lundi 22 octobre 2018
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La lutte politique est un combat de longue haleine

Encore une fois la fange la plus  démunie vient d’être privée d’un espoir, combien de fois l’occasion de construire ce Mali est avortée. Ici nous n’allons pas nous lancer dans un recensement exhaustif de ces occasions ratées au fil de notre exposé ; mais, nous prendrons les exemples  pour illustration.  

 Pourquoi sommes-nous pessimistes ? Nous voulons parler du choix discutable du CDR de choisir un candidat parmi  les 24 autres en s’appuyant sur le seul critère d’une similitude de programmes avec la sienne. Nous avons confiance à l’intégrité   morale de la Direction du CDR. Cependant, nous disons que la jeunesse de l’animateur et son souci de gagner tout de suite l’ont conduit vers une erreur qui leur coutera très cher sur le plan de son audience et de sa crédibilité auprès des masses populaires de notre pays. 

 Pourquoi ?

Parce que  l’animateur du CDR en tant que juriste ne devrait pas oublier  que dans la Constitution qui nous régit jusqu’à présent, le Président de la République à lui seul est une Institution. Dès qu’il est élu, il est seul Souverain de ses décisions. Il ne doit qu’à sa seule conscience, à son intégrité morale. 

Ainsi, pour choisir un Président de la République, il faut savoir son passé dans ses rapports avec ses collaborateurs, avec son entreprise, ses convictions politiques … 

Un exemple pour illustrer que le programme n’est pas un critère essentiel :

1)   Le Président sortant, par rapport à son parti, nous ne ferons pas de commentaires, vous êtes très au courant de l’actualité ; 

2)   Le Président de la première République, un Homme hors pair tant par son intégrité morale que par sa stature sociale. Il s’agit de feu Modibo Kéïta (paix à son âme). Il était élu comme Président au suffrage universel indirect ; c’est-à-dire que c’est le Bureau Politique National qui faisait un programme et lui demandait d’exécuter ledit programme. Devant la preuve que les Députés ne respectaient pas la ligne choisie par eux-mêmes, son intégrité morale l’a amené vers l’arme fatale  pour un  Président élu aux suffrages universels indirects après la dissolution de l’Assemblé Nationale le 22 août 1966. «Victoire du Peuple, la voix de Modibo a sonné le salut». Dès lors son pouvoir n’ayant aucune base légitime a conduit au coup d’État de novembre 1968. Rien qu’à voir la composition du Gouvernement provisoire après le coup d’État, vous serez édifiés. Pour vérifier cela, nous conseillons de lire l’ouvrage de feu Moussa Konaté qui a pour titre « Le Mali, ils ont assassiné l’espoir ».

La preuve  de la divergence entre feu Modibo Kéïta et ses compagnons réside dans ce slogan qui était lu par le journaliste à la voix très radiophonique Abdoul Sy :

«Camardes, maintenant une seule option doit nous guider dans notre action : c’est la chasse aux ennemis de notre option, la chasse à ceux qui, sous le couvert de déclarations plus ou moins démagogiques avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord, pensent pouvoir s’installer dans nos institutions, afin de pouvoir au moment opportun  trahir nos vingt ans de lutte, 20 ans de lutte farouche pour sauvegarder notre intégrité et notre Indépendance que nous ne dévons jamais dissocier de l’Indépendance totale de toute l’Afrique » ;

3)   Tout récemment nous nous sommes dit de nous contenter de courtes phrases surprenantes de la part de leurs auteurs dans la ligne de conduite d’un régime, un Secrétaire politique d’un parti déclarait dans la presse : «Le parti a atteint son seuil d’incompétences». 

Un Président de l’Assemblée Nationale déclarait toujours dans la presse : «Si les élections ne sont pas organisées même le coup d’État est possible ». 

Nous pouvons multiplier les exemples à souhait démontrant la solitude de l’Homme qui accède à ce qu’on appelle la magistrature suprême. 

Lors des campagnes électorales  2013, un des candidats  écrivait en bas des affiches de ses propagandes : «Chercher l’origine de la fortune des candidats».

Cette année, il ne s’est pas présenté sans doute parce qu’il a pris la mesure de la fausseté de l’enthousiasme qu’on prétendait pour lui. 

Nous disons que le CDR a fait une erreur ; car, nous avons compris qu’il avait opté pour  être au centre dans une neutralité positive qui ferait de cette association une tribune d’éducation politique et surtout un gendarme pour la bonne gouvernance.

Autant le CDR a décrié les dérives de l’opposition autant il décrit en ce moment ceux du pouvoir en place. 

Pour les présentes élections, étant donné qu’il y a  beaucoup de paramètres qui ont fait qu’il ne s’est pas présenté lui-même comme candidat, le CDR devait opter pour l’Assemblée Nationale et avoir des voix discordantes dans la ligne qu’on lui connait. 

En choisissant présentement un candidat, le CDR pourrait-il porter les mêmes critiques lucides si son candidat était élu Président ?  Si le CDR le faisait, il perdrait crédit auprès de ses partisans. L’exemple entre le PSP et le RDA auprès de la chefferie traditionnelle est édifiant.

Dans tous les cas, nous donnons aux jeunes qui viennent d’arriver sur l’arène politique nationale du Mali ce conseil : «Le combat politique est un combat social et une société ne peut pas changer en un tour de main ».

Nous donnons l’exemple de la Révolution bourgeoise française dont les remous sont étendus sur près de cent ans. 

Si le CDR  arrive à récupérer  ses sympathisants, retenez ce conseil : «C’est la base qui provoque le changement».

Nous profitons de cette occasion pour attirer l’attention de tous les jeunes qui s’intéressent à la politique et à son combat pour  choisir pour exemple Abdoulaye Wade du Sénégal, François Mitterrand de la France, surtout Nelson Mandela d’Afrique du Sud. Beaucoup ne savent pas que Nelson Mandela n’a pas créé l’ANC. Il est venu dans ce parti en militant ; mais, son courage et sa conviction politique, sa détermination pour instaurer une Afrique du Sud multiraciale ont convaincu les aînés à lui laisser la place de Leader.

Dans la vie, on ne peut faire que ça dans une société. C’est cette conviction qui l’a amenée à ne pas briguer un second mandat. Les exemples d’Homme d’État cités ci-dessus montrent que la persévérance dans la patience pour ses convictions paie.

Adama Ali Koné Enseignant à la Retraite

Titibougou

Rédaction

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