lundi 10 décembre 2018
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Rentrée scolaire 2018-2019 / 750 écoles fermées à l’intérieur du pays : Le PM Soumeylou Boubèye Maïga leurrait-il les Maliens ?

Outre le formalisme et la corruption à ciel ouvert dans le monde éducatif, l’école malienne, surtout dans les Régions du Centre et du Nord du pays, fait face à l’une des graves menaces de son existence. Plusieurs centaines de classes sont bouclées depuis 2013 pour des raisons d’ordre sécuritaire.

Quelques jours avant la rentrée des classes, le sort de plus de 700 écoles fermées dans certaines localités des Régions du Centre et du Nord reste incertain pour des raisons d’insécurité en cours depuis 2013. Malgré les promesses faites par les autorités, rien ne présage, pour l’instant, la  réouverture des classes dans toute l’étendue du pays. La crise sécuritaire  déplorable pourrait-elle, encore, prendre en otage l’éducation des pauvres maliens  pour cette énième année académique 2018-2019 ? C’est du moins la question qui taraude les esprits des Maliens à cette veille de la rentrée scolaire. Si certains s’alarment sur le sort des victimes des inondations déménagées dans les établissements publics, d’autres pensent que le plus inquiétant c’est celui des centaines d’écoles fermées depuis plusieurs années pour des raisons d’insécurité, empêchant ainsi près de deux millions d’enfants de bénéficier du droit à l’éducation que réserve la Constitution en vigueur à tous les Maliens. Dans l’une de ses émissions,  courant weekend dernier, la radio intercommunautaire Studio Tamani a annoncé que les Régions du Centre et du Nord dont celle de Mopti et de Kidal sont les plus touchées par le phénomène : « Sur les 685 écoles de l’Académie d’enseignement de la ville, environ 265 étaient fermées au cours de l’année académique 2017-2018 ; soit un taux de 39% », a-t-elle précisé avant d’ajouter que seules 121 de ces écoles sont susceptibles d’être rouvertes.

Dans le cercle de Youwarou, également 58 écoles étaient fermées pendant toute l’année scolaire 2017-2018. Cela, sans compter les infrastructures et équipements incendiés par les Hommes armés.

Toujours dans la Région de Mopti, plus de 100 écoles restent fermées dans le Cercle de Douentza : « Seules 11 écoles dans la Commune de Hombory et 14 autres dans la Commune de Koubewel Koudia pourront reprendre les activités scolaires cette année », a affirmé le Directeur du CAP intervenu sur les ondes de la Radio Tamani.

Au Nord, dans la Région de Tombouctou, le CAP de Niafounké compte 34 écoles fermées ce jour.

À Kidal, sur les soixante-onze (71) écoles que compte la Région, seulement une (1) était ouverte l’année passée.

Et cette année encore, la situation va de mal en pis ; car, en  plus de l’insécurité grandissante, les fortes pluies diluviennes y ont également causé d’énormes dégâts dans plusieurs endroits du pays. Ce, avec, notamment, l’effondrement de beaucoup de maisons d’habitation au Nord. La majorité des sinistrés occupent actuellement les écoles comme lieux de refuge.

 Le PM Soumeylou Boubèye Maïga a-t-il tenu ses engagements ?

Accompagné lors de sa première visite à Mopti en tant que Premier Ministre par une forte délégation dont des Ministres  parmi lesquels celui l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf ; le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général Salif Traoré ; leur homologue de la Réconciliation nationale, Mohamed El Moctar ; celui de l’Education nationale ( à l’époque Housseini Amion Guindo) ; la Ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Kane Rokia Maguiraga ; le Ministre de la Justice (à l’époque Hamidou Younoussa Maïga) et le Ministre/Commissaire à la Sécurité Alimentaire ; le PM, Soumeylou Boubèye Maïga, avait lancé un ultimatum aux bandits armés tout en annonçant des mesures urgentes pour le retour de la stabilité dans ladite zone afin que les activités administratives et économiques puissent se redémarrer. « Plus de 4000 Hommes avec une enveloppe d’un demi-milliard », allait-il être engagé selon ses propos de ce jour du février 2018 dernier.

A-t-il tenu ses engagements ? La réalité est parlante. Sur une bonne partie de la Région de Mopti et de Kidal, vivre devient quotidiennement un pain de l’enfer pour les populations civiles. Les attaques armées émaillées par une crise interethnique ont transformé la ville à un véritable enfer : pas d’activités économiques à hauteur des souhaits, pas d’écoles ni de sécurité. Les populations locales dorment avec la peur au ventre.

Face à cette situation due à l’irresponsabilité voire de l’indifférence des plus hautes autorités et qui prend en otage l’éducation des enfants des pauvres, on ne sait, vraiment, de quel autre avenir prépare-t-on pour la jeunesse malienne, comme ils le disent eux-mêmes sur les écrans de  la télévision privée ou, pardon, publique, je voudrais dire l’ORTM, si ce n’est que la promotion de l’ignorance et de la médiocrité.

Seydou Konaté : LE COMBAT

 

Rédaction

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