jeudi 23 novembre 2017
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Parole aux femmes : Interview de la présidente de l’association des épouses de la promotion 2001 de la Garde Nationale

Mme Ballo Fatoumata Sangaré, une femme vaillante et dynamique, est la présidente de l’Association des épouses des éléments de la Garde Nationale du Mali recrutés en 2001. Elle est aussi  une coutrière au Badialan III de la commune III du district de Bamako. Femme au foyer et mère de cinq enfants, Fatoumata est fière de son métier qu’elle exerce dans son atelier de couture dont elle est la gérante depuis quatre ans.

 Entretien !

 LE COMBAT:

 Nous venons juste de quitter la période des fêtes de Ramadan et de Tabaski qui exige beaucoup de dépenses dans le domaine vestimentaire, pouvez-vous nous dire comment a été le marché de couture cette année ?

Mme Ballo Fatoumata Sangaré : Le marché a été florissant au moment des fêtes. Car, on était très sollicité par les clients. Là où nous sommes, je suis satisfaite de mon atelier. Depuis l’ouverture de cet atelier de couture, j’effectue ce métier.  Il y a quatre ans, je me suis engagée en auto emploi parce que j’ai fait trois ans à COPEC avec des stages de perfectionnement. Ce qui a facilité beaucoup les choses aujourd’hui. Au départ, je travaillais pour une autre personne qui avait son atelier au Camp de Tomikorobougou. J’y ai  fait deux ans ; mais, au finish, j’ai compris que le mieux c’est  de créer moi-même un atelier sur fonds propres pour m’auto emploi.

Sur un marché où la concurrence devient de plus en plus rude, pouvez-vous  nous dire comment se porte votre atelier ?

Mon atelier se porte bien. Ici, dans ce secteur, il n’y a pas de concurrence entre nous ; car, on coopère tous ensemble, on se partage les gros marchés. De mon côté, pour avoir beaucoup de marchés, je cousais même des habits et pour les porter en vue de me servir de publicité pour moi-même en visitant des lieux de travail ; cela, pour avoir des marchés

Est-ce que, de nos jours, la couture nourrit son Homme ?

Au début non. On le faisait pour avoir quelque chose et être connu aussi, parce que quand on est connu dans ce milieu on peut gagner. Mais maintenant ce métier c’est parfois fatigant. Mais  on parvient  à payer nos loyers, nos personnels et aider nos familles.

Quels sont les modèles de couture que vous faites ?

On fait un peu de tout ; mais, généralement, ce sont les habits pour femmes et les broderies que nous faisons. À l’approche des fêtes, on coud des habits pour enfants aussi.

En tant  que femme qui emploie des hommes, comment sont vos rapports avec votre personnel ?

Avant, la personne avec laquelle je travaillais, on ne s’entendait pas. Car, c’est un domaine complexe. J’étais obligée de faire déplacer un tailleur d’Abidjan vers ici au Mali, pour qu’on puisse s’entendre et travailler ensemble. Donc, celui que j’ai fait venir d’Abidjan loge chez moi, il fait tout chez moi et on s’entend très bien.

Dites-nous, ne serait-ce que brièvement, comment sont vos chiffres d’affaires, les difficultés que vous rencontrez et votre satisfaction tant morale et matérielle que financière dans ce métier ?

Par mois, si le marché est ralenti, mes chiffres d’affaires sont de l’ordre de  100.000 francs CFA, après toutes les dépenses tirées. Et quand les marchés se portent bien, on va au-delà de cette somme.

Concernant les difficultés, j’en ai eu beaucoup ; surtout au début, parce qu’après COPEK je me suis précipitée pour ouvrir mon atelier.  Mais j’ai vu que ça n’allait pas, car je manquais de coupe et je suis repartie faire de l’apprentissage pendant six mois dans un autre atelier de couture pour apprendre la coupe. Et c’est après que je suis partie pour de bon avec mon atelier. Il fut un moment, vu les difficultés, j’avais voulu fermer boutique ; mais, c’est grâce à mon mari qui est un Garde et un tailleur à la fois que j’ai pu tenir le coup. C’est lui qui m’encourageait et me moralisait. Aujourd’hui, je remercie Dieu et mon mari parce que ça va. Je commence à être satisfaite de mon métier. Je me débrouille pas mal et j’ai relativement tout ce que je désire et je suis indépendante de moi-même. Avant, c’est mon mari qui payait notre loyer, mais maintenant je peux l’aider  et je paie régulièrement mes employés et mes domestiques.

Quel message avez-vous à adresser aux femmes qui veulent être entrepreneuses comme  vous?

Le message que j’ai à adresser aux femmes est qu’il ne faut pas qu’elles s’assoient pour ne compter que sur leurs maris. Il faut qu’elles se lèvent pour faire quelque chose. Cela pourrait être même bien  pour leurs foyers. En fait, il faut que les femmes soient actives pour éviter les mésententes avec les maris. J’encourage aussi les femmes qui veulent entreprendre dans le domaine de la couture et je leur dirais qu’elles doivent savoir tenir le coup parce que c’est un métier exigeant.

Réalisée par Mariam Sissoko, Stagiaire

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Rédaction

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