vendredi 19 janvier 2018
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La liaison dangereuse de Mohamed Ali Bathily : Les frasques d’un Justicier

De Ministre de la Justice, Garde des sceaux, Mohamed Ali Bathily devient Ministre des Domaines de l’État et des Affaires Foncières, puis Ministre  de l’Urbanisme de l’Habitat et des Affaires Foncières, pour finalement être débarqué le 29 décembre 2017, lors du dernier remaniement ministériel. Durant 4 années dans le régime d’IBK, Bathily n’a brillé que par ses écarts de conduite, ses incohérences et ses coups d’éclat. En réalité, cet Homme n’a fait que sa propre promotion politique sous le parapluie du « Kankélentigui ».

Manque de retenue

Dès son entrée au Gouvernement en tant que Ministre  de la Justice, il déclare:« Tant que je resterais Ministre de la Justice, je réglerais la justice telle que l’auraient voulu les Maliens ». Aussi, dans cette optique, « le Justicier du peuple» a soutenu l’arrestation de quelques Magistrats. Il considère que  l’incarcération de ces juges  est un message fort pour tous les Maliens. Et en se réjouissant, il  déclare que « nul n’est au-dessus de la loi, y compris ceux qui ont la charge de l’Administrer », comme s’il venait de rapporter un trophée.

Ensuite, le Ministre Bathily a manqué, une fois de plus, l’occasion de se taire sur la libération de Serge Lazarevic, dernier otage français au nord du Mali. Il a confié aux journalistes de France 24 que quatre dangereux terroristes ont été libérés pour sauver le Français. Ce qui  a provoqué un tollé et mis les Autorités françaises  dans l’embarras.

Manque d’humilité

Dans l’affaire Adama Sangaré, Maire du District de Bamako, un bras de fer a opposé le Garde des Sceaux au Procureur Général près de la Cour d’Appel, à l’époque Daniel Tessougué, et au Procureur du Tribunal de la première instance de la Commune III du District de Bamako, non moins Procureur du Pôle Economique et Financier chargé de la Lutte contre la corruption et la délinquance financière, Mohamed Sidda Dicko. Il est même allé jusqu’à traiter Téssougué d’incompétent dans la presse, tout en l’accusant d’avoir été soudoyé dans l’affaire. Des propos répréhensibles de la part d’un si Haut Responsable de l’État.

« Durant tout son séjour au Département de la Justice, Bathily était nourri de haine envers des Magistrats qui ont eu à le jaser lors de son passage dans le Cabinet de Me Seye en tant que Stagiaire », nous confie un de ses proches collaborateurs de l’époque.

Après avoir ébranlé le Département de la justice, notre « ZORRO » se retrouve au Ministère des Domaines de l’État et des Affaires Foncières. Là encore, il devient plus brouillant qu’il ne l’était au Département de la Justice. Il accuse, dénonce, et attaque à tort ou à raison.

Pour contrecarrer les bouillonnements de Me Mohamed Ali Bathily, lors de la composition du Gouvernement de l’ancien PM Abdoulaye Idrissa Maïga, un Décret portant sur les attributions et les répartitions des différents services entre les Départements ministériels, a été élaboré. Mais il n’a pas voulu l’entendre de cette oreille.

En effet, Bathily a opposé une fin de non-recevoir au décret N°2017-0360 du 26 avril 2017, portant sur la gestion des domaines de l’État réservé à l’Hôtel des Finances, arguant ainsi que son portefeuille sera dénué de toute essence. Finalement, Dr Boubou Cissé, après une épreuve de force très musclée, abandonne et cède le service des domaines et cadastres à Bathily,  un secteur qui, pourtant, faisait bon ménage auparavant avec les impôts et qui portait gros dans le  Budget de  l’État. Sont nombreux, ces observateurs qui, au moment des faits, se sont interrogés. Ce, en se posant la question  de savoir comment Me Bathily a pu avoir le dessus sur le tout puissant  confrère des Finances.

Par quel moyen ? Comment un membre du Gouvernement peut défier ainsi la hiérarchie ?

En tout état de cause, les interprétations sont allées de bon train… en animant la polémique.

Le factieux Ministre Bathily, durant son règne aux affaires des domaines et cadastres

Le Député Hadi Niagando, 2e Vice-président de l’Assemblée Nationale ne sera pas épargné par les foudres de Me Bathily. Ce dernier, furieux, mettra le Ministre  au défi de prouver ses allégations. Il le traitera ensuite « d’ennemi numéro un du Mali » lors d’un point de Presse et terminera avec des propos très durs à son encontre : «C’est un vacancier qui a dû perdre ses repères ; car, il est méchant et égocentrique ». Selon lui, c’est un Homme qui est en train de défier le pays tout entier.

Mohamed Ali voulait bien faire, trop bien faire, au point qu’il s’est planté lorsqu’il a été comptable de la démolition des habitations de Soulemanebougou. Il faut voir pour y croire. Des bulldozers ont rasé des villas luxueuses, devant enfants et femmes qui hurlaient de douleur. Des centaines  de millions des Maliens envolés et des effets personnels des occupants sous les décombres. Or, les vrais coupables, maires et agents de l’État, eux, n’ont pas eu à s’inquiéter.

Le désarroi se lisait sur les visages de ces pauvres citoyens et leurs regards douloureux fixaient le vide. Que faire ?

« Notre justicier » cherchait un coup d’éclat ? Eh bien, c’est fait ! Mais à quel prix ?

Puis, à cause d’une histoire de bigamie dont il ne maitrise aucunement le dossier, le Ministre Bathily s’acharne énergiquement et publiquement sur le Procureur du Tribunal de la Commune IV du District de Bamako qui, à son tour, porta plainte contre lui, pour outrage à magistrat, injures publiques, diffamation, calomnies… Suite à cette plainte, l’Association Malienne des Procureurs Poursuivants est montée au créneau  pour dénoncer le comportement abusif de ce Ministre de la République.

C’est sans compter, toutes les charges que subit son confrère, le Ministre de la Justice Me Mamadou Konaté, en public et au mépris de toute éthique gouvernementale.

Bathily, une véritable entorse dans le régime d’IBK ?

À chaque sortie médiatique, notre Ministre populiste met en cause les compétences de ses collègues en qualifiant les autorités d’irresponsables. Jamais, il ne rate une occasion pour s’acharner contre la gestion du Gouvernement dans lequel il exerce pourtant. Par exemple, il lance sur la place publique : « Il est grand temps que certaines vérités soient dites sur les 4 ans de gouvernance actuelle du pays ». Des vérités que son Président IBK n’apprécie guère !

Rusé ? Il l‘est.

En ce qui concerne les 150 hectares offerts aux musulmans par le Président de la République, le Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali a eu à saluer par erreur d’appréciation Bathily pour sa soi-disant «promptitude à matérialiser le don de l’espace dédié à la célébration des futures fêtes de Maouloud, tout en lui demandant d’établir le titre foncier des 150 hectares au nom du Guide Cherif Ousmane Madani Haïdara». Ce fut lors d’une conférence de Presse. Bathily fait comme si l’instigateur n’est autre que lui-même et que le mérite lui revienne, mais non au Président IBK. Une  bienfaisance qui risquera pourtant de prendre des tournures acerbes, à moins qu’IBK  ne règle le problème avant les élections présidentielles de 2018. Et quand bien même que cela serait concrétisé, d’autres fractures pourraient se produire au sein des différents groupes religieux. Car, dès l’annonce de la donation, Mahmoud Dicko du Haut Conseil Islamique est sorti de sa réserve pour dissiper toute ambiguïté. Selon lui, ce don n’est pas destiné à tous les musulmans.

Pour  avoir été débarqué, il menace de rendre la vie dure au pouvoir en place

Aujourd’hui, Bathily n’est plus au Gouvernement et, dans sa première déclaration devant les membres du Bureau de l’APM, il promet d’être plus enflammé qu’avant.

Ce qui amène certains observateurs à croire qu’IBK aurait dû le garder dans l’arène ; car, lâcher la laisse  serait plus dangereux …

« La plus grande habileté d’un Homme ne consiste pas à faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis, mais à forcer, par la reconnaissance, ses ennemis à devenir de bons amis », Louis-Philippe de Ségur.

En somme, Mohamed Ali Bathily a, certainement un don, celui de mettre le tohu-bohu partout où il passe.

 Neimatou Naille Coulibaly : LE COMBAT

Rédaction

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