venir et je profite de l’occasion pour remercier Rangoy qui nous a beaucoup appuyées à la deuxième année.

Alors, quels sont vos partenaires potentiels?

L’Etat malien est notre 1er partenaire potentiel. Parce que le fonds est issu du Budget de l’Etat.

Mais, avec le démarrage effectif du fonds, les partenaires commencent à venir. Par exemple, l’UNICEF nous a appuyé cette année à travers trois projets au Nord ; dans les Régions de Gao et Tombouctou (deux projets à Gao et un à Tombouctou).

Nous sommes aussi avec PLAN-MALI qui n’a, pour le moment, rien débloqué mais c’est en bonne voie. Il y a ONU-FEMMES aussi qui compte nous appuyer.

Propos recueillis par Mariam Sissoko, Stagiaire : LE COMBAT    

 

Rédaction

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