samedi 23 mars 2019
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Marche de l’opposition : Encore réprimée

La marche de l’opposition pour dénoncer les crises qui secouent le pays notamment au Nord et au Centre a été violemment réprimée samedi dernier. Le face à face a eu lieu au grand marché de la capitale, empêchant de nombreux commerces d’ouvrir. 

Manifestants et commerçants, fuyant les gaz lacrymogènes, la fumée noire des pneus brûlés par-ci par-là  enveloppant le ciel, des vitres de voitures cassées, des citoyens se cherchant quelle voie emprunter pour sortir du piège. Voici le visage qu’offrait le Grand Marché de Bamako lors de la marche réprimée de l’opposition par les forces de l’ordre. «Qu’ils nous aient gazés, ça ne nous surprend pas. Cet acte est commis par des personnes qui  sont illégitimes et qui sont arrivées au pouvoir en tripatouillant les résultats des urnes. Ils veulent entraîner ce pays dans le chaos, et ça, nous ne le permettrons pas », fulmine Nouhoum Togo, Chargé de communication du Chef de file de l’opposition.

Interdite par les autorités, cette marche, selon ses initiateurs,  avait pour objectif de dénoncer la situation actuelle du pays faite de conflits intercommunautaires, d’attaques terroristes et de crises sociales. Mais la tournure des évènements a empêché les nombreux commerçants détaillants du Grand Marché de travailler. Le regard hagard, les yeux rougis par la fumée des gazes, Kané, un commerçant détaillant installé non loin de l’ancien studio «Lion photo », entre la station Total et le Tribunal de la Commune III, réinstalle ses marchandises sur son étale. Il avait dû, à l’approche du danger, ranger ses articles dans des cartons pour les épargner. Et maintenant que la situation s’est calmée, après plus de deux heures de courses poursuites entre forces de l’ordre et manifestants, il ressort ses articles pour essayer de rattraper le retard sans trop y croire. «On nous empêche de chercher notre pain quotidien. Nous autres petits commerçants vivons au jour le jour. Qu’ils arrêtent de venir se cacher parmi nous et nous faire perdre de l’argent. S’ils veulent marcher, qu’ils aillent ailleurs. Et puis, ils avaient un itinéraire non ? Pourquoi ne sont-ils pas allés là-bas ? Nous, on a rien avoir avec leurs revendications et leurs actions, tout ce que nous souhaitons c’est que le calme revienne dans ce pays pour qu’on puisse faire face une bonne fois pour toute à l’essentiel qui est de combattre le terrorisme et permettre à nos frères et sœurs qui ont fui leurs contrées d’y retourner vivre en paix. Nous, autres illettrés, avons compris ça, comment se fait-il que ceux qui nous dirigent et ceux qui y aspirent, bardés de Diplômes, ne l’aient pas compris ?», s’interroge-t-il à la fin. Au moment de lui donner au revoir, et comme s’il se sentait coupable de ne pas avoir donné la réponse à la question qu’il venait de se poser, il nous interpelle et dit à gorge déployée au point d’attirer le regard de simples passants: «Monsieur le Journaliste, ces gens ne se battent que pour leurs petites personnes. La preuve, ils n’étaient pas parmi les manifestants qui se sont fait gazés et malmenés par la police sous nos yeux».

Malgré la répression, troisième du genre depuis le mois de juin, l’opposition entend se faire entendre de nouveau, cette fois-ci de façon moins pacifique.

«Nous n’allons pas nous laisser faire. Nous allons préparer une réponse à la hauteur de la violence policière» dit, Nouhoum Togo.

Des autorités coutumières et religieuses se seraient rencontrées après la marche pour tenter une médiation afin de faire baisser la tension.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO  : LE COMBAT

Rédaction

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