samedi 25 novembre 2017
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L’Etat d’urgence encore prorogé d’un an : Le Mali toujours hanté par le 20 novembre 2015

De toutes les attaques terroristes que le Mali a subies, à compter de sa crise de 2012, celle du 20 novembre 2015 qui a frappé le Radisson Blu de Bamako aura été la plus prolifique en termes de rebondissements. Pour preuve, l’Etat d’urgence décrété par le Gouvernement à sa suite n’a de cesse de se proroger. Prolongé pour la dernière fois de six mois fin avril dernier, cet Etat d’urgence vient de connaître une autre prorogation cette fois-ci d’un an qui prendra effet le 31 octobre 2017, à minuit, sur toute l’étendue du territoire malien. Cette décision, prise vendredi soir, en Conseil des Ministres, a été publiée le lendemain par un communiqué.

La genèse de cet Etat d’urgence a été le soir même où des djihadistes ont attaqué l’hôtel Radisson pour faire le carnage connu de tous. On en avait alors pour 10 jours qui devraient donc arriver à terme le 30 novembre. Il s’en est suivi une trêve pendant les 3 premières semaines du mois de décembre. Puis, l’Etat d’urgence avait été de nouveau imposé le 22 décembre pour une nouvelle période de 10 jours. On n’en était pas là au bout du tunnel. Au 30 décembre de cette année, le Gouvernement et l’Assemblée Nationale reviennent à la charge en fixant cette fois-ci à trois mois. L’Etat d’urgence venait d’être prorogé jusqu’au 31 mars 2016. Lundi 4 avril 2016, la mesure d’exception est de nouveau réactivée pour sa durée initiale de 10 jours. La quatrième prolongation l’amènera à choir au soir du 31 juillet 2016. Il sera, à cette date, reconduit pour huit mois jusqu’en mars 2017. Son épisode 6 prendra effet le 19 avril et aura encore 10 jours de durée. Les raisons avancées pour justifier ces prolongations à répétition ne finissant pas, l’Etat malien décide de nouveau six mois supplémentaires comptant du 30 avril au 31 octobre prochain. C’est, donc, par anticipation que le dernier Conseil des Ministres en date a décidé de jouer à de nouvelles prolongations qui consacrent le 8e round de l’Etat d’urgence de 2015. Celui-ci est  reparti pour le 31 octobre 2018 dans une série de rebondissements dictée par les spectres des 20 morts outre deux assaillants tués du Radisson Blu.

«L’état d’urgence, c’est surtout fait par rapport à la situation de terrorisme dans le centre du pays aujourd’hui. C’est sur toute l’étendue du territoire national qu’il est déclaré, mais c’est essentiellement en direction de cette partie-là», a déclaré à la presse le Ministre de la Défense, Tiéna Coulibaly.

Il s’est exprimé à l’issue d’une rencontre avec la Délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU en visite dans notre pays, en Mauritanie puis au Burkina sur la constitution de la force antidjihadiste du G5 Sahel. La médiation internationale et les signataires de l’accord de paix ont aussi participé à cette rencontre.

«L’état d’urgence accorde des possibilités d’intervention accrues aux forces de sécurité, en matière de fouilles et de restrictions de circulation et de rassemblements», souligne le Gouvernement dans son communiqué mentionnant cette énième prolongation.

Malgré la précédente prolongation, au cours des six derniers mois, «les attaques terroristes contre les populations civiles et les forces armées et de sécurité se poursuivent. Les risques d’atteinte grave à la sécurité des personnes et de leurs biens demeurent élevés dans certaines zones», a pour autant reconnu le Ministre.

Katito WADADA : LE COMBAT

Rédaction

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