samedi 15 décembre 2018
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Lutte contre le VIH Sida au Mali: Des insuffisances à combler!

En compagnie de ses collègues de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Dr Diakité Aïssata Traoré, de l’Elevage et de la Pêche, Rokia Maguiraga, le ministre de la Santé et de l’hygiène Publique, Pr Samba Sow a présidé dans la matinée du samedi 1 décembre au Palais de la culture Amadou Hampaté Bà, la cérémonie de lancement de la journée mondiale et du mois de lutte contre le VIH et le Sida. L’évènement a enregistré la présence, de la coordinatrice résidente du Système des Nations Unies au Mali, Mme Lucia Elmi, le secrétaire exécutif du Haut Conseil National de lutte contre le Sida, le Pr Moussa A Maïga, la présidente du réseau des personnes vivantes avec le VIH, Mme Diarra Oumou Dierma et plusieurs invités de marque.
« Connaitre son statut sérologique du VIH, un Droit et un Devoir ». C’est autour de ce thème, que le gouvernement du Mali, les Partenaires Technique et Financiers (PTF), les porteurs du VIH et parents fortement mobilisés ont célébré officiellement cette journée.
Pour régaler le public, la troupe ‘’ Nyogolon’’, la chorale des personnes vivantes avec le VIH, les slameurs et le groupe instrumental (nouvelle génération) ont respectivement presté sur l’importance de connaitre son statut sérologique.
C’est exactement à 10h 14 mn que les officiels ont fait leur entrée dans la salle Bazoumana Sissoko.
Après le mot de bienvenue du maire de la CV, l’honneur est revenu à Mme Lucia Elmi de s’adresser au public. De prime abord, elle a paraphrasé le rapport de l’ONUSIDA, relatif au fait que l’intensification des efforts en matière de dépistage et de traitement du VIH a permis d’atteindre davantage de personnes vivant avec le VIH.
Selon elle, en 2017, 75% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur sérologie VIH contre seulement 67% en 2015 et 21,7 millions de personnes vivant avec le VIH avaient accès à une thérapie antirétrovirale contre 17,2 millions en 2015. « Nous observons dans la même période que 19,4 millions de personnes vivant avec le VIH ne bénéficient toujours pas de détermination de la charge virale » a-t-elle déclaré. Or, dit-elle, pour rester en bonne santé et ne pas transmettre le virus, la charge virale doit être ramenée à des niveaux indétectables ou très faibles grâce à une thérapie antirétrovirale permanente. Par ailleurs, elle a témoigné que beaucoup d’efforts ont été faits au Mali dans le cadre de la lutte contre le VIH et que des résultats tangibles ont été obtenus.
Plus de 24 000 patients vivant avec le VIH menacés
A sa suite au pupitre, la présidente de l’Association des personnes vivant avec le Sida a tiré la sonnette d’alarme face au retrait du Fonds Mondial dans la prise en charge des sites de soins, d’accompagnements et de conseils. Cependant, dit-elle, ce retrait menace plus de 24 000 patients, soit 55 %.
A ses dires, si l’Etat du Mali ne prend pas le relais pour assurer la rémunération du personnel, les sites de soins fermeront respectivement à partir de ce mois (décembre 2018) puis décembre 2019 et décembre 2020. « 166 salariés composés de médecins, pharmaciens, infirmiers et conseillers psycho-sociaux seront licenciés » a-t-elle déclaré, tout en proposant au ministre que le personnel médical de ces sites devrait être intégré dans la fonction publique de l’Etat. Et d’ajouter : « le Réseau malien de l’association des personnes vivant avec le VIH devrait bénéficier d’une subvention pérenne sur le budget d’Etat pour la rémunération de ses acteurs dont le travail est si précieux au sein de ses structures de prises en charge ».
D’un ton clair, elle a émis le souhait auprès du ministre de savoir comment l’argent du budget d’Etat alloué à la lutte contre le Sida est dépensé ?
« Soigner sans assurer le suivi biologique, c’est condamner les malades » a-t-elle précisé, tout en soulignant plusieurs difficultés et déploré leur prise en charge majoritaire sur le fonds extérieur.
De son coté, Moussa A Maïga, a accentué son intervention sur deux points essentiels. Il s’agit de la question du financement et de celle de la prise en charge des ressources humaines dans les sites de soins. Aussi, l’occasion a été opportune pour lui de rendre hommage au président de la République pour ses efforts déployés dans le cadre de la lutte contre le VIH. Par rapport à la question de financement, il a indiqué la nécessité d’augmenter le plaidoyer et de soulever les barrières qui entravent les financements à la faveur de la lutte contre le VIH.
Quant au 2ème défi relatif à la prise en charge du personnel, il déclara : « les acquis sont fragiles, le levier de ressources humaines est un problème auquel, nous devons nous attaquer tout de suite». Avant de terminer, il a indiqué au ministre que la réinvention de la gestion des ressources humaines est une obligation.
Malgré les insuffisances, des résultats satisfaisants
Pour sa part, le Pr Sow a annoncé que des résultats encourageants dans le cadre de la lutte contre le VIH à la date du 30septembre 2018 sont acquis. Dans ce sens, il a indiqué que 2 674 personnes ont été dépistées avec 26 positifs dans 225 centres, 316 794 femmes enceintes en consultation prénatale conseillées et une variation du suivi des personnes vivant avec le VIH de 5 689 en 2016 à 10 893 au 30 septembre 2018 dans la quantification de la charge virale en routine dans le district de Bamako.
De passage, il a noté que le Mali dispose d’un plan national (2015-2019) d’Elimination de la transmission Mère enfant, d’un plan opérationnel PTME 2018-2019 et d’un plan d’accélération de prise en charge pédiatrique.
Après avoir cité toute une panoplie de réalisations, le ministre Sow a tenu à ajouter que la distribution gratuite des préservatifs et des supports de prévention aux acteurs de tous les secteurs est une réponse nationale. « Ces indicateurs illustrent à suffisance les efforts fournis par le Mali pour faciliter l’accès des populations aux services de prévention et de prise en charge » a-t-il affirmé.
Par Moïse Keïta LE SURSAUT

Djibril Coulibaly

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