mardi 20 novembre 2018
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Le nouveau slogan dans la ville : «Pas d’argent, même au Trésor !»

Outre la situation sécuritaire déplorable du pays qui s’aggrave de plus en plus depuis les évènements de mars 2012 avec des morts en cascades, c’est une crise financière totale qui prévaut dans tout le pays. Partout, ce sont les mêmes cris : « Pas d’argent, même au Trésor ! ». C’est le slogan commun qui fait l’écho sous tous  les toits. 

Tous les tableaux de la vie socio-économique du pays sont au rouge. Oui, comme nous vous l’avons dit dans notre parution du vendredi dernier, le Peuple souffre par ce qu’il n’y a pas d’argent .Et, il suffit de faire un tour dans les « grins », les lieux de rassemblement surtout dans les marchés pour lire la misère sur les visages et de se rendre compte de la gravité de la situation. Pour certains, ce sont les conséquences du financement sur « fonds propres »  de l’élection présidentielle dernière que nous encourons ; mais, pour d’autres, elles sont loin de là. La crise serait surtout au niveau de la vie de pacha et les villégiatures intempestives du grand roi Kaya Maghan Kéïta qui sied dans son château royal à Sebenincoro. C’est cela le thème principal qui anime les débats quotidiens du Malien lambda depuis quelques mois dans les lieux de causeries et dans les marchés publics. Tels sont les témoignages que nous avions retenu dans une discussion au « grin ». Un endroit  que nous avons eu la chance de tomber la nuit vendredi au samedi dernier à Kati, une ville située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale.

La conversation a commencé par les mots de désespoir de Madou Diarra qui, qui semble être un étudiant: «Mes amis, les choses ne sont plus faciles du tout. Même ceux qui nous donnaient des frais d’essence  n’en peuvent plus, faute d’argent .Je ne cesse de me demander à quand la fin de cette nouvelle misère qui se généralise dans le pays ? », s’est-il questionné avant de s’assoir en s’adressant à ses amis qui formaient un rond autour d’une table de Cartes à jouer. Il a fallu que ce dernier lâche ces mots de pleurs pour que la discussion qui avait l’air de s’atténuer arrive à reprendre de manière houleuse. « Toi, tu es un étudiant ; tu pourras peut-être bien comprendre si tu étais Responsable de famille», a répliqué une voix provenant d’un homme qui semblant être un passager et qui s’était arrêté pour dire sa part de vérité sur la réalité du pays. « On ne sait même pas ce qu’on a fait au Bon Dieu pour mériter un tel sort .On ne cesse de nous faire des promesses, mais les choses vont de mal en pis. Imaginez, le prix d’un simple sac de riz de 50kg est donné à 20.000 CFA », a-t-il rajouté avec un air de pessimisme avant de prendre congé du grin. Les tristes mots qui se dégageaient derrière la lunette noire  de cet autre Homme qui avait l’air d’être âgé d’une cinquantaine d’années étaient plus écœurants ou révoltants. L’Homme racontait sa mésaventure journalière. Ce qui faisait couler des larmes au sein du grin. C’est pour cette raison même qu’il portait des lunettes noires. C’est un Chef de famille qui n’arrive pas à subvenir les besoins de sa famille. Or, on est dans un pays  dont le Roi, pardon le Président de la République ne loge que dans les hôtels les plus luxueux du monde ; cela, à coût de millions et sur fond du pauvre contribuable malien. «J’ai l’impression que c’est nous le bas peuple qui subissons les conséquences des séquelles de la sècheresse financière au sommet de l’État. La misère devient le deuxième nom du Malien.  Regardez ce qu’ils nous ont fait avec le concours d’entrée à la Fonction publique. Après le cycle universitaire, on nous dit que nos attestations ne sont pas concernées. Je crois qu’on nous incite à l’immigration par cette politique discriminatoire lors des recrutements .Nous sommes victimes d’un système d’appauvrissement collectif au profit d’une minorité. C’est vraiment désespérant», a entonné Ibrahim avant de tendre l’assiette de thé à ses camardes qui avaient, eux aussi l’air d’être emportés  par l’image déplorable de la scène des discussions. En tout cas après tout, ils ont pris leur thé à la malienne …

Seydou Konaté : LE COMBAT

Rédaction

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