vendredi 22 juin 2018
Accueil | International | Leçon de géopolitique : la barrière raciale est-elle le principal obstacle à l’Union du Maghreb Arabe ?

Leçon de géopolitique : la barrière raciale est-elle le principal obstacle à l’Union du Maghreb Arabe ?

Beaucoup de subsahariens ignorent l’existence d’une Union, un peu à l’image de l’UEMOA ou de la CEDEAO, au niveau de la région du Maghreb. Et pourtant, l’Union du Maghreb Arabe (UMA) existe bel et bien, et ce depuis 1989. Cependant, son projet très intéressant de fédérer les cinq pays du Maghreb (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie) sur les plans diplomatique et économique, est aujourd’hui une coquille vide.
La nomenclature de l’Union pose problème. En février 2012, le chef de la diplomatie marocaine avait proposé aux membres de l’Union, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangère de l’UMA à Rabat, la suppression pure et simple du mot « arabe » du nom de l’union, proposant l’appellation « Union maghrébine » à cause du nombre considérable de berbères présents sur le territoire Maghrébin surtout au Maroc et en Algérie. Proposition rejetée par la Libye, la Tunisie et l’Algérie.
Le Maghreb est loin d’être exclusivement arabe. Il est aussi subsaharien. Car en plus des berbères qui se trouvent généralement au Maroc et en Algérie, en Mauritanie, une bonne partie de la population est d’origine subsaharienne, issue des ethnies peul, soninké, wolof et bambara. Egalement, le sud algérien trouve son équivalent ethnique au nord du Mali, un pays subsaharien. Vouloir à tout prix que le Maghreb soit uniquement arabe, revient à ignorer les réalités ethniques de la zone. Cela démontre aussi un certain complexe de la part des dirigeants des pays maghrébins, excepté le Maroc, vis-à-vis du Machrek, le versant orient du monde arabe.
Selon le roi du royaume chérifien lors du discours de clôture du 28ème sommet de l’UA, « Si nous n’agissons pas, sauf à prendre exemple sur les sous-régions africaines voisines, l’UMA se dissoudra dans son incapacité chronique à rencontrer les ambitions du Traité de Marrakech, qui lui a donné naissance, il y a 28 ans ».
Et d’ailleurs, ce n’est peut-être pas par hasard que le roi du Maroc veuille intégrer la CEDEAO.
Qu’est-ce que l’UMA
De nos jours, l’UMA pourrait se définir comme une organisation économique et politique formée par les cinq pays du Maghreb et dont le siège du secrétariat général est situé à Rabat, au Maroc. Actuellement, Taïeb Baccouche assume la fonction de secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe depuis le 5 mai 2016. En résumé, le traité-constitutif de l’organisation se donne comme objectif de consolider les liens de fraternité entre les peuples et de faciliter, autant que possible, les processus de création de richesses. Malgré d’énormes potentialités sur le plan économique, les différents membres n’arrivent pas à mettre en exécution ce rêve inaccessible qu’est devenue, au fil des ans, l’UMA.
Une des principales raisons est la grande différence des régimes politiques en place. L’Algérie est une république démocratique et populaire, la Maroc est une monarchie, la Mauritanie une république islamique, la Tunisie apprend la démocratie, et la Libye demeure sans autorité avec deux gouvernements. Egalement, les divergences entre le Maroc et l’Algérie ne cessent de croitre sur la question du Sahara Occidental, le tout dans une rivalité hégémonique sur d’autres plans.
Ahmed M. Thiam
thiam@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

Voir aussi

Jean-Pierre Bemba « pourra rentrer s’il veut » en RDC

L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba « pourra rentrer » en République démocratique du Congo s’il …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *