samedi 26 mai 2018
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La DPG du PM SBM en trois mots : Protéger, rassembler et servir

Vendredi dernier, le Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga était face à l’Assemblée Nationale où il a résumé la Politique Générale de son Gouvernement autour de trois axes majeurs à savoir : protéger, rassembler et servir. Il sacrifiait ainsi à la pratique démocratique établie par l’article 78 de la Constitution malienne selon lequel chaque Premier Ministre nommé est tenu de présenter aux élus de la nation la Déclaration de Politique Générale (DPG) qui balise l’action de son Gouvernement.

Ainsi, dans cet exercice qui intervient à un peu plus de cent jours après sa prise de fonction le 30 décembre 2017, l’actuel locataire de la primature a justifié la triple vocation que son équipe s’est donnée par le souci d’exécuter la feuille de route à lui délivrer par le Président de la République à l’occasion du conseil des ministres du mercredi 5 janvier 2018. Cette feuille de route se veut la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ; l’éradication de  l’insécurité grandissante dans le Centre du pays ; la satisfaction de la demande sociale par l’accélération de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales et l’organisation des élections transparentes, crédibles et apaisées.

Protéger

«Nous prendrons en charge notre devoir de protection tout d’abord en poursuivant la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Cet Accord représente un vaste chantier de réformes dans les domaines clefs qu’il aborde, notamment en ce qui concerne les questions politiques et institutionnelles, ainsi que les questions de défense et de sécurité. Le Gouvernement dans sa mise en œuvre reste guidé par la nécessité fondamentale de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays, toutes deux, largement consacrées par l’Accord et par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO», a déclaré Soumeylou Boubèye Maïga dans le développement de son premier axe.

Sur ce chantier de protection, le PM a estimé dans sa DPG que lui et son Gouvernement ne faibliront pas dans leur volonté de travailler à l’union et à la cohésion entre toutes les filles et tous les fils du Mali. « C’est dans ce cadre qu’il faut situer nos déplacements dans les Régions du Nord, et particulièrement à Kidal pour porter le message de la paix, de l’unité, de la citoyenneté et prêcher le vivre-ensemble», a-t-il ajouté avant de signifier que leur vocation de protection leur fait aussi porter une attention toute particulière aux victimes civiles et militaires des conflits.  « L’importance accordée à la démobilisation des ex-combattants ne nous fait pas oublier notre devoir de solidarité et d’assistance envers ceux qui se retrouvent dans le dénuement et dans la détresse.

Ainsi, des projets de réinsertion sont prévus pour les communautés victimes de violences. De même, un volet spécial d’assistance concernera les familles des militaires tombés au champ d’honneur. C’est dans ce cadre qu’il faut situer l’opérationnalisation de la Fondation pour la Solidarité créée par la loi et le paiement d’indemnités aux ayants droit de soldats tombés au champ d’honneur. 

Les victimes civiles employées de l’Etat, notamment les préfets et sous-préfets qui ont perdu la vie lors des regrettables évènements de Kidal en 2014, bénéficieront elles aussi du dispositif de solidarité ainsi mis en place. En outre, et toujours, pour marquer la reconnaissance de la nation tout entière envers ses fils qui ont fait le noble et difficile choix du métier des armes, il est mis en place un dispositif de pupilles de la nation pour prendre en charge les enfants mineurs des soldats tombés au front. Ces enfants se verront notamment assurer la couverture de leur scolarité jusqu’à leur majorité. », peut-on lire dans la DPG de SBM.

Rassembler

Le PM a introduit la deuxième vocation de son équipe, celle qui consiste à rassembler les Maliens, en citant le Président de la République qui avait, lors de son adresse à l’occasion du Nouvel An à la Nation, le 31 décembre 2017, dit : «Aucune crise de l’ampleur et de la complexité de celle que nous affrontons ne se résorbe par des solutions purement sécuritaires.

La paix ne se maintiendra et ne se fortifiera que si se renforce aussi l’entente nationale »

Selon ce diagnostic fait par le Chef de l’Etat d’après le PM Maïga, les défis auxquels le pays fait face ne peuvent être relevés dans un climat de dissension permanente. «Il est, donc, de la mission du Gouvernement de conduire un certain nombre d’initiatives concourant à la réconciliation et à l’apaisement. La première de ces initiatives constitue une prise en charge des instructions présidentielles. Elle concerne la rédaction d’un projet de loi sur l’Entente nationale, proposant des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite en faveur de certains acteurs »,a-t-il annoncé.

Comme pour répondre aux organisations de défense des Droits de l’Homme qui avaient mis en garde, en mars  dernier, contre «le double risque d’impunité et d’arbitraire» d’une telle loi, l’orateur devant les Honorables Députés s’est empressé de laisser entendre qu’ils n’ignorent pas les appréhensions et les inquiétudes autour du projet de Loi. « Aussi nous paraît-il indispensable de rappeler certains principes essentiels qui ont présidé à son élaboration. Le projet de loi offre une possibilité de pardon uniquement à ceux qui se sont laissés entrainer dans la contestation armée, mais qui n’ont pas commis l’irréparable et qui manifestent un repentir sincère. Ainsi les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes sexuels et tout autre crime réputé imprescriptible sont exclus du champ d’application du texte. En outre, tout acteur de la crise de 2012 qui souhaite bénéficier des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite doit se présenter personnellement devant les autorités compétentes pour reconnaître librement les faits qui lui sont reprochés, s’engager à ne plus y recourir et rendre les armes éventuellement en sa possession», a déclaré SBM.

Enfin, le troisième axe du travail de rassemblement et d’apaisement du Gouvernement est «relatif au processus électoral », selon la DPG de SBM.

«Nous nous sommes donné comme objectif l’organisation d’élections transparentes, crédibles, apaisées et à bonne date.

À cet égard, nous prenons les mesures nécessaires pour fédérer toutes les bonnes volontés désireuses de s’impliquer en faveur d’un déroulement apaisé des élections. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré tous les acteurs concernés par le processus électoral. C’est dans ce cadre également que se situe la redynamisation du cadre de concertation entre le Gouvernement et les acteurs politiques que sont les Partis. 

Les échanges ont permis de proposer un projet de loi électorale prenant en compte l’essentiel des propositions d’amélioration du processus électoral, à savoir la réintroduction des cartes d’électeur avec photo pour faciliter la reconnaissance des votants, la limitation du phénomène des votes par procuration, la suppression des votes par anticipation, la fixation d’un nombre minimum d’électeurs pour ouvrir un bureau de vote.

Ces innovations doivent rassurer aussi bien les électeurs que les compétiteurs. Elles montrent notre détermination et notre bonne foi à réaliser des élections correctes, conformes aux souhaits de toute la classe politique et aux instructions du Président de la République. Le Gouvernement maintiendra, voire,  accentuera ses efforts sur un meilleur fonctionnement des principaux cadres de concertation et de suivi du processus électoral. Cela afin de prévenir les mésententes et de trouver des consensus raisonnables sur toutes les difficultés d’importance qui seront décelées. Il assurera également un suivi adéquat du cadre institutionnel de pilotage des élections», a-t-il lu à l’Hémicycle.

Servir

La troisième vocation qui est celle de servir réside, selon le PM, dans le Programme Présidentiel d’Urgences Sociales dont l’exécution a déjà commencé. Aux dires du 5e PM du mandat d’IBK, ce Programme est constitué d’un ensemble de mesures et d’activités qui sont à mettre en œuvre dans le court terme avec un impact rapide et visible au bénéfice des populations et, particulièrement, les plus vulnérables d’entre elles. Ces activités sont inscrites dans les domaines de la santé, du désenclavement, de l’éducation ou de la fourniture d’eau et d’électricité.

«Dans le domaine de l’électricité et de l’eau, le Gouvernement se focalisera sur l’accélération de la finition des projets en chantier et la prise de mesures pour assurer la fourniture régulière d’électricité sur tout le réseau EDM, particulièrement pendant la période de pointe. Nous prêterons aussi une attention particulière à l’amélioration de la situation financière et de la gouvernance d’EDM. Pour le réseau non connecté, 12 localités seront dotées de centrales hybrides pour un coût de 5 034 265 546 de F CFA et 127 autres localités en système d’éclairage solaire pour un montant de 13, 750 milliards de F CFA», a-t-il déclaré.

En matière d’éducation, le PM a estimé qu’il s’agira d’améliorer l’accès à l’éducation, d’augmenter la qualité des enseignements/apprentissages et de renforcer la gouvernance dans le secteur de l’éducation et de la formation professionnelle.

En ce qui concerne le domaine de la santé, d’après la DPG connue le vendredi dernier, le Gouvernement procédera au démarrage du projet d’amélioration et de modernisation du plateau technique des hôpitaux de Bamako et des villes de Kita, Niono, Koulikoro, Bougouni, Koutiala, Markala et San. «En outre, nous allons accélérer la mise en réseau des établissements hospitaliers dans la perspective du développement de la télémédecine.

Le Gouvernement, soucieux de la survie et de l’épanouissement de l’enfant, compte entreprendre d’ici à la fin de l’année des études de faisabilité d’un hôpital pédiatrique de référence à Bamako. Par ailleurs, des ressources nécessaires vont être débloquées pour que des soins dans des spécialités comme l’ophtalmologie ou l’odontostomatologie puissent être prodigués dans les hôpitaux qui sont encore dépourvus d’équipements idoines ou qui n’ont pu rendre fonctionnels ceux-ci. Ainsi sera épargné à de nombreux patients le déplacement jusqu’à Bamako», a-t-on su à travers cette DPG dans laquelle le domaine de l’Habitat, la Sécurité alimentaire, les Infrastructures, l’Emploi des jeunes ainsi que le rayonnement du Mali à l’Extérieur occupent également une place de choix au niveau de la vocation du Gouvernement à servir.

Katito WADADA : LE COMBAT

Rédaction

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