mercredi 26 septembre 2018
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Mamadou Igor Diarra : Sans langue de bois

Du plateau de la Radio Klédu à celui d’Africable télévision, Mamadou Igor Diarra a répété à l’envi que le régime doit se départir de sa tenue d’apparat pour se mettre au travail pour le bonheur des Maliens. 

Mamadou Igor Candidat ? Il ne reste plus que l’investiture officielle. Celui qui est rentré de la capitale sénégalaise, il y a à peine une semaine, multiplie les passages sur les plateaux de radios et de télévisions pour…parler de son livre intitulé «C’est possible au Mali ». De Radio Klédu à la chaine panafricaine, Africable, il a pratiquement eu à répondre aux mêmes questions en bambara et en français. «Je ne suis pas devenu écrivain, mon livre c’est pour participer au débat public », dit-il aux confrères qui voulaient savoir si après la Banque il avait entamé sa reconversion dans l’écriture. Dans ce livre justement, Igor se livre. Sans langue de bois, l’Homme parle de son passage au Ministère des Finances, les actions qu’il a eu à poser, les déboires subis et même dévoile le contenu d’échanges entre lui et le Premier Ministre au moment de quitter le Gouvernement. Rarement, un livre politique donne à voir et comprendre ce qui se passe entre les quatre murs de la salle du Conseil des Ministres. Inéluctablement, le débat autour du livre enjambe pour se retrouver dans la sphère politique et les questions brûlantes sur la gestion actuelle du pouvoir sont abordées sans gants.  L’ancien Ministre des Finances dira que « les institutions et la primature consomment 50 milliards de francs CFA par an ». Cette colossale somme qu’il qualifie de « mauvais cholestérol » dans son livre peut servir à résoudre pas mal de problèmes. Il faut, selon lui, que le régime s’inscrive dans une gestion « vertueuse » des deniers publics pour qu’enfin « l’argent circule ».

La question autour de l’élection présidentielle qui est prévue pour le « 29 Juillet », selon le Premier Ministre, s’est invitée dans les débats. Si Mamadou Igor Souhaite la bonne tenue de l’élection, il n’a pas manqué de soulever un point qui, selon lui, mérite que le Gouvernement rassure. C’est celui de l’argent. Selon lui, en tant que Banquier, il connaît bien les rouages des finances et ses constats actuels font état d’un manque de liquidités dans la zone UEMOA. Il en veut pour preuve le fait que la Côte-d’Ivoire et le Sénégal soient sortis de la zone pour aller contracter des emprunts ailleurs. « Selon la loi des finances, les élections de cette année vont coûter 45  milliards de francs CFA. Or, je n’ai jusqu’ici entendu aucun partenaire dire qu’il va aider le Mali». Pour une bonne tenue des élections, il énumère trois conditions qu’il faut absolument remplir : la mobilisation des 45 milliards FCFA ; l’acquisition du matériel électoral pour les 24.000 Bureaux de vote et la sécurisation du territoire.

La bonne mise en œuvre de l’accord de paix issu du processus d’Alger permettra certainement de régler le dernier problème. Sauf que par rapport à cet accord, Mamadou Igor Diarra a embouché la même trompette qu’un autre ancien membre du Gouvernement, Me Mountaga Tall, en disant que cet accord n’avait jamais transité par le Conseil des Ministres. Si l’opposition et la société civile s’étaient révoltées de n’avoir pas lu le contenu de l’accord avant sa signature, ce témoignage de Mamadou Igor Diarra vient porter un sérieux coup au régime.  D’ailleurs, il dit ne pas être favorable à ce que le Mali soit assisté par autant de forces étrangères. «La crise est un problème maliano-malien. Il faut qu’à un moment donné nous puissions nous asseoir entre Maliens pour trouver des solutions », préconise-t-il.

Qui doit diriger le pays lors du prochain quinquennat ?

Pour Mamadou Igor Diarra, c’est tout sauf les « Vieux ». Il pense qu’il est temps de faire confiance aux talents de la jeunesse. Lui même est-il jeune ? Comparé à ceux-là qui sont là actuellement, il estime que oui.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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